Il existe dans le monde de superbes sites naturels et culturels qui figurent dans la liste du patrimoine mondial de l’Unesco. À l’intérieur de cette liste, 27 sites actuellement bénéficient d’un traitement particulier avec des mesures de conservation d’urgence; ils font partie du «patrimoine mondial en péril». 529 biens culturels sont inscrits sur la liste ainsi que 138 biens naturels dont 23 sites ont été déclarés mixtes tels que le Grand Canyon du Colorado, aux États-Unis, considéré comme une merveille de la nature alors que les Indiens le considèrent un lieu sacré. Voici donc, à travers la philatélie, des critères de choix qui peuvent influencer votre thématique touristique. Le barrage d’Assouan en Égypte L’événement déclencheur de cette prise de conscience de sauvegarder le patrimoine mondial international fut la décision de construire le grand barrage d’Assouan en Égypte, qui inonderait la vallée où se trouvaient des temples, dont celui d’Abou Simbel, merveilles de la civilisation de l’Égypte ancienne. À la suite d’un appel au secours des gouvernements égyptien et soudanais, l’Unesco décida, en 1959, de lancer une campagne internationale pour sauver ces édifices. La recherche archéologique dans les zones en péril fut accélérée, les temples d’Abou Simbel et de Philae démontés, déplacés et réassemblés. Pour préserver ce site exceptionnel, une cinquantaine de pays se mobilisèrent à cet appel et fournirent la moitié des 80 millions de dollars nécessaires à cette opération de sauvetage. Les États-Unis, de leur côté, évoquèrent les premiers la notion de patrimoine naturel. Une première conférence internationale eut lieu en 1965 à la Maison-Blanche même. La «Fondation du patrimoine mondial» fut ainsi créée et stimulait la coopération internationale afin de protéger « les lieux et paysages les plus célèbres à travers le monde, ainsi que les sites historiques, pour le présent et l’avenir de toute l’humanité». En 1968, l’Union mondiale pour la nature présenta à ses membres des propositions analogues qui furent exposées à la Conférence des Nations unies sur l’environnement humain en 1972, à Stockholm. Toutes les parties concernées se mirent alors d’accord sur un texte unique : la Convention concernant la protection du patrimoine mondial, culturel et naturel, adoptée par la Conférence générale de l’Unesco le 16 novembre 1972. Cette convention définit le genre de sites culturels ou naturels à préserver. La demande d’inscription d’un site sur la liste du patrimoine mondial doit provenir du pays lui-même. Les évaluations techniques sont alors établies par deux organismes consultatifs : le Conseil international des monuments et des sites (Icomos) et l’Union mondiale pour la nature (UICN), dont les experts se rendent sur place et évaluent l’état de conservation, la gestion, ainsi que la valeur universelle exceptionnelle du site concerné. Un troisième organisme consultatif, le Centre international d’études pour la conservation et la restauration des biens culturels (ICCROM), fournit un avis autorisé sur la restauration des monuments et organise la formation de spécialistes. À l’intérieur de la liste du patrimoine mondial, 27 sites bénéficient actuellement d’un traitement particulier et de mesures de conservation d’urgence. Ils font partie du «patrimoine mondial en péril». En effet, diverses menaces, dues à des causes naturelles, telles que les séismes, la pollution, les raz-de-marée, etc., ou encore aux interventions humaines, telles que les conflits armés, les nouvelles constructions non planifiées, le vandalisme, etc. Tous ces facteurs pèsent constamment sur certains sites. En 1985, les palais royaux d’Abomey ou Bénin ont été inscrits simultanément au patrimoine mondial et sur la liste du patrimoine mondial en péril à la demande du gouvernement béninois, après qu’une tornade ait frappé le site. Depuis, les fonds ont été débloqués et sa restauration s’est poursuivie. Un autre exemple est celui de Tombouctou au Mali, menacé par l’avancée progressive des sables du désert, recevant une assistance internationale pour consolider les trois grandes mosquées de la ville… Certains pays considèrent cette inscription comme un déshonneur, et la perspective de l’inscription sur cette liste peut suffire à les mobiliser. Le grand souci de l’Unesco en ce qui concerne le patrimoine mondial est de faire prendre conscience aux peuples du monde que leur héritage culturel et naturel ne leur appartient pas en propre et qu’il est de leur devoir de le transmettre dans les meilleures conditions aux générations futures. Il y va de l’identité même de l’homme. Ceux qui violent ces prescriptions commettent un crime contre la culture qui ne doit pas rester impuni, ainsi que le soulignait Koïchiro Matsuura, directeur général de l’Unesco, lors du saccage des bouddhas géants de Bamiyan par les taliban. Enfin, il faut savoir que les sites protégés sont devenus de hauts lieux touristiques, à savoir 529 biens culturels sont inscrits actuellement sur la liste ainsi que 138 biens naturels. Pour figurer sur la liste, les sites doivent répondre au moins à l’un des critères énumérés et au critère d’authenticité. Les sites culturels Les biens culturels doivent : 1. représenter un chef-d’œuvre du génie créateur humain, 2. témoigner d’un échange d’influence considérable pendant une période donnée ou dans une ère culturelle déterminée, sur le développement de l’architecture ou de la technologie, des arts monumentaux, de la planification des villes ou de la création de paysages, 3. apporter un témoignage unique ou du moins exceptionnel sur une tradition culturelle ou une civilisation vivante ou disparue, 4. offrir un exemple éminent d’un type de construction, d’un ensemble architectural ou de paysage illustrant une ou plusieurs périodes significatives de l’histoire humaine, 5. constituer un exemple éminent d’établissement humain qui soit traditionnel et représentatif de cultures, 6. être directement ou matériellement associé à des événements ou à des traditions vivantes, des idées, des croyances ou des œuvres artistiques et littéraires ayant une signification universelle exceptionnelle. Les sites naturels Les biens naturels doivent : 1. être des exemples éminemment représentatifs des grands stades de l’histoire de la terre, y compris le témoignage de la vie, de processus géologiques en cours dans le développement des formes terrestres, 2. être des exemples représentatifs de processus écologiques et biologiques en cours, dans l’évolution et le développement des écosystèmes et communautés de plantes et d’animaux terrestres, aquatiques, côtiers et marins, 3. représenter des phénomènes naturels ou constituer des aires d’une beauté naturelle et d’une importance esthétique exceptionnelle, 4. conserver les habitats naturels les plus représentatifs et les plus importants au niveau de la diversité biologique, y compris ceux où survivent des espèces menacées ayant une valeur universelle exceptionnelle du point de vue de la science ou de la conservation (source de l’Unesco). Cette thématique des sites du patrimoine mondial constitue un vaste champ d’investigation philatélique à travers le monde. Il y a de quoi remplir des albums de toute beauté, illustrant, à travers le timbre-poste, plus de 600 sites inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco. Nous vous réservons très prochainement une série d’articles illustrant, à travers le timbre-poste, les richesses culturelles et naturelles de par le monde.
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