Yasser Arafat, voyageur infatigable pour défendre la cause palestinienne, prend son mal en patience à Ramallah en Cisjordanie où, de facto assigné à résidence et assiégé par les chars israéliens, il continue néanmoins de recevoir ses nombreux visiteurs. Le président palestinien était habitué à sillonner les capitales du monde pour plaider la cause des Palestiniens. Il était rare qu’il reste plus de quelques jours dans ses bureaux à Gaza ou en Cisjordanie. Mais depuis début décembre, Israël interdit au dirigeant palestinien de quitter Ramallah, une mesure décidée à la suite d’une série d’attentats palestiniens sanglants qui ont suscité des représailles d’une ampleur sans précédent de l’État hébreu contre l’Autorité palestinienne. L’héliport de M. Arafat à Gaza a été détruit et trois de ses hélicoptères mis hors d’usage dans des raids de l’aviation israélienne. Des militaires israéliens ont rendu impraticable la piste de l’aéroport de Gaza. «Arafat est pratiquement assigné à résidence», avait affirmé la semaine dernière la députée palestinienne Hanane Achraoui. «Les chars israéliens sont à 70 mètres de mon bureau, je suis architecte et je sais évaluer les distances», a dit, en expert, M. Arafat, reprenant, mardi devant une délégation d’habitants de Jérusalem, son ministre de l’Information Yasser Abed Rabbo, qui estimait que les chars israéliens étaient à 200 mètres. Portant son éternel treillis et couvre-chef, souriant et apparemment de bonne humeur, il a assuré devant ses visiteurs que «personne ne pourra imposer sa volonté sur le peuple palestinien». Il reçoit ses invités au premier étage d’une vieille batisse réaménagée. Celle-ci servait, avant l’installation de l’Autorité palestinienne en 1994, de siège au gouverneur militaire israélien. Elle était aussi le siège du tribunal militaire israélien et certains de ses locaux servaient de prison. «Arafat garde le moral, mais il est inquiet pour la situation dans les territoires palestiniens», a affirmé un membre de son entourage. Cette situation n’empêche pas M. Arafat de continuer à recevoir ses hôtes étrangers, des dignitaires religieux ou des citoyens ordinaires qui se pressent à sa porte. En dépit d’un agenda chargé, on a vu le leader palestinien poser souvent pour une photo souvenir à côté d’enfants venus avec leurs parents lui souhaiter une bonne fête de l’Aïd el-Fitr qui marque la fin du mois de jeûne musulman du ramadan. «Il suit un strict régime alimentaire constitué de légumes et de miel et continue à faire des exercices physiques pour se maintenir en forme», a ajouté ce responsable, selon lequel M. Arafat possède «un sixième sens qui le prévient toujours de l’imminence d’un danger». Malgré l’appel de Washington aux Européens d’«éviter» le dirigeant palestinien, des consuls des pays membres de l’Union européenne (UE) sont venus le voir lundi dans son bureau. Les diplomates lui ont présenté les conclusions du sommet de Laeken (Belgique) sur le Proche-Orient, au cours duquel les Quinze ont affirmé que M. Arafat et l’Autorité palestinienne restaient les «seuls interlocuteurs pour Israël», qu’ils ont appelé à «ne pas affaiblir» le président palestinien.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Yasser Arafat, voyageur infatigable pour défendre la cause palestinienne, prend son mal en patience à Ramallah en Cisjordanie où, de facto assigné à résidence et assiégé par les chars israéliens, il continue néanmoins de recevoir ses nombreux visiteurs. Le président palestinien était habitué à sillonner les capitales du monde pour plaider la cause des Palestiniens. Il était rare qu’il reste plus de quelques jours dans ses bureaux à Gaza ou en Cisjordanie. Mais depuis début décembre, Israël interdit au dirigeant palestinien de quitter Ramallah, une mesure décidée à la suite d’une série d’attentats palestiniens sanglants qui ont suscité des représailles d’une ampleur sans précédent de l’État hébreu contre l’Autorité palestinienne. L’héliport de M. Arafat à Gaza a été détruit et trois de ses...