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Actualités - Chronologies

Les Sud-Coréens révisent leur version latine

Alors que plusieurs millions de visiteurs s’apprêtent à déferler sur la Corée du Sud lors de la phase finale de la Coupe du monde de football (31 mai-30 juin 2002), une révolution linguistique, amorcée depuis un an, est en marche dans tout le pays. Sur les dix villes qui accueilleront des matches de ce premier Mondial asiatique, sept ont ainsi changé d’orthographes, après que des sommités de la linguistique se soient penchées sur la question pendant de longues années. Des centaines d’officiels ont ainsi assisté mercredi à la désignation des têtes de série du Mondial 2002, non plus à Pusan, mais à Busan, un P étant devenu un B par la magie des lettres. Après plusieurs années d’étude, le Comité de recherche linguistique a tranché : Kwangju est devenue Gwangju, Jeonju a remplacé Chonju, Taegu et Taejon ont laissé la place à Daegu et Daejeon, et les touristes n’iront plus à Sokwipo sur l’île de Cheju, mais à Seogwipo sur l’île de Jeju. D’autres changements sont imperceptibles : le port d’Inchon, à l’ouest du pays, devient Incheon. Le nom de la capitale, Séoul, lui, ne change pas. Les anciennes orthographes, anglaises, mises au point par les éminents universitaires européens Mcune et Reischauer, avaient été introduites en 1939. Un précédent en Chine Cette «révolution linguistique» a un précédent : la Chine. Après son retour au pouvoir à la mort de Mao Zedong en 1976, Deng Xiaoping avait procédé à la simplification des noms chinois qui ne comportent plus que deux éléments (patronyme et prénom) contre trois auparavant. Ceux des villes et des provinces ont aussi été modifiés, Pékin devenant par exemple Beijing. Les autorités sud-coréennes reconnaissent qu’il faudra du temps pour assimiler ces nouveaux noms. «Cela prendra peut-être du temps, mais nous ne ferons pas marche arrière», a fermement déclaré Kim Myong-sik, responsable du service de presse du gouvernement, dont le nom de famille devrait bientôt s’écrire Gim. «C’est le fruit d’une longue période d’études. Les nouvelles orthographes reflètent mieux la sonorité de la la langue coréenne. Je ne pense pas qu’il y aura une trop grande confusion», a-t-il ajouté. Kim Myong-sik a précisé que la mise en application pratique de ces changements, sur la signalétique et les documents officiels, était effective à 50 %. Néanmoins, si le changement des noms des villes est déjà effectif sur les billets d’avion, une composition florale souhaite encore aujourd’hui «Welcome to Pusan» à l’aéroport. Il est sans doute plus difficile de corriger une composition florale qu’une composition écrite... Après les noms de villes, cette révolution linguistique pourrait affecter à long terme le nom des personnes, et tous les Kim pourraient devenir Gim. Mais cela n’est pas pour demain et le Mondial 2002...
Alors que plusieurs millions de visiteurs s’apprêtent à déferler sur la Corée du Sud lors de la phase finale de la Coupe du monde de football (31 mai-30 juin 2002), une révolution linguistique, amorcée depuis un an, est en marche dans tout le pays. Sur les dix villes qui accueilleront des matches de ce premier Mondial asiatique, sept ont ainsi changé d’orthographes, après que des sommités de la linguistique se soient penchées sur la question pendant de longues années. Des centaines d’officiels ont ainsi assisté mercredi à la désignation des têtes de série du Mondial 2002, non plus à Pusan, mais à Busan, un P étant devenu un B par la magie des lettres. Après plusieurs années d’étude, le Comité de recherche linguistique a tranché : Kwangju est devenue Gwangju, Jeonju a remplacé Chonju, Taegu et Taejon ont...