Le démantèlement de la base d’écoutes russes à Cuba porte un nouveau coup à la fragile économie cubaine et signe la fin de la présence militaire russe dans l’île déjà passablement réduite après la désintégration de l’URSS. La décision du président russe Vladimir Poutine de démanteler la base d’écoutes de Lourdes prive en outre les services d’intelligence cubains d’une importante source de renseignements sur son puissant voisin, alors que Cuba et les États-Unis sont sans relations diplomatiques depuis 40 ans. Le gouvernement cubain a fait part de son «total désaccord» avec le démantèlement de la base et a indiqué que les négociations entre Moscou et La Havane sur l’avenir de ce centre d’écoutes électroniques devaient se poursuivre, selon un communiqué officiel lu à la télévision cubaine. Le communiqué du gouvernement cubain indique par ailleurs avoir fait part à Moscou du «grave danger pour la sécurité de Cuba» que représenterait la fermeture de la base, ajoutant que le démantèlement du centre d’écoutes constitue «un message et une concession au gouvernement américain» au «moment le plus inopportun», à la suite de la crise mondiale née des attentats du 11 septembre. Accusant les États-Unis, avec lesquels Cuba sont à couteaux tirés depuis 40 ans, de suivre une «politique agressive et belliciste... qui menace de nombreux pays», le gouvernement cubain indique dans son communiqué avoir fait part de son «total désaccord» à Moscou à qui il aurait été proposé d’autres alternatives. Mais de l’avis de certains diplomates, en privant l’île d’un «loyer» annuel de 200 millions de dollars, elle porte avant tout un rude coup à une économie précaire, déjà sérieusement affectée par la baisse du tourisme, principal source de recettes économiques, en raison de la crise liée aux évènements du 11 septembre et le fléchissement des cours du nickel et du sucre. «Dans le contexte actuel, c’est une mauvaise nouvelle pour Cuba», a indiqué un diplomate sous couvert d’anonymat. Un autre diplomate a indiqué que la décision russe «confirme à la fois la fin de la présence militaire russe à Cuba et la coopération accrue entre Washington et Moscou», les États-Unis ayant selon certaines informations lié l’octroi d’une aide financière à la Russie à la fermeture de cette base. Le démantèlement de la base de Lourdes, à une soixantaine de kilomètres de la capitale cubaine, était réclamé avec véhémence depuis longtemps par Washington. Toutefois, lors de sa visite historique à Cuba en décembre 2000, la première d’un président russe dans l’île depuis l’effondrement du bloc soviétique, Vladimir Poutine avait réaffirmé que la Russie et Cuba étaient intéressés par le maintien en activité de la base d’écoutes électroniques de Lourdes. Dans une conférence de presse, il avait indiqué que cette base «fonctionne avec succès depuis longtemps» et «remplit toutes les normes et règles internationales». «Il s’agit d’un centre d’informations qui donne ses services à la branche militaire de Russie et en partie adresse les informations qu’il reçoit et qu’il traite aux organes compétents de Cuba», avait expliqué le président russe, qui avait effectué une visite à la base, accompagné du président Fidel Castro.
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