Au moment où les radicaux palestiniens eux-mêmes mettent de l’eau dans leur vin ou tergiversent, le Hezbollah maintient un langage de ferme résistance. En appelant d’une part à la poursuite de l’intifada, voire même des attentats-suicide. Et surtout en refusant, pour sa propre part, de donner des garanties de sécurité à Israël. C’est-à-dire d’officialiser la trêve de facto qu’il observe au Sud. Et, a fortiori, de renoncer pour de bon à l’idée de lutter les armes à la main pour recouvrer l’enclave de Chebaa. Accusé d’entretenir des activités terroristes à l’étranger ou par l’aide à l’entraînement apportée aux intégristes palestiniens, il ne se contente pas de nier. Mais souligne que, dans son optique, les États-Unis eux-mêmes restent, autant qu’Israël, de grands noms du terrorisme d’État. Dès lors la campagne articulée autour du rôle du Hezbollah continue à battre son plein en coulisse dans le domaine diplomatique, malgré la période des fêtes. Les Américains, les Européens eux aussi, accentuent les pressions sur le Liban officiel comme sur Damas pour obtenir l’aseptisation rapide du mouvement fondamentaliste libanais. Cependant, précisent à Beyrouth des observateurs proches des chancelleries, les Occidentaux ne veulent pas la mort du pécheur comme on dit familièrement. C’est-à-dire qu’ils ne tiennent pas trop rigueur au Hezbollah de la virulence de ses propos. Et préfèrent se focaliser sur son comportement concret. Ils en attendent dès lors l’abolition totale de ses opérations militaires ou sécuritaires. Partant de là, ils souhaitent que le Hezb livre ses armes à la légalité libanaise et se cantonne dans des activités civiles, politiques ou sociales. En oubliant une fois pour toutes Chebaa ou l’aide aux radicaux palestiniens. Bien entendu, la formation intégriste n’entend pas du tout se plier à un tel diktat. Elle observe certes, redisons-le, une trêve de fait sur le terrain, à cause de la nécessité de tenir compte des donnes issues du 11 septembre, comme des desiderata des décideurs régionaux. Mais elle répète que cette attitude de retenue n’est que provisoire. Dès lors, la position du Liban officiel demeure délicate. D’autant que des amis européens ne cessent de harceler nos dirigeants pour que le cas du Hezbollah se trouve réglé sans tarder. En profitant de la mi-temps qui s’intercale entre la fin de la guerre d’Afghanistan et le début des opérations dans d’autres pays incriminés. Sans quoi, les pressions actuelles sur Beyrouth pourraient ultérieurement déboucher sur des sanctions. Le message est clair. Il n’empêche que le pouvoir local se retrouve pris entre deux feux. Il ne peut en effet envisager une confrontation directe avec le Hezbollah qui provoquerait de terribles secousses intérieures dans ce pays encore fragile. Et il ne peut pas non plus ignorer les fermes avertissements des grandes puissances. Il reste que des loyalistes mettent leurs espoirs actuellement dans les démarches qu’effectue le Hezbollah auprès de diverses instances locales, notamment du côté de l’Est. Ils souhaitent que par ces échanges, destinés en fait à expliciter sa détermination, le Hezb en viendra de lui-même à la conclusion qu’il lui faut composer. Et cela très vite, avant la mi-janvier. Car c’est à cette date-là que la commission de l’Onu chargée de veiller à l’exécution de la 1373 doit vérifier sir les États membres qui sont en ligne de mire se sont conformés aux dispositions de cette résolution dite antiterroriste. En pratique, il est sans doute peu probable que le Liban officiel puisse résoudre en un si court laps de temps le problème qui lui est posé. C’est-à-dire de choisir entre lâcher le Hezbollah ou encourir le courroux des grandes puissances. Mais il n’est pas interdit d’espérer, sinon dans une solution parfaite, du moins dans un arrangement de compromis.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Au moment où les radicaux palestiniens eux-mêmes mettent de l’eau dans leur vin ou tergiversent, le Hezbollah maintient un langage de ferme résistance. En appelant d’une part à la poursuite de l’intifada, voire même des attentats-suicide. Et surtout en refusant, pour sa propre part, de donner des garanties de sécurité à Israël. C’est-à-dire d’officialiser la trêve de facto qu’il observe au Sud. Et, a fortiori, de renoncer pour de bon à l’idée de lutter les armes à la main pour recouvrer l’enclave de Chebaa. Accusé d’entretenir des activités terroristes à l’étranger ou par l’aide à l’entraînement apportée aux intégristes palestiniens, il ne se contente pas de nier. Mais souligne que, dans son optique, les États-Unis eux-mêmes restent, autant qu’Israël, de grands noms du terrorisme...