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Actualités - Chronologies

L’Europe : y penser ? toujours... en parler ? pas encore...

Pomme de discorde depuis 30 ans, la question européenne a été complètement passée sous silence au cours de la campagne électorale cette année en Norvège, les partis politiques locaux, très majoritairement europhiles, ayant choisi de ne pas soulever un sujet qui fâche toujours les électeurs. Échaudés par l’échec d’un référendum sur une éventuelle entrée de la Norvège dans l’Union européenne (UE) en 1994 – après un premier échec en 1972 –, aucun des grands partis n’a osé inscrire la perspective d’une adhésion dans son programme pour les élections législatives de lundi. «Personne ne veut en parler car cela reviendrait à mettre en cause un verdict populaire encore frais et parce que, d’un point de vue tactique, cela entraînerait immanquablement une défection des électeurs» vers les micro-partis «eurosceptiques», explique le professeur Tor Bjoerkelund, spécialisé dans les questions européennes à l’université d’Oslo. Une éventuelle adhésion rencontre actuellement une hostilité record dans le royaume scandinave, où 55 % des personnes se disent opposées à cette idée contre 34,1 % qui s’y déclarent favorables, selon un sondage paru mercredi. Particulièrement forte chez les moins de 30 ans, les femmes et les personnes vivant en milieu rural, cette tendance de l’opinion s’explique en grande partie par la prospérité de la Norvège, proche du plein-emploi grâce à ses immenses ressources pétrolières. Tout juste les travaillistes, actuellement au pouvoir, ont-ils décidé, lors de leur congrès annuel en novembre dernier, de viser une nouvelle candidature «en 2005-2006 au plus tôt (...) à condition que le processus d’élargissement de l’UE soit réellement en cours» et «que de réels changements se soient produits dans l’opinion publique». Penser avec son portefeuille Les conservateurs, pourtant supposés encore plus europhiles, ne trouvent rien à redire à ce lointain calendrier, d’autant que, s’ils veulent revenir au pouvoir, ils pourraient être amenés à devoir composer avec les partis de centre-droit – farouchement «eurosceptiques» – dans les semaines suivant le scrutin du 10 septembre. «Une coalition gouvernementale, de droite ou de gauche et comprenant les centristes, tomberait immédiatement dès lors qu’elle tenterait de raviver la question européenne», pronostique le Pr Bjoerkelund. Quant à la nébuleuse centriste elle-même – et surtout sa principale composante, le Parti démocrate-chrétien –, il n’est pas actuellement dans son intérêt de faire du «non à l’UE» son cheval de bataille. Un profil bas en la matière permet en effet de ménager les deux autres blocs, qui semblent tous deux disposés à lui laisser plus ou moins de place au sein d’une coalition gouvernementale. Selon le Pr Bjoerkelund, seule une «situation de crise» pourrait conduire les Norvégiens, qui «pensent davantage avec leur portefeuille qu’avec leur cœur», à changer radicalement d’opinion. «Si les prix du pétrole venaient à chuter, si l’on connaissait soudain des difficultés à exporter nos poissons, si l’on en arrivait à la conclusion que les temps ne sont plus aussi prospères, alors on verrait probablement une majorité de personnes se tourner vers l’Europe», souligne l’universitaire.
Pomme de discorde depuis 30 ans, la question européenne a été complètement passée sous silence au cours de la campagne électorale cette année en Norvège, les partis politiques locaux, très majoritairement europhiles, ayant choisi de ne pas soulever un sujet qui fâche toujours les électeurs. Échaudés par l’échec d’un référendum sur une éventuelle entrée de la Norvège dans l’Union européenne (UE) en 1994 – après un premier échec en 1972 –, aucun des grands partis n’a osé inscrire la perspective d’une adhésion dans son programme pour les élections législatives de lundi. «Personne ne veut en parler car cela reviendrait à mettre en cause un verdict populaire encore frais et parce que, d’un point de vue tactique, cela entraînerait immanquablement une défection des électeurs» vers les micro-partis...