En février 1914, quatre aviateurs turcs décident de rallier Istanbul à Alexandrie grâce à deux avions à moteur, un «Blériot XI» et un «Deperdussin». Le général Fathi Bey et son coéquipier Sadek Bey ainsi que l’adjudant Noury Bey et son coéquipier Ismaïl Haky, quatre héros de l’aviation turque, ont surnommé cette traversée «Golden Wings». Ainsi, le 9 février 1914, l’équipe prit son envol dans le ciel d’Istanbul pour atteindre son objectif, destination aéroport d’Alexandrie. Première tentative Malheureusement, les choses ne se passèrent pas comme prévu. Le général Fathi Bey et son coéquipier Sadek Bey eurent des problèmes avec leur «Blériot XI». Alors qu’ils arrivaient presque au terme de leur péripétie, le «Blériot XI» s’abîme en mer, non loin du fleuve de Beyrouth, entre la côte Chaimarieh et Tabarieh. Les deux aviateurs turques se noient et devinrent héros dans l’histoire de l’aviation turque. Ils furent inhumés au cimetière Salah Eldine Ayoubi, dans le jardin de la mosquée Amawi, à Damas. Les deux autres aviateurs, Noury Bey et Ismaïl Haky sont arrivés sans difficultés à Damas afin d’assister, le cœur lourd, à l’enterrement de leurs deux amis. Malgré ce premier échec, Noury Bey et Ismaïl Haky décidèrent de poursuivre leur traversée afin d’atteindre leur objectif. Pour rendre hommage à l’exploit de leurs deux collègues, le «Deperdussin» reprit son envol vers la destination d’Alexandrie. Seconde tentative L’avion à moteur «Deperdussin» était la propriété du prince Jalal Eldine ; il prit son envol au-dessus de Damas mais, non sans difficultés, l’appareil fit des ratés et s’écrasa aux alentours de Jaffa, non loin de la côte rocheuse. Noury Bey a cru bien faire, rejoindre à la nage les rochers pour appeler du secours ; malheureusement, son ami Ismaïl ne savait pas nager et manqua de souffle tout juste avant d’atteindre les rochers ; il se noya. Seul, Ismaïl Haky eut la vie sauve par les pêcheurs de la région. Ce fut le second drame de cette folle aventure. Noury Bey, qui fut le premier pilote à avoir relié Adrena à Istanbul, fut inhumé aux côtés de ses camarades, à Damas, au cimetière Salah Eldine Ayoubi. Troisième tentative Cette traversée restée sans fin fit couler beaucoup d’encre en Turquie. Les grands héros de l’aviation turque décidèrent alors de reprendre cette folle idée de rejoindre Istanbul à Alexandrie. Une seconde tentative doit être tentée pour sauver l’honneur de leurs camarades. Un troisième avion piloté par Ismaïl Haki prit donc le départ de la région de Jakalaa aux Dardanelles. Mais là encore, ce fut un échec. L’avion s’est écrasé à Adermit. Fort heureusement et pour la seconde fois consécutive, le capitaine Ismaïl Haki eut la vie sauve. Afin d’aider le héros turque à accomplir sa mission, la municipalité de Adermit lui proposa de faire la collecte des habitants de la ville pour acheter un avion. L’appareil fut baptisé «Adermit» et atteignit enfin son but plusieurs heures plus tard. Hommage aux aviateurs disparus Connaissant cette triste histoire de l’aviation turque, cinq pilotes ont voulu rendre hommage aux aviateurs disparus. Ils ont décidé alors de parcourir le même voyage en filmant les diverses étapes et péripéties des «Golden Wings». Un nouvel équipage a donc été formé des officiers : Omer Demirayak, Serdar Yapici, Melih Basturk, Taner Yoney et Mehmet Yesilyurt, tous des pilotes d’élite de l’aviation turque. Les avions sont, bien entendu, des prototypes de l’époque ; les hélices sont en composite au lieu d’être en bois. Seuls des taquets mobiles ont été ajoutés sur les queues des avions et les ailerons. Selon les propos recueillis lors de l’interview sur le tarmac de l’aéroport de Beyrouth, les pilotes turques devaient affirmer qu’il semblerait que l’accident de 1914 soit dû à une erreur de manipulation. Les avions à hélices en bois prennent difficilement de l’altitude tandis que les hélices en composite permettent de s’élever au-dessus de 10000 pieds (environ 3000 mètres). Pas plus de 3 heures de vol Pour rendre plus réelle cette liaison Istanbul-Beyrouth-Alexandrie, les réservoirs des deux avions à moteurs sont équipés pour une durée maximale de 3 heures de vol, ce qui était pas mal à l’époque pour un «Blériot» ou un «Deperdussin». La télévision turque, qui est à l’origine de cette idée ainsi que du financement de cette traversée historique, a suivi les «Golden Wings» étape par étape, après chaque atterrissage, tandis qu’une équipe de techniciens s’est chargée en Turquie de la réalisation de la partie en costumes ainsi que de la transmission en directe. Cette traversée historique reconstituée sera diffusée au début de l’an 2002 sur les chaînes de la télévision turque. Timbres émis Pour rendre hommage aux aviateurs disparus, l’administration postale turque a mis en circulation, le 15 mai 2001, une série de quatre timbres-poste illustrant les quatre héros de l’histoire. Les timbres ont été imprimés dans les valeurs faciales suivantes : – 250000 lires – Ismaïl Haki Bey. – 300000 lires – Nouri Bey. – 450000 lires – Sadek Bey. – 500000 lires – Fathi Bey. Le tirage est de 600000 exemplaires par timbre et l’impression en offset dans les dimensions horizontales 26 x 41mm. Les timbres resteront en circulation dans tous les guichets postaux en Turquie jusqu’au 15 novembre 2001. Nous tenons à remercier chaleureusement S.E. M. Kaya Dorsan, conseiller de presse de l’ambassade de Turquie, qui nous a aimablement remis toutes ces informations intéressantes.
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