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Actualités - Chronologies

DOSSIER - Quand la télé a peur du direct

«Mesdames et messieurs, veuillez nous excuser pour cette interruption momentanée de l’image, ce sont les aléas du direct». Cette phrase légendaire se fait désormais rarissime : faute de direct, les aléas ont quasiment disparu. Finis les fous rires de Denise Fabre, les billets enflammés par Gainsbourg, les bastons chez Dechavanne qui mettaient du piment aux programmes ; tous ces fabuleux instants auxquels s’ajoutent les lapsus, hésitations et autres accidents de langage, sont désormais coupés au montage. Coupes parfois salutaires. Comme celle que s’est autorisé Thierry Ardisson qui recevait, le 3 novembre dernier, Karen Mulder. La top, en plein enregistrement de Tout le monde en parle, a tenu des propos qui auraient pu lui coûter un procès en diffamation. «Elle a accusé un prince de l’avoir violée et un chanteur de l’avoir hypnotisée dans un bus. C’était les propos d’une fille fatiguée», explique le présentateur. Autre suppression, toujours chez Ardisson mais cette fois dans Ça s’en va et ça revient, une engueulade musclée entre Hervé Bourges, ex-président du CSA, et Patrick Sébastien, survenue six mois plus tôt, Un escamotage mal accepté par Sébastien. «Avoir coupé l’extrait, c’est de l’abus de pouvoir. Le comble c’est que nous nous disputions au sujet de la censure à la télévision!», explique l’imprécateur. «Nous étions hors sujet, rétorque la productrice Catherine Barma; ils étaient là pour parler de “Loft Story” et non pour régler une vieille histoire !». Sébastien, qui enregistre pourtant ses Plus grands cabarets du monde au nom de raisons techniques et esthétiques – «en cas de ratage d’un numéro, nous pouvons intercaler des images des répétitions» –, revendique le direct pour tous les talk-shows ou débats d’idées : «Le producteur ne doit pas être seul maître des paroles des invités». Pour cause d’enregistrement, Michel Drucker «vieillit» chaque année avant les autres. «Je dois toujours enregistrer les soirées de réveillon, un bon mois à l’avance car, à partir du 15 décembre, tous les artistes ont déserté Paris : ils sont au ski ou quelque part dans l’océan Indien». Certains ne viendraient pas non plus en direct. Le mot de la fin revient à Bernard Pivot : «Le direct, c’est la vérité même. Avec ses imperfections, ses moments d’ennui, ses tunnels, ses fulgurances, ses réussites imprévues. C’est un défi qui stimule. Se sentir en symbiose au moment où vous êtes à l’antenne avec ceux qui vous regardent, sans bouclier, vous donne le frisson. Laisser un écrivain s’exprimer en direct, c’est diffuser une parole authentique et spontanée, qu’on ne peut saucissonner, entrelarder...». Coupez ! (Télé 7 jours)
«Mesdames et messieurs, veuillez nous excuser pour cette interruption momentanée de l’image, ce sont les aléas du direct». Cette phrase légendaire se fait désormais rarissime : faute de direct, les aléas ont quasiment disparu. Finis les fous rires de Denise Fabre, les billets enflammés par Gainsbourg, les bastons chez Dechavanne qui mettaient du piment aux programmes ; tous ces fabuleux instants auxquels s’ajoutent les lapsus, hésitations et autres accidents de langage, sont désormais coupés au montage. Coupes parfois salutaires. Comme celle que s’est autorisé Thierry Ardisson qui recevait, le 3 novembre dernier, Karen Mulder. La top, en plein enregistrement de Tout le monde en parle, a tenu des propos qui auraient pu lui coûter un procès en diffamation. «Elle a accusé un prince de l’avoir violée et un chanteur...