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Actualités - Chronologies

À Liquica, un vote au goût de revanche pacifique sur les miliciens

Francisco da Costa Amaral a sagement pris sa place devant le bureau de vote. Une revanche pacifique. En 1999, les milices faisaient régner la terreur à Liquica et l’avaient attaqué pour l’empêcher de voter pour l’indépendance. Avec lui, quelque 500 habitants se sont massés au petit matin devant la petite école de cette localité côtière proche de la capitale du Timor-Oriental, Dili, transformé en centre de vote. Liquica avait été l’une des régions les plus durement touchées par les exactions des milices hostiles à l’indépendance, qui en août 1999 avaient terrorisé les électeurs lors du vote organisé par l’Onu. Les membres de ces milices, comme la redoutable «Aitarak», qui avaient été entraînés et assistés par l’armée indonésienne, avaient massacré des centaines de civils avant et après le vote. Après leur défaite, ils avaient rasé une large partie des infrastructures avant de se retirer au Timor occidental (indonésien) voisin, contraignant le tiers de la population à les suivre. Deux ans après, le changement est radical. «On peut voter librement. Il n’y a plus d’intimidation», se réjouit Amaral, qui a marché pendant une heure et demie depuis la montagne pour venir participer au vote, destiné à élire une assemblée constituante. En août 1999, il avait dû fuir la ville, pour se réfugier près de Dili, après avoir été attaqué par des miliciens. «Il y a deux ans, il y avait beaucoup de personnes qui nous harcelaient», raconte Agustina Lorencia, 25 ans, en serrant contre elle son fils de 5 ans, Belarmino. Cette stratégie d’intimidation et de terreur visait à empêcher la population d’opter pour l’indépendance de ce qui était alors la «27e province» de l’Indonésie depuis sa brutale annexion en 1976. Les miliciens terrorisaient alors la population, obligeant les habitants à faire flotter le drapeau rouge et blanc indonésien sur leurs maisons de fortune, qu’ils avaient ensuite incendiées en se retirant. Liquica est associé dans la mémoire des Est-Timorais à l’une des pires tueries de cette époque. Quatre mois avant le vote, une soixantaine de personnes avaient été massacrées dans une église, non loin de l’école où l’on votait jeudi. «Nous votons pour nous, pour le peuple, pour nos enfants», lance Filomena Sampaio, 43 ans, qui vit à Dili mais est revenue à Liquica, sa ville natale, pour voter. À 18 ans, sa fille Arceoli, est elle aussi venue voter. L’âge minimum est de 17 ans pour participer au scrutin. «Votre vote est secret», proclame une inscription sur les murs du centre de vote. Tout autour, les électeurs discutent, sourient. Mais le traumatisme de 1999 n’est pas effacé pour autant. «Je sais que dans leur cœur, ils souffrent encore profondément de ce qu’ils ont enduré», explique Patrick Burgess, responsable pour les droits de l’homme dans l’Administration provisoire de l’Onu au Timor-Oriental.
Francisco da Costa Amaral a sagement pris sa place devant le bureau de vote. Une revanche pacifique. En 1999, les milices faisaient régner la terreur à Liquica et l’avaient attaqué pour l’empêcher de voter pour l’indépendance. Avec lui, quelque 500 habitants se sont massés au petit matin devant la petite école de cette localité côtière proche de la capitale du Timor-Oriental, Dili, transformé en centre de vote. Liquica avait été l’une des régions les plus durement touchées par les exactions des milices hostiles à l’indépendance, qui en août 1999 avaient terrorisé les électeurs lors du vote organisé par l’Onu. Les membres de ces milices, comme la redoutable «Aitarak», qui avaient été entraînés et assistés par l’armée indonésienne, avaient massacré des centaines de civils avant et après le...