High-tech et cheval, la guerre - d’Afghanistan entre deux âges
le 19 novembre 2001 à 00h00
La bombe dernier cri de la technologie américaine et le cheval, quand ce n’est pas l’âne, figurent tous deux dans l’arsenal de la guerre d’Afghanistan, un conflit où se mêlent et s’entrechoquent les époques. On a ainsi pu voir des espions américains, arrivés équipés des derniers gadgets high-tech pour la première guerre du XXIe siècle, sauter sur le dos d’une monture qu’on pouvait croire d’un autre âge. Le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld a reconnu la semaine dernière qu’un bizarre mélange de satellites et de transport équestre avait aidé des Américains à franchir les cols de l’Hindu Kush à dos d’âne avant l’arrivée de la neige. Les fronts autour de Kandahar, de Kunduz ou de Kaboul sont aussi une leçon d’histoire à leur manière. Le paysage de tranchées et de villes entourées de murs en pisé rappelle la Première Guerre mondiale, même si les conflits afghans sont plus une affaire d’argent que de carnage. Des discussions littéralement de marchands de tapis, des échanges de dollars et l’art du compromis ajoutent à ce sentiment de retour au passé, même s’il en coûte jusqu’à 2 000 dollars pour une bête de somme qui fera passer les montagnes au journaliste étranger. En novembre, la route de l’Hindu Kush, qui forme une barrière entre l’Asie centrale et l’Asie du Sud, est fermée par la neige pour six mois. Les grands reporters ont fait le voyage entre Khwaja Bahuddine, le quartier général de l’Alliance du Nord proche de la frontière du Tadjikistan, et la vallée du Panchir, au nord de Kaboul, dans des hélicoptères affrétés par le ministre des Affaires étrangères de l’opposition Abdullah Abdullah. Les moins grands ont dû effectuer un périple de quatre jours louvoyant entre les positions tenues par les talibans et celles de leurs ennemis. Si le voyage est long, les conversations sont courtes, spécialement pour les Occidentaux dont la maîtrise du dari, le persan parlé en Afghanistan, reste élémentaire. Ce genre d’aléas ne date pas d’hier. Les Britanniques en firent l’expérience lors de la première guerre britannico-afghane, déclarée à l’émir Dost Mohammad en 1838, il y a plus d’un siècle et demi. Les officiers britanniques qui déclarèrent la guerre à l’émir voulurent en tout cas du confort pour leur campagne. Un régiment emporta ainsi des chiens pour la chasse au renard, un autre avait chargé sur deux chameaux rien que des cigares et un général avait réservé soixante bêtes pour ses effets personnels. C’est ainsi encombrés qu’au XIXe comme au XXIe siècle, certains étrangers ont pris en Afghanistan le chemin de la guerre.
La bombe dernier cri de la technologie américaine et le cheval, quand ce n’est pas l’âne, figurent tous deux dans l’arsenal de la guerre d’Afghanistan, un conflit où se mêlent et s’entrechoquent les époques. On a ainsi pu voir des espions américains, arrivés équipés des derniers gadgets high-tech pour la première guerre du XXIe siècle, sauter sur le dos d’une monture qu’on pouvait croire d’un autre âge. Le secrétaire américain à la Défense Donald Rumsfeld a reconnu la semaine dernière qu’un bizarre mélange de satellites et de transport équestre avait aidé des Américains à franchir les cols de l’Hindu Kush à dos d’âne avant l’arrivée de la neige. Les fronts autour de Kandahar, de Kunduz ou de Kaboul sont aussi une leçon d’histoire à leur manière. Le paysage de tranchées et de villes...
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