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Actualités - Chronologies

L’Occident extrêmement vulnérable à une attaque bioterroriste

Les pays les plus développés sont également les plus vulnérables à une attaque bioterroriste, en raison de la mobilité de leur population et de l’interdépendance de leur infrastructure, selon scientifiques et experts américains qui jugent ce type d’attaque hautement probable. L’arsenal chimique et bactériologique qui pourrait être utilisé se divise en deux catégories : les agents non contagieux, tels que l’anthrax, qui feraient de nombreuses victimes, mais dans une zone limitée, et les agents contagieux comme le virus de la variole, aux dégâts beaucoup plus lourds, a expliqué le biophysicien Steven Block, de Stanford University en Californie. M. Block – membre du Jason Project, dont les experts sont fréquemment consultés par le Pentagone et autres ministères – estime que «la bête noire de la guerre bactériologique» pour les pays développés est «la possibilité qu’un agent hautement contagieux comme la variole soit disséminé dans le pays». «Tout ce qu’il faudrait, c’est quelques individus infectés. Si quelqu’un disséminait le virus de la variole dans le système d’aération d’un vol international, où les gens respirent l’air recyclé, cela infecterait de très nombreux passagers qui, à leur tour, pourraient infecter de nombreuses personnes au sol», a encore estimé le scientifique. Ce type d’attaque serait d’autant plus dévastateur que le vaccin contre la variole n’est plus disponible depuis 25 ans. «On en produit de nouveau mais il ne sera pas disponible avant 2002 ou 2003, et encore de façon limitée pour réagir à une épidémie localement limitée», selon le biophysicien. Le danger des agents contagieux réside dans leur effet domino qui transforme chaque personne infectée en une arme bactériologique contre son entourage. «Dans une attaque bioterroriste, le bilan pourrait aller de 250 000 à 400 000 morts. Juste comme ça...», a jugé l’ancien responsable du centre d’épidémiologie du Minnesota, Mike Osterholm, l’un des principaux experts américains du sujet, qui dirige un nouveau centre universitaire sur les maladies infectieuses dans cet État. Le professeur Block met en avant «une nouvelle inquiétude géopolitique : la prise de conscience que les grands pays développés ont une infrastructure incroyablement fragile. Ce n’est pas seulement vrai du World Trade Center ou de la Bourse, c’est aussi vrai du réseau électrique, des télécoms et du contrôle aérien». Une attaque bioterroriste, dans laquelle «un pays industrialisé perdrait 10 % de sa population, mettrait un terme à la vie telle que nous la connaissons. Par contraste, si la Libye ou l’Afghanistan perdait 10 % de sa population, la vie y continuerait plus ou moins comme avant», a-t-il estimé. En conséquence, les experts redoutent maintenant qu’un État ou une organisation terroriste soit «tenté de propager un agent biologique autour de la planète, qui frapperait plus durement les nations les plus fragiles, c’est-à-dire les pays industrialisés, dans un acte de folie visant à créer un nouvel ordre mondial», ajoute le professeur de Standford. En juillet dernier, le directeur du centre de recherche sur les maladies infectieuses au sein du CDC d’Atlanta mettait déjà en garde les responsables américains contre les risques d’une attaque bactériologique. «De nombreux spécialistes sont convaincus que le sujet n’est plus de savoir “si” une telle attaque se produira mais “quand” elle se produira», déclarait James Hughes devant la commission sur la Sécurité nationale de la Chambre des représentants. Le 10 juillet 2001, le secrétaire à la Santé Tommy Thompson prenait pour conseiller sur les questions de bioterrorisme le docteur Scott Lillibridge, du CDC, pour mettre en place une réponse coordonnée en cas d’attaque bioterroriste de masse. Une réponse qui n’en est qu’à ses balbutiements, selon les experts.
Les pays les plus développés sont également les plus vulnérables à une attaque bioterroriste, en raison de la mobilité de leur population et de l’interdépendance de leur infrastructure, selon scientifiques et experts américains qui jugent ce type d’attaque hautement probable. L’arsenal chimique et bactériologique qui pourrait être utilisé se divise en deux catégories : les agents non contagieux, tels que l’anthrax, qui feraient de nombreuses victimes, mais dans une zone limitée, et les agents contagieux comme le virus de la variole, aux dégâts beaucoup plus lourds, a expliqué le biophysicien Steven Block, de Stanford University en Californie. M. Block – membre du Jason Project, dont les experts sont fréquemment consultés par le Pentagone et autres ministères – estime que «la bête noire de la guerre...