Le 23 juin 2001, La Poste française a mis en circulation un timbre rond reproduisant le visuel de la pièce de 1 euro. Ce timbre est doté, bien entendu, des deux valeurs faciales francs et euro, soit 3 francs pour 1 euro. Mais voyons l’historique de l’euro. 1992 : c’est à Maastricht aux Pays-Bas qu’a été signé le traité définitif sur la création de l’Union économique et monétaire (UEM) avec une monnaie unique pour développer les échanges et les investissements, favoriser les transactions dans la zone euro en supprimant les taux de change et faire face au dollar et au yen. 2 mai 1998 : les onze premiers pays participant à l’euro sont désignés. Il s’agit de l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, la Finlande, la France, l’Irlande, le Luxembourg, les Pays-Bas, l’Italie, l’Espagne et le Portugal. Ces pays ont été désignés à partir des critères de convergence qui garantissent une gestion économique et budgétaire saine. 1er janvier 1999 : l’euro entre officiellement en vigueur. Les taux de conversion des monnaies des pays de la zone euro sont irrévocablement et définitivement fixés. En France, le taux de conversion est de 6.55957 francs pour un euro. Juillet 1999 : tous les timbres émis par les pays membres de l’UEM affichent sur leurs timbres la valeur faciale. Juin 2000 : la Grèce est désignée pour devenir le douzième membre de la zone euro. Les pays qui n’ont pas souhaité intégrer l’euro dès le 1er janvier 2002 (Danemark, Royaume-Uni, Suède) devraient rejoindre la zone euro plus tard, après un référendum national. 1er juillet 2001 : à partir de cette date, les banques et les établissements financiers fournissent systématiquement des chéquiers en euros. 1er janvier 2002 : les pièces et billets de banque sont mis en circulation dans les 12 pays de la zone euro. 17 février 2002 à minuit : à partir de cette date, les achats ne se font plus qu’en euros. Les paiements en pièces et billets en francs ne sont plus autorisés. Les autres valeurs resteront échangeables jusqu’en juin 2002. La pièce de 1 euro représentée: Le timbre-poste français de format rond dentelé sur un support carré de 38x38mm avec un diamètre de 32mm a été imprimé 30 timbres à la feuille. Il a été conçu par Eric Fayolle et imprimé en héliogravure dans les couleurs bleu, jaune, gris et blanc. La valeur faciale du timbre est de 0.46 euro ou 3.00 FF. La pièce est représentée de biais sur le timbre afin de la mettre en valeur de façon dynamique et d’éviter toute confusion entre la valeur faciale du timbre et la dénomination de la pièce. Le fond bleu dans le timbre évoque l’Europe avec les 12 étoiles de son drapeau ainsi qu’un jeu graphique portant sur les valeurs des billets en euros. C’est le revers de la pièce de 1 euro qui figure sur le timbre. Il reprend ainsi le côté commun à tous les pays de la zone euro. Celui-ci représente la valeur de la pièce de 1 euro sur fond de carte de l’Europe, ainsi que les douze étoiles du drapeau européen. La collection des timbres à double affichage de valeur faciale (euro/devise nationale) n’est donc pas sans intérêt, compte tenu de son caractère limité dans le temps et en nombre de timbres émis. Qui aurait pu imaginer une telle collection thématique voir le jour en ce début du XXe siècle ? Les Canadiens les premiers Les Canadiens sont les premiers à avoir pratiqué le double affichage de valeur faciale sur leurs timbres. Il vous suffit de rechercher dans les catalogues spécialisés (Yvert et Tellier ou autres) les timbres canadiens à l’effigie du navigateur français Jacques Cartier, émis en 1851 ; vous trouverez au bas des timbres une valeur faciale de 10 cy correspondant à la livre sterling du Commonwealth à cette époque. Tout en haut des timbres, une autre valeur faciale 8 sterling l’équivalent en pence sterling. Les Canadiens ont depuis toujours pratiqué le double affichage de valeurs faciales sur leurs timbres ; ils s’en sont servis une seconde fois à la fin des années 1850. À cette époque, le Trésor britannique n’était absolument pas acquis au système décimal. Il fallut toute l’insistance de l’inspecteur général Francis Hincks et de William Lyon Mackenzie, pour que la loi sur le système décimal soit enfin adoptée, c’était en 1857. Il a fallu toutefois attendre deux ans pour qu’apparaissent en juillet 1859 les premières émissions canadiennes libellées en cents. Rien de mieux qu’un double affichage pour faciliter la compréhension des usagers et leur fournir des repères. Les timbres de l’Onu L’Organisation des Nations unies est habilitée à émettre des timbres en francs suisses, en shilling autrichien et en US dollars. En 1951, un accord est conclu avec les autorité postales des États-Unis, prévoyant que les timbres devaient être libellés en dollars US. Émis le 24 octobre 1951, les timbres font, bien entendu, référence au dollar. Des accords similaires sont ensuite passés avec les administrations postales suisse et autrichienne, pays dans lesquels l’Onu est implantée. Les timbres de l’Onu sont donc respectivement libellés en dollar, en franc suisse et en schilling autrichien. En réalité, ces trois devises n’existent pas sur un même timbre, même si les trois bureaux d’émission choisissent les mêmes thèmes. Avec l’arrivée de l’euro, les timbres de l’Onu émanant de Vienne pratiquent le double affichage avec l’euro jusqu’au 17 février 2001 à minuit. Le schilling autrichien sera remplacé par l’euro et, donc, les timbres-poste des Nations unies seront dotés en 2002 des trois valeurs faciales US dollars, euro et franc suisse. Reste à savoir si la collection des timbres-poste des Nations unies doublera de cote, vu que le dollars US fera face à l’euro avec, comme monnaie d’interposition, le franc suisse, le tout formant une série de timbres dans la collection des Nations unies… Selon les experts internationaux, les chances de voir cette collection unique peuvent être multipliées par deux, voire trois fois leurs cotations. Les timbres français Les timbres de France ont donc depuis 1999 un double affichage qui disparaîtra définitivement en février 2002. L’unique référence monétaire sera donc l’euro. Mais rassurez-vous, le franc ne sera pas carrément éliminer du répertoire monétaire philatélique : le franc suisse restera toujours en vigueur, tout comme les francs des pays CFA et Pacifique. Qu’en est-il des billets et autres pièces de monnaie ? Le timbre prend sa revanche car à l’inverse du passage des anciens aux nouveaux francs, ces autres valeurs fiduciaires ne paraîtront plus sur les timbres, pas plus qu’elles ne conserveront leur validité après le 28 février 2002. Les motifs figurant sur les pièces de monnaie en euro auront une référence nationale sur une face, le verso représentant une carte de l’Union européenne. Pour les billets, point de référence nationale, leur graphisme symbolisera l’héritage architectural européen mais ne représentera pas des monuments existants. Fenêtres et portraits dominent sur la face recto de chaque billet français, le verso représentant un pont, symbole de communication entre les peuples. Vous pourrez utiliser vos pièces et billets en euro dans n’importe quel pays figurant dans les États membres, mais attention, n’espérez pas affranchir une lettre postée d’Allemagne, par exemple, avec un timbre français, même s’il est libellé en euro.
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