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Actualités - Reportages

La reine vend ses timbres pour s’acquérir des fonds

Un exceptionnel événement inattendu s’est produit le 17 mai à Londres : une sélection de timbres issus de la collection philatélique royale a été mise aux enchères par la firme Spink. Sur la recommandation du conservateur de la collection royale, M. Charles Goodwin, la reine a en effet donné son assentiment à cette initiative pour ramasser des fonds. La fébrilité et l’extrême impatience des philatélistes d’outre-Manche ont bien entendu fait la une des journaux britanniques. Nous allons découvrir ensemble, par le biais de cet article, quelques valeurs mises en Bourse. Compte tenu de leur provenance, plus de deux cents lots de timbres ont été dispersés le jeudi 17 mai à Londres chez les grands négociants en timbres-poste. Parmi ces lots, quelques «doubles» royaux, de véritables joyaux de la couronne, risquent d’atteindre dans l’avenir les plus hauts sommets de la Bourse. Un des plus fabuleux exemplaires, celui du one penny black imprimé, daté du 6 mai 1840, le premier jour d’émission du premier timbre-poste émis au monde. Ce timbre à lui seul est estimé entre 6 000 et 8 000 sterling, soit entre 8 500 et 11 500 US dollars. Quelques exemplaires neufs de ce même timbre ainsi que le 2 pence bleu en détachés et multiples sont également inclus dans le lot. Un très bel exemplaire du 10 shilling de 1883 sur papier bleuté avec filigrane a été estimé à 6 000 sterling, soit 8 590 US dollars à lui seul. Le règne d’Edouard VII est considéré comme le timbre le plus rare de la période, à savoir le célèbre 2 pence «tyrian plum», ou rose tyrien, timbre non émis en raison du décès du souverain et qui est estimé aujourd’hui pour plus de 10 000 sterling, soit plus de 14 300 US dollars. Outre les lots comportant les timbres de Grande-Bretagne, des timbres des dominions britanniques ne sont pas à négliger. Les émissions d’Inde de 1854, avec coupés sur lettres, des blocs de quatre sur de fortes faciales de l’État malais du Trengannu, datant entre 1921 et 1924, ont été vendues à 25, 50 et 100 US dollars pièce. Un exemplaire neuf du rarissime 1 penny rose surchargé 3 pence des Bermudes datant de 1874 a été acheté récemment par un collectionneur à 5 500 sterling, soit 7 880 US dollars. Chaque lot vendu est accompagné d’un certificat livré par la «Royal Philatelic Society» de Londres ; chaque timbre vendu seul à part est signé et dispose de son certificat de la collection royale. Un superbe «woodblocb» oblitéré de la colonie du Cap, la célèbre erreur de couleur bleu laiteux du 1 penny en paire avec 4 pence normal ont été estimés entre 18 000 et 20 000 sterling. Par ses chiffres évalués, on comprend donc l’extrême agitation des philatélistes d’outre-Manche qui se sont rués chez les négociants de Londres. Quant à la firme Spink chargée de cette grosse affaire, elle estime que le résultat de la vente des lots de la collection philatélique royale devrait arriver entre 300 000 et 400 000 sterling soit plus d’un demi-million de dollars, compte tenu de la notoriété du propriétaire. Pour les intéressés, un catalogue des lots encore disponibles peut être obtenu par simple souscription à la firme Spink, 69 Southampton Row, Bloomsbury, London WC1B 4ET (Grande-Bretagne). Pour de plus amples renseignements, un bureau a été ouvert parallèlement en France chez Christie’s France S.A., 9 avenue Matignon, 75 008 Paris (Tél. : 01.40.76.85.88). Les Îles Vierges britanniques Les Îles Vierges britanniques furent découvertes par Christophe Colomb lors de son second voyage vers les Amériques, en 1493. C’est lui qui les baptisa ainsi, en mémoire de sainte Ursule et des onze vierges martyrisées près de Cologne. Les premiers habitants étaient des Hollandais en 1648. Mais la possession anglaise des Îles Vierges est confirmée en 1713 par le Traité d’Utrecht. Elles deviennent partie intégrante avec leurs voisines Nevis et Saint-Christophe, les Leeward Islands et les îles Sous-le-Vent. Autonomie n’est pas indépendance, et c’est en partie pour cette raison que les Îles Vierges britanniques conservent l’élégance des émissions des colonies britanniques. Les premières marques postales en provenance des Iles Vierges britanniques se retrouvent sur des lettres émanant de paquets de courrier anglais datant de 1803. Des timbres anglais sont imprimés spécialement pour l’archipel en 1858. C’est alors qu’en 1866, on émet la première série propre aux Îles Vierges. L’effigie choisie pour cette grande première n’est que celle de sainte Ursule, martyre qui inspira à Christophe Colomb le nom de l’archipel. Le premier envoi du courrier postal s’effectue le 26 novembre 1866. Il comprend 22 000 one penny vert et 11 000 six pence rose. La seconde émission date de 1867, avec pour sujet une représentation de la Vierge. Elle comprend deux valeurs, le 4 pence lie-de-vin sur rose et le one shilling carmin et noir coté aujourd’hui à 1 300 FF. C’est l’effigie de la reine Victoria qui vient mettre fin, temporairement, au règne de la Vierge sur les timbres des Îles Vierges britanniques avec l’émission de 1880. Mais dix-neuf ans plus tard, la Vierge revient pour une dernière fois dans une série émise au XIXe siècle pour cet archipel. Les huit valeurs de cette émission ont pour cote aujourd’hui, à l’état neuf, 1 200 FF, ce qui fait qu’au bout du compte, la collection des classiques de cette colonie anglaise est relativement peu onéreuse. Seules quelques variétés viennent émailler le tableau de quelques jolies cotes. Ainsi, dans cette série de 1899, le 4 pence marron existe avec un défaut d’impression qui nous fait lire «Four Pencf» sur la figurine. Résultat de l’opération, cette variété est cotée à 11000 FF et elle est très recherchée par les collectionneurs d’outre-Manche. Cependant, en matière de variété, la palme revient au one shilling carmin et noir avec une bordure colorée de 1867, où le centre du timbre a été omis. Connu sous le nom de «Vierge manquante», ce timbre atteint aujourd’hui un plafond de 550000 FF, soit 75000 US dollars. Quelques adresses utiles Mais où trouver de bonnes pièces de collection ? En voici donc quelques adresses utiles si vous êtes de passage en Europe : Philatel dispose plus de 3 800 lots de timbres classiques de France et de l’étranger ; cette maison est spécialisée pour la Poste aérienne et a, à son actif, réalisé plus de 198 ventes aux enchères. Vous pouvez correspondre à l’adresse suivante : 55, rue Alphonse Pallu, BP 99, 78 115 Le Vesinet Cedex, France. Vertrand Sinais dispose plus de 9 500 lots de timbres avec un large éventail de semi-modernes sur lettres répertoriés selon les types de timbres et d’oblitérations. Vous pouvez leur écrire au 7, rue de Châteaudun, 75 009 Paris. Warwick & Warwick cette maison est surtout spécialisée pour les timbres et les lettres sur timbres du monde entier, en particulier pour la France et le Liechtenstein. Son adresse est : Chalon House, Scar Bank, Milers Road, Warwick CV34 5DB Grande-Bretagne. Philips c’est un spécialiste des timbres et des plis du monde entier, mais plus particulièrement la Grande-Bretagne. Vous pouvez correspondre au 101, New Bond Street, London W1S 1SR, Grande-Bretagne. Sotheby’s dispose des lots de timbres rares du monde entier avec une collection spécialisée sur l’Afrique orientale britannique. 34-35 New Bond Street, London W1A 2AA, Grande-Bretagne. Corniphila organise une vente aux enchères du 18 au 21 mai 2001. Une dispersion de la collection Luning sur les pionniers de l’aviation a été présentée au public, avec les courriers par zeppelins. La vente générale a détaillé des anciens États allemands, les territoires (colonies, occupations) de 1872 à 1945, l’Allemagne, l’Allemagne fédérale et Berlin. Son adresse est la suivante : Zollikerstrasse 226, CH-8034 Zurich, Suisse. Bolaffi a organisé une vente aux enchères les 25 et 26 mai 2001. Au programme des lettres d’anciens États italiens. La période semi-moderne et celle de la République italienne ont été présentées au public, ainsi que les colonies et territoires. Son adresse : Via Cavour, 17, I-10123 Turin, Italie.
Un exceptionnel événement inattendu s’est produit le 17 mai à Londres : une sélection de timbres issus de la collection philatélique royale a été mise aux enchères par la firme Spink. Sur la recommandation du conservateur de la collection royale, M. Charles Goodwin, la reine a en effet donné son assentiment à cette initiative pour ramasser des fonds. La fébrilité et l’extrême impatience des philatélistes d’outre-Manche ont bien entendu fait la une des journaux britanniques. Nous allons découvrir ensemble, par le biais de cet article, quelques valeurs mises en Bourse. Compte tenu de leur provenance, plus de deux cents lots de timbres ont été dispersés le jeudi 17 mai à Londres chez les grands négociants en timbres-poste. Parmi ces lots, quelques «doubles» royaux, de véritables joyaux de la couronne, risquent...