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Actualités - Chronologies

Un défenseur acharné - de la Grande Serbie

Radovan Karadzic, 56 ans, chef de file des extrémistes serbes de Bosnie, a mis toute sa vie au service d’une idée fixe, l’indépendance des Serbes de Bosnie et leur union avec ceux de Serbie et du Monténégro. Inculpé dès juillet 1995 pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide par le TPI, il avait été contraint de renoncer le 19 juillet 1996 à ses pouvoirs de président de la Republika Srpska (RS), l’entité des Serbes de Bosnie. Interdit de toute activité politique, il avait néanmoins continué à diriger l’entité en sous-main jusqu’à l’arrivée au pouvoir, en janvier 1998, de Mme Biljana Plavsic. Psychiatre de profession, Radovan Karadzic, né le 19 juin 1945 près de Niksic (centre-ouest du Monténégro), semble avoir désirer toute sa vie réaliser son rêve de «grande Serbie». Doté d’une solide réputation de joueur et de bon vivant, cet ultranationaliste avait fondé en juillet 1990 le Parti démocratique serbe (SDS) de Bosnie Herzégovine. Dès mars 1991, il se prononce pour une Bosnie Herzégovine qui serait une «confédération» de trois États : serbe, musulman et croate. Il affirme que «la volonté du peuple serbe suffit pour qu’il en soit ainsi». En janvier 1992, il devient président de la RS, après sa proclamation d’indépendance unilatérale, sous le nom de «République du peuple serbe de Bosnie Herzégovine». «Les Serbes peuvent vivre sans pain, mais pas sans État», assure-t-il. Propulsé sur le devant de la scène politique par le président de Serbie de l’époque, Slobodan Milosevic, Karadzic entre pour la première fois en conflit avec son mentor en mai 1993 lorsque, après avoir accepté le plan Vance-Owen à Athènes, il le fait rejeter par son Parlement quelques jours plus tard. Tout au long de sa carrière, Karadzic n’aura cessé de défier la communauté internationale, allant jusqu’à limoger, en mai 1996, son Premier ministre Rajko Kasagic, jugé trop accommodant dans la mise en œuvre des accords de paix de Dayton. Les diplomates qui l’ont eu pour interlocuteur à l’occasion des négociations sur la Bosnie le considèrent comme un véritable expert en double langage et coutumier des volte-face, tandis que ses admirateurs voient en lui un redoutable négociateur. «Homme de fer», selon les chansons populaires composées en son honneur, Karadzic ne recule pas devant les déclarations fracassantes : il avait averti Washington que les parachutages d’aide humanitaire pourraient provoquer en réaction des actes terroristes sur le territoire américain et évoqué le risque d’une troisième guerre mondiale en cas d’intervention militaire étrangère en Bosnie. Il avait cessé toute apparition publique depuis la signature des accords de paix de Dayton, en décembre 1995. Mais sa présence était signalée de temps à autre en RS ou en Serbie. Il avait récemment adressé une lettre, postée depuis l’entité serbe, au chef de l’Église orthodoxe serbe, le patriarche Pavle, signée de son nom. Le parti nationaliste qu’il avait fondé, le SDS, reste influent en RS, où il détient plusieurs postes ministériels.
Radovan Karadzic, 56 ans, chef de file des extrémistes serbes de Bosnie, a mis toute sa vie au service d’une idée fixe, l’indépendance des Serbes de Bosnie et leur union avec ceux de Serbie et du Monténégro. Inculpé dès juillet 1995 pour crimes de guerre, crimes contre l’humanité et génocide par le TPI, il avait été contraint de renoncer le 19 juillet 1996 à ses pouvoirs de président de la Republika Srpska (RS), l’entité des Serbes de Bosnie. Interdit de toute activité politique, il avait néanmoins continué à diriger l’entité en sous-main jusqu’à l’arrivée au pouvoir, en janvier 1998, de Mme Biljana Plavsic. Psychiatre de profession, Radovan Karadzic, né le 19 juin 1945 près de Niksic (centre-ouest du Monténégro), semble avoir désirer toute sa vie réaliser son rêve de «grande Serbie». Doté...