Une première en Afghanistan : une femme à la vice-présidence
le 06 décembre 2001 à 00h00
Pour la première fois dans l’histoire de l’Afghanistan, une femme va accéder au poste de vice-présidente d’un gouvernement, avec la nomination par la conférence de Bonn de Sima Samar, qui obtient également le portefeuille de la Condition féminine. Sima Samar, médecin exilé au Pakistan où elle dirige des centres de soins pour les réfugiés, veuve d’un commandant afghan, n’est pas la seule femme dans le gouvernement intérimaire négocié à Bonn : Suhaila Sidiq, chirurgienne, ancien général de l’armée sous le régime communiste, prendra le ministère de la Santé publique. Suhaila Sidiq jouit d’un grand respect en Afghanistan pour avoir dirigé pendant près de vingt ans l’hôpital militaire de Kaboul, alors que les bombes pleuvaient sur la capitale afghane. Proche de l’ancien roi Mohammed Zaher Shah, elle n’a jamais quitté Kaboul, où elle a sauvé les vies de centaines de soldats – ainsi que de deux correspondants de l’AFP, Terence White et Mohammad Bashir, blessés sur le front en 1995. Deux femmes dans un gouvernement de 30 membres : «C’est votre droit d’en attendre plus», a concédé hier le représentant spécial des Nations unies pour l’Afghanistan, Lakhdar Brahimi, en réponse à la question d’une journaliste. «Mais ce n’est pas un mauvais début. Il n’y en avait aucune dans les précédents gouvernements», a-t-il souligné. De fait, si plusieurs femmes ont occupé des fonctions ministérielles sous le régime communiste renversé en 1992, ce n’était plus le cas depuis l’arrivée au pouvoir des moujahidine et la prise de Kaboul en 1996 par les talibans. Sous la milice islamiste, les femmes avaient été transformées en véritables recluses par une longue liste d’interdits dont ceux de travailler, d’étudier ou de sortir sans être accompagnées par un homme de leur famille. Depuis le retour au pouvoir de l’Alliance du Nord à Kaboul, elles peuvent retourner à l’université ou travailler dans la police. Mais le nouveau régime continue à emprisonner celles qui menacent leur mari de divorce. Et la semaine dernière, le ministre de l’Intérieur Younis Qanooni a fait interdire une manifestation féministe. Sur les 65 délégués, suppléants et conseillers qui ont participé aux négociations de Bonn, seules cinq femmes étaient présentes. Celles-ci ont néanmoins «su se faire entendre avec force», a assuré Lakhdar Brahimi. L’accord de onze pages signé mercredi à Bonn mentionne à plusieurs reprises la nécessité de prendre en compte les femmes dans la vie politique du pays. La sélection des membres du gouvernement intérimaire s’est faite en tenant compte «de l’importance de la participation des femmes», affirme-t-il. L’accord demande également à la commission indépendante chargée de préparer d’ici à six mois la réunion d’une Loya Jirga d’urgence de «garantir qu’une attention particulière sera accordée à la représentation des femmes» dans cette assemblée traditionnelle afghane chargée de légitimer un gouvernement et un Parlement transitoires. «Nous devons encore nous battre pour que les femmes soient représentées dans chaque secteur de la société afghane», a commenté mercredi une des déléguées de Bonn, Sima Wali, fondatrice de l’organisation Refugee Women in Development, en exil depuis 1978 aux États-Unis. «Il faut faire des compromis. Mais faire des compromis ne veut pas dire baisser les bras. Nous ne partirons pas».
Pour la première fois dans l’histoire de l’Afghanistan, une femme va accéder au poste de vice-présidente d’un gouvernement, avec la nomination par la conférence de Bonn de Sima Samar, qui obtient également le portefeuille de la Condition féminine. Sima Samar, médecin exilé au Pakistan où elle dirige des centres de soins pour les réfugiés, veuve d’un commandant afghan, n’est pas la seule femme dans le gouvernement intérimaire négocié à Bonn : Suhaila Sidiq, chirurgienne, ancien général de l’armée sous le régime communiste, prendra le ministère de la Santé publique. Suhaila Sidiq jouit d’un grand respect en Afghanistan pour avoir dirigé pendant près de vingt ans l’hôpital militaire de Kaboul, alors que les bombes pleuvaient sur la capitale afghane. Proche de l’ancien roi Mohammed Zaher Shah, elle...
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