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Actualités - Analyses

Le Hezbollah refuse de donner des garanties de trêve

Pas de trêve, mais pas d’opérations non plus pour le moment. C’est le suspense sur le front du Sud qui peut, éventuellement, embraser toute la région. Sans faire flamber les enchères, mais sans accepter de faire profil bas, le Hezbollah répète que nul ne lui extorquera jamais des garanties en faveur de la sécurité d’Israël. Il se déclare en quelque sorte en réserve des hostilités qui culminent entre les radicaux israéliens et palestiniens, eux-mêmes confrontés désormais à leur propre Autorité qui veut les neutraliser. La réponse aux interrogations conjoncturelles de l’opinion, comme des officiels, le secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, l’a détaillée au cours de l’iftar dit des territoires libérés, samedi dernier. Il a brossé brièvement le tableau des coulisses diplomatiques qui bruissent de propositions visant à débloquer le processus de négociations régionales. Pour indiquer en substance, au sujet de ces offres, que la Résistance les rejette. «Car elle entend poursuivre ses actions de jihad jusqu’à la libération du dernier pouce des territoires occupés. D’autant que le mouvement bénéficie du soutien de l’État, qui se tient à ses côtés, et du parrainage du peuple. Ce qui fait sa force, en lui assurant les assises nécessaires pour monter ses opérations contre Israël qui continue à occuper des terres libanaises». Bien entendu sayyed Nasrallah a répété que son parti choisira son timing pour attaquer. Ajoutant qu’il refuse d’abattre son jeu au sujet des suggestions axées sur un retrait israélien de Chebaa, moyennant la pacification définitive, totale, du front Sud. Il a ensuite invité les populations des agglomérations concernées directement (Kfarchouba, Abbassyé, Adayssé, Meiss el-Jabal, etc.) à prendre sans tarder la tête d’une campagne exigeant la libération. Pour que nul ne tente d’entrer en ligne, en affirmant que le Hezbollah veut provoquer des problèmes et se servir de cette cause pour justifier la poursuite de son action sur le terrain. En d’autres termes, le Hezbollah a besoin que le soutien des habitants, dont il se félicite, se manifeste d’une manière plus accentuée, plus visible. En tout cas, des sources fiables indiquent que sur le plan diplomatique, il y a eu certes un carrousel de contacts variés mais sans aucun caractère officiel. Il s’agissait plutôt, estiment ces observateurs, de coups de sonde pour cerner les intentions de Damas, de Beyrouth et du Hezbollah. La question double posée d’une manière hypothétique, indirecte, aux autorités locales se résume de la sorte : si les Israéliens se retiraient de Chebaa, que feriez-vous avec les fractions paramilitaires et seriez-vous prêts à déployer votre armée dans la bande frontalière ? Toujours selon les mêmes sources, le retrait israélien du 25 mai 2000, suscité par les coups sévères infligés à l’armée israélienne par la Résistance, a été stimulé en outre par des expectatives déterminées. Israël et d’autres ont pensé qu’après la libération, les formations armées seraient mises à l’écart au Sud. Pour que les unités régulières libanaises s’y déploient et occupent le terrain seules. Le front aurait été de la sorte pacifié pour de bon. Ce qui aurait permis de distendre les liens de jumelage entre le volet libanais et le volet syrien. Ces calculs, affirment les mêmes pôles locaux, ont été déjoués. D’autant plus facilement du reste, doit-on noter, qu’Israël, en s’abstenant d’appliquer vraiment la 425 et en gardant Chebaa, a permis que la Résistance reste en charge, sinon en activité constante. Du même coup, le Liban officiel a pu éviter d’envoyer l’armée sur la ligne frontalière. Ce qui garde au Sud son caractère de front ouvert et de levier de pression sur Israël, notamment pour la récupération du Golan. Du reste, dès l’annonce du retrait israélien, la Syrie a tenu à renforcer les traits de jumelage entre son propre volet et celui du Liban. En mettant l’accent sur la persistance de l’occupation israélienne dans l’enclave de Chebaa, pour justifier la poursuite des opérations de la Résistance. Sans compter les trois transgressions dont le Liban se plaint quant à la conformité de la ligne bleue avec le tracé authentique de la frontière avec Israël. Et sans parler non plus des prisonniers libanais, dont la Résistance exige également la libération. Quoi qu’il en soit, du côté des officiels locaux, on indique qu’un retrait israélien de Chebaa ne provoquerait aucun différend frontalier entre le Liban et la Syrie, ni un relâchement de leurs liens. On conclut qu’il n’y aurait pas non plus de troubles intérieurs, de frictions avec le Hezbollah, car le régime met la stabilité avant tout et sait comment la faire respecter.
Pas de trêve, mais pas d’opérations non plus pour le moment. C’est le suspense sur le front du Sud qui peut, éventuellement, embraser toute la région. Sans faire flamber les enchères, mais sans accepter de faire profil bas, le Hezbollah répète que nul ne lui extorquera jamais des garanties en faveur de la sécurité d’Israël. Il se déclare en quelque sorte en réserve des hostilités qui culminent entre les radicaux israéliens et palestiniens, eux-mêmes confrontés désormais à leur propre Autorité qui veut les neutraliser. La réponse aux interrogations conjoncturelles de l’opinion, comme des officiels, le secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, l’a détaillée au cours de l’iftar dit des territoires libérés, samedi dernier. Il a brossé brièvement le tableau des coulisses diplomatiques...