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Actualités - Chronologies

Soudan - Washington s’engage pour la paix - sur fond d’intérêts pétroliers

Les États-Unis ont désigné hier un émissaire spécial pour la paix au Soudan, marquant leur volonté de renouer avec un pays riche en ressources pétrolières, longtemps mis à l’index par Washington. Le président américain, George W. Bush, a chargé un ancien sénateur républicain du Missouri, John Danforth, de tenter de mettre fin à la guerre civile qui oppose depuis 18 ans le gouvernement musulman à la rébellion chrétienne et animiste du Sud. M. Bush n’a pas caché que la tâche s’annonçait «incroyablement difficile», et a fait porter sur le gouvernement soudanais la responsabilité principale du conflit qui a fait plus d’un million et demi de morts, laissant entendre qu’il avait encore du chemin à faire pour une normalisation totale. Le gouvernement de Khartoum, comme la rébellion de l’Armée de libération des peuples du Soudan (SPLA), ont réagi favorablement, avant même l’annonce officielle, à cette initiative américaine qui devrait s’accompagner d’une aide humanitaire d’environ 30 millions de dollars. Le chef de la diplomatie soudanaise Moustafa Osmane Ismaïl avait déclaré mercredi que la nomination de M. Danforth «ouvrira un nouveau chapitre dans les relations américano-soudanaises». Le représentant de la SPLA auprès des pays arabes, Jurkuch Barach, a pour sa part affirmé que «nous pourrons aller de l’avant car ils (les États-Unis) sont l’unique puissance au monde». Cette initiative pourrait être rapidement suivie par une levée des sanctions de l’Onu contre le Soudan dans les prochaines semaines, les États-Unis étant désormais prêts à ne plus exiger leur maintien, selon des diplomates aux Nations unies. Les États-Unis estiment également que le régime de Khartoum a pratiquement cessé aujourd’hui de soutenir activement le terrorisme international – le principal grief américain à l’égard de Khartoum, avec les violations des droits de l’homme –, font valoir en privé des diplomates américains. La nomination de M. Danforth traduit également l’intérêt personnel porté à ce dossier par le secrétaire d’État Colin Powell, qui avait fait du Soudan l’un des thèmes principaux de ses étapes en Ouganda et au Kenya, lors d’une tournée africaine en mai. M. Powell avait envoyé des signaux discrets au pouvoir de Khartoum en annonçant notamment une aide humanitaire américaine destinée au Sud, où opère la guérilla, mais aussi au Nord musulman sous contrôle gouvernemental, affecté par la sécheresse. Contrairement à son prédécesseur, Madeleine Albright, M. Powell s’était refusé à rencontrer le chef de la SPLA, John Garang, prenant discrètement quelques distances avec ce mouvement. Les considérations économiques pèsent également dans la décision américaine de dégeler ses rapports avec un pays riche en ressources pétrolières, où des entreprises européennes, asiatiques ou canadiennes commencent à prendre pied au détriment de leurs concurrentes américaines. La perspective d’investissements américains se heurte toutefois, aux États-Unis, à une forte opposition, dirigée par une coalition hétéroclite comprenant l’aile la plus conservatrice de la droite chrétienne, des élus noirs du Congrès et plusieurs organisations humanitaires.
Les États-Unis ont désigné hier un émissaire spécial pour la paix au Soudan, marquant leur volonté de renouer avec un pays riche en ressources pétrolières, longtemps mis à l’index par Washington. Le président américain, George W. Bush, a chargé un ancien sénateur républicain du Missouri, John Danforth, de tenter de mettre fin à la guerre civile qui oppose depuis 18 ans le gouvernement musulman à la rébellion chrétienne et animiste du Sud. M. Bush n’a pas caché que la tâche s’annonçait «incroyablement difficile», et a fait porter sur le gouvernement soudanais la responsabilité principale du conflit qui a fait plus d’un million et demi de morts, laissant entendre qu’il avait encore du chemin à faire pour une normalisation totale. Le gouvernement de Khartoum, comme la rébellion de l’Armée de...