La volatilité est restée de mise hier sur les marchés internationaux des changes, les opérateurs restant tiraillés entre les interventions des Banques centrales occidentales en faveur du dollar et les inquiétudes sur l’économie américaine. Les incertitudes sur l’ampleur de la riposte américaine après les attentats du 11 septembre à New York et à Washington devaient maintenir quelques pressions sur le billet vert, l’empêchant d’accentuer son mouvement ascensionnel. Dans ce contexte, l’euro continuait à osciller autour du seuil de 0,92 dollar avant et après le statu quo monétaire observé hier par la Banque centrale européenne, tandis que le yen se repliait, amoindri par les multiples interventions des Banques centrales destinées à enrayer sa hausse. De son côté, le dollar a été soutenu par des rumeurs d’intervention de la Réserve fédérale américaine (Fed) contre le yen sur une demande de la Banque du Japon qui aurait également acheté du billet vert contre du yen. Dans ces conditions, le yen s’est replié face au dollar, réagissant à ces interventions successives des banques centrales pour limiter sa hausse avant l’échéance de la fermeture des comptes semestriels des entreprises au Japon à la fin de ce mois. Celles-ci rapatrient depuis un certain temps leurs actifs en dollars de l’étranger, en vue de l’établissement de leurs bilans à quelques jours du début du deuxième semestre fiscal au Japon. Selon les professionnels, il s’agit d’un mouvement global pour augmenter les liquidités du système financier international en cette période. C’est plutôt une simple volonté de faire grimper le dollar par rapport au yen avant la fermeture des comptes de ces entreprises. Ce phénomène est venu donc renforcer la volatilité des marchés dans la mesure que les acheteurs du dollar et leur objectif sont connus. De ce fait, les opérateurs sont restés prudents face à ce retournement de tendance sur le couple dollar-yen, dans la mesure où ce mouvement de rapatriement des capitaux au Japon est sur le point de toucher à sa fin. Par ailleurs, l’euro a peu réagi à la décision de la BCE de maintenir son principal taux directeur à 3,75 %. Certes, cette décision a été anticipée par la plupart des investisseurs, dix jours à peine après la baisse surprise d’un demi-point en pourcentage de ce taux décidée peu après les attentats du 11 septembre aux États-Unis. Dans un geste inédit, le 17 septembre, la BCE avait réduit son taux de refinancement d’un demi-point en pourcentage de 4,25 % à 3,75 %, en coordination avec la Fed. La grande majorité des analystes n’en estime pas moins que la BCE va abaisser une nouvelle fois son taux de refinancement lors de la réunion de son conseil de gouverneurs, à Vienne, le 11 octobre. Dans cette perspective et en attendant toujours la riposte américaine, le dollar est demeuré généralement bien entouré en cette période, se négociant à New York comme suit : – 0,9175 pour un euro contre 0,9230, la veille – 1,4740 pour un sterling contre 1,4755 – 2,1315 DM contre 2,1190 – 7,1495 FF contre 7,1070 – 1,6140 FS contre 1,5990 – 2 110,35 lires contre 2 097,80 – 119,60 yens contre 117,75. Irrégularité des marchés boursiers américains Sur les places boursières internationales, des nuages sont réapparus hier à Wall Street comme à la bourse électronique Nasdaq après l’annonce par le département américain du Travail que les nouvelles demandes hebdomadaires d’allocations chômage aux États-Unis ont bondi sur la semaine close le 22 septembre pour atteindre 450 000 demandes (en hausse de 58 000 demandes sur la semaine close le 15 septembre). Il s’agit du plus haut niveau de demandes hebdomadaires depuis la semaine close au 25 juillet 1992. Ce bond dans les demandes hebdomadaires, conjugué au recul des commandes de biens durables de 0,3 % en août, avant les attentats du 11 septembre, laisse entendre que l’économie américaine glisse dans la récession. Cela d’autant que le taux de chômage aux États-Unis se situait en août à 4,9 % de la population active, au plus haut depuis juillet 1998 et devrait augmenter davantage en septembre pour passer au-dessus des 5 % après la vague de licenciements annoncée dans les transports, le secteur aéronautique et celui des voyages et du tourisme après les attentats du 11 septembre. Cela étant et compte tenu aussi de l’attente fébrile des investisseurs du déferlement début octobre des résultats de sociétés pour le troisième trimestre, qui devraient être largement mauvais, selon la société d’analyse First Call, les opérateurs boursiers estimaient toujours devoir se prémunir sur le marché américain des valeurs. Cela d’autant qu’un plongeon de l’économie dans la récession au troisième trimestre paraît maintenant acquis, alors que l’activité manufacturière s’est déjà contractée et que l’on s’attend à une forte baisse des dépenses de consommation, préfigurée par une chute de la confiance des consommateurs dans les conditions présentes et futures de l’économie. Pourtant, les marchés boursiers américains ont bénéficié avant la clôture d’une chasse aux bonnes affaires dans les compartiments les plus touchés par la baisse de ces derniers jours. Dans ce contexte, l’indice composite Nasdaq ne tardait pas à réduire ses pertes après avoir fléchi vers le seuil des 1 400 points en s’inscrivant au-dessus des 1 450 points, pendant que l’indice Dow Jones des 30 vedettes industrielles fluctuait entre un plus haut à 8 675,26 points et un plus bas à 8 471,97 points, avant d’afficher en préclôture, à 23h heure de Beyrouth, 8 624,54 points, en hausse de 57,15 points sur la veille. Poursuite de la hausse des Bourses européennes... Les principales bourses européennes ont progressé jeudi pour la quatrième séance consécutive, ignorant le recul des places américaines, dans des marchés toutefois volatils, toujours en manque de visibilité sur les conséquences des attentats du 11 septembre aux États-Unis. En clôture, Francfort a progressé de 2,16 %. Paris a terminé sur une hausse de 0,95 %, Milan a gagné 2,48 %, Madrid 2,08 % et la Bourse suisse 1,82 %. Amsterdam s’est effritée de 0,17 %. L’indice de la zone euro DJ Euro Stoxx 50 a reculé très légèrement de 0,06 %. «On sent qu’il n’y a pas de grande direction, puisque aux États-Unis cela baisse et en Europe cela monte. Les marchés manquent de nouvelles fraîches», a souligné Nordine Naam, chef économiste à la Caisse nationale des caisses d’épargne. «Dans le même temps, nous avons pas mal d’indicateurs qui sont négatifs pour le moment», ce qui était plus ou moins intégré par les marchés, souligne-t-il. «On savait que l’activité chutait sensiblement, que le marché de l’emploi allait se dégrader, avec tout le personnel qui a été mis au chômage technique, notamment à New York, et tous les plans sociaux qui ont été annoncés», a-t-il précisé. Sur les places européennes, les valeurs des technologies ont notamment souffert jeudi. L’indice européen DJ Euro Stoxx du secteur chutait de 6,11 %. À Paris, la société de services informatiques Cap Gemini Ernst and Young a abandonné 5,2 % et, à Londres, ARM Holding, fabricant de semi-conducteurs, a cédé 6,94 %. … et de la Bourse de Tokyo La Bourse de Tokyo est parvenue jeudi à effacer ses pertes de la séance pour clôturer en légère hausse, les gains enregistrés par certaines valeurs à grosses capitalisations comme Toyota Motor Corp parvenant finalement à compenser une faiblesse du compartiment bancaire à la veille de la clôture des comptes semestriels. «Le fléchissement du yen a apporté un certain soutien au marché et il y a quelques toilettages de portefeuilles, mais le marché manque d’orientation, comme toujours avant la clôture des comptes, et le repli des bancaires a maintenu une ambiance molle», a commenté Masaru Kazama, de Nissan Securities. Le Nikkei 225 a terminé en hausse de 54,83 points, soit 0,57 %, à 9696,53, alors qu’il était encore négatif quelques minutes avant la clôture. L’indice élargi Topix a gagné 5,50 points, soit 0,55 % à 1 003,78. Toyota, premier constructeur automobile nippon, a gagné 3,33 % à 2945 yens, aidé par un léger repli du yen après une nouvelle intervention de la Banque du Japon, et par le souci d’investisseurs de relever les cours des grosses capitalisations pour améliorer la performance de leur portefeuille avant la fin du semestre financier vendredi. Pour la première fois cette année, les banques japonaises sont tenues de présenter des portefeuilles boursiers à la valeur du marché et non à la valeur des comptes. Le Nikkei se languissant toujours aux alentours de ses plus bas de 18 ans, les investisseurs continuent à s’inquiéter des pertes latentes des banques et à punir les grandes créancières comme Mizuho Holdings Inc, le premier groupe bancaire en terme d’avoirs, qui a perdu 2,09 % à 469 000 yens.
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