Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologies

L’Allemagne en panne de croissance

Davantage affectée que ses voisins par le ralentissement mondial, l’Allemagne a vu sa croissance stagner au deuxième trimestre, mais le spectre de la récession paraît écarté malgré l’accumulation de suppressions d’emplois dans les entreprises. «Nos premiers calculs montrent que le Produit intérieur brut (PIB) réel au deuxième trimestre est resté à peu près au même niveau que le premier trimestre en données corrigées des variations saisonnières», a indiqué jeudi la Banque centrale allemande dans son rapport mensuel d’août. En glissement annuel, le ralentissement de la première économie de la zone euro est brutal : le PIB n’a crû que de 1 %, moitié moins que le rythme du premier trimestre (2 %), selon la Bundesbank. Cette première évaluation est un peu moins mauvaise que ce qui était redouté. Beaucoup d’économistes tablaient sur une croissance légèrement négative entre avril et fin juin, à l’image de l’institut de conjoncture berlinois DIW. Mais le sur-place de l’Allemagne, qui compte pour un tiers du PIB de la zone euro, n’en reste pas moins inquiétant. «Techniquement, le pays n’est peut-être pas en récession, mais cela en a le parfum avec son cortège de dégraissages dans les entreprises et de plans de restructuration. L’environnement n’est pas bon», estime Raymond van der Putten, économiste chez BNP-Paribas. Depuis le printemps, les plans sociaux se succèdent à un rythme soutenu dans le secteur industriel. Le constructeur automobile Opel (groupe General Motors) a annoncé le sien mercredi, suivant de près le chimiste BASF (4 000 emplois), son concurrent Bayer (plus de 4 000), les géants technologiques Siemens (10 000), Infineon (5 000) et Epcos (2 200), le groupe MAN (1 900) ou la Dresdner Bank (1 500). Sans oublier le secteur de la construction, en dépression toujours chronique avec un recul de 4,5 % de son activité sur un an, et le tissu des PME. Selon une enquête de la Fédération des Chambres de commerce et d’industrie, un tiers des entreprises comptent tailler dans leurs effectifs. La Bundesbank le reconnaît volontiers, l’Allemagne traverse une «phase difficile». Un constat partagé par le ministre des Finances Hans Eichel qui, dans un discours, a admis que son pays connaissait «une situation conjoncturelle non satisfaisante». Une détérioration face à laquelle il est impuissant. Sa marge de manœuvre pour soutenir l’activité est réduite à portion congrue par le recul des rentrées fiscales, conséquence du tassement de la croissance. L’Allemagne va-t-elle pour autant vers une récession ? La Bundesbank estime prématuré d’en parler. Elle parie sur un rebond l’année prochaine sous l’impulsion de la consommation des ménages, atone jusqu’ici, qui profitera du reflux de l’inflation. «À mon avis, on n’est pas sorti du marasme», tempère Amélie Derambure, de la Société Générale.
Davantage affectée que ses voisins par le ralentissement mondial, l’Allemagne a vu sa croissance stagner au deuxième trimestre, mais le spectre de la récession paraît écarté malgré l’accumulation de suppressions d’emplois dans les entreprises. «Nos premiers calculs montrent que le Produit intérieur brut (PIB) réel au deuxième trimestre est resté à peu près au même niveau que le premier trimestre en données corrigées des variations saisonnières», a indiqué jeudi la Banque centrale allemande dans son rapport mensuel d’août. En glissement annuel, le ralentissement de la première économie de la zone euro est brutal : le PIB n’a crû que de 1 %, moitié moins que le rythme du premier trimestre (2 %), selon la Bundesbank. Cette première évaluation est un peu moins mauvaise que ce qui était redouté. Beaucoup...