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Actualités - Chronologies

L’ancrage définitif des pays du Sud au noyau dur de l’Europe

Le basculement à l’euro le 1er janvier conforte l’accession des pays du sud de l’Europe au noyau dur de la construction européenne, et ne provoque pas de grands débats dans leurs opinions qui avaient parfois la sensation d’appartenir à une zone de deuxième division. Espagnols, Portugais et Grecs partagent le sentiment selon lequel la mise en circulation de la monnaie unique les rendra plus européens. En Grèce, dernier pays à adhérer à la zone euro il y a un an, on se targue de faire partie du «club des riches», alors que les souvenirs du sous-développement ne sont pas si loin. Pour l’Espagne, qui présidera l’Union européenne pendant le premier semestre 2002 et pilotera donc le passage à l’euro, l’intégration à la monnaie unique a été «l’une des décisions économiques les plus positives et les plus satisfaisantes» jamais prises, selon l’expression de son ministre de l’Économie Rodrigo Rato. «En 1995, l’Espagne était un pays avec des dévaluations périodiques de sa devise (...). La discipline que s’est imposée la société espagnole avec son adhésion à l’euro – en fait les efforts de convergence – a été décisive pour doter notre pays d’une économie dynamique et beaucoup plus efficace», a renchéri M. Rato dans de récentes déclarations au journal madrilène El Pais. Satisfaction officielle aussi en Grèce où le Premier ministre Costas Simitis a assuré début décembre que le 1er janvier «marquera notre pays (...) parce qu’il deviendra apparent pour chaque citoyen que nous vivons dans un nouvel environnement». La Grèce «n’est plus un pays caractérisé par l’insécurité, l’incertitude, la misère», ajoutait-il se félicitant d’appartenir «à l’un des espaces économiques des plus forts dans le monde». Au Portugal, une large majorité de la population affirme qu’elle se sentira plus européenne avec la même monnaie. C’est ce qu’ont estimé 59 % des Portugais, selon un sondage réalisé en octobre par l’Université catholique de Lisbonne. Et 51 % pensent que l’arrivée de la monnaie unique leur apportera plus d’avantages que d’inconvénients. Le prochain grand chambardement monétaire n’a pas suscité de débats majeurs dans ces trois pays, dont l’ancrage définitif à la construction européenne constitue aussi un succès pour leurs démocraties qui les ont sortis de l’isolement international dans lequel les avaient plongés des régimes dictatoriaux. À Madrid, Athènes et Lisbonne, l’arrivée de l’euro fait l’unanimité dans la classe politique à l’exception du Parti communiste pur et dur (marxiste-léniniste) en Grèce. Les seuls problèmes viennent du côté de la logistique et de l’information sur la monnaie unique, l’opposition de droite en Grèce reprochant aux socialistes au pouvoir un certain manque de préparation de la population. Le gouvernement a rétorqué que le pays a été le dernier à adhérer à la zone euro. Selon des sondages, 45 % des Portugais connaissent précisément la durée de la période de la double circulation de la devise nationale avec l’euro. En Espagne, seuls 40 % savent que la peseta disparaîtra définitivement le 1er mars. Malgré des campagnes d’information tous azimuts, encore 12 % des Espagnols ne connaissaient pas la valeur de l’euro à deux semaines de son entrée en circulation, d’après un sondage diffusé le 17 décembre par la radio madrilène Cadena SER. Autre inquiétude palpable dans les enquêtes d’opinion : la peur de se tromper dans les calculs de conversion et d’être grugé par des sommes arrondies à la hausse et pas seulement par des commerçants. Selon la presse, 16 grandes villes espagnoles ont approuvé des conversions à la hausse pour les prix des voyages dans les transports en commun à partir du 1er janvier, allant contre les recommandations de la Banque centrale et du gouvernement. Cet arrondissement haussier représente une augmentation moyenne des tarifs de 10,9 %, bien supérieure à l’inflation.
Le basculement à l’euro le 1er janvier conforte l’accession des pays du sud de l’Europe au noyau dur de la construction européenne, et ne provoque pas de grands débats dans leurs opinions qui avaient parfois la sensation d’appartenir à une zone de deuxième division. Espagnols, Portugais et Grecs partagent le sentiment selon lequel la mise en circulation de la monnaie unique les rendra plus européens. En Grèce, dernier pays à adhérer à la zone euro il y a un an, on se targue de faire partie du «club des riches», alors que les souvenirs du sous-développement ne sont pas si loin. Pour l’Espagne, qui présidera l’Union européenne pendant le premier semestre 2002 et pilotera donc le passage à l’euro, l’intégration à la monnaie unique a été «l’une des décisions économiques les plus positives et les plus...