L’Uruguay s’est relancé dans les qualifications de la zone Amsud pour la Coupe du monde 2002 de football en battant le Brésil 1 à 0, en match en retard de la 13e journée, à Montevideo. Le but de victoire acquis sur penalty (34) ne reflète que partiellement la physionomie de la rencontre disputée dans le célèbre stade «Centenario» qui a accueilli la première Coupe du monde en 1930. L’addition aurait pu être beaucoup plus lourde pour la «Seleçao», les Uruguayens ayant eu au moins deux occasions de but franches qu’ils n’ont pu concrétiser. Le Brésil, dont c’était la première sortie pour le nouvel entraîneur Luis Felipe Scolari, enregistre de son côté une nouvelle contre-performance qui le place 4e au classement, à égalité de points avec l’Uruguay, derrière l’Argentine, le Paraguay et l’Équateur. Dans un stade archicomble (70 000 personnes), l’Uruguay avec une défense très serrée et un milieu de terrain bloquant très haut les attaques brésiliennes réussissait parfaitement à contenir un adversaire fort de la plupart de ses vedettes évoluant en Europe (Rivaldo, Cafu, Roberto Carlos). En première mi-temps, l’Uruguay se créait plusieurs occasions de but, notamment par Dario Silva qui obligeait le gardien brésilien Marcos à détourner un ballon dangereux au-dessus de la transversale (28). Alvaro Recoba (Inter Milan), en s’engageant franchement dans la défense brésilienne, provoquait une faute par derrière de Cafu et permettait à Magallanes (Santander) d’inscrire le but de la victoire sur penalty (34). Le Brésil ne menaçait les buts adverses qu’à deux reprises, sur une tête de Romario, bien arrêtée par le gardien Carini, et sur une déviation de Rivaldo qui passait au-dessus de la transversale. Après la pause, l’Uruguay avait une très nette occasion de porter le score à 2-0, le tir de Recoba passant au ras du poteau (47). Le Brésil réagissait enfin par des tirs de Rivaldo (52) et Euller (78), interceptés par le gardien uruguayen. L’Uruguay manquait aggraver le score sur un coup franc de Guigou s’écrasant sur la barre transversale (80). Enfin, un tir lointain de Rivaldo (83) aurait pu permettre au Brésil d’égaliser, le gardien uruguayen l’arrêtant apparemment derrière sa ligne de but, mais l’arbitre écossais Hugh Dallas en jugeait autrement. Petit match et grands effets «Cela ne me plairait pas d’entrer dans l’histoire avec une image de perdant», commentait amer l’entraîneur brésilien, Luis Felipe Scolari, qui risque de devenir le premier technicien à ne pas qualifier une équipe du Brésil pour la phase finale d’un Mondial. Dans le vestiaire voisin, Alvaro Recoba, suspendu pour un an dans le Calcio mais pouvant toujours jouer avec son équipe nationale, se rasait le crâne comme promis après avoir jeté ses habits de footballeur au public avant de regagner les vestiaires du Centenario en slip. «L’unique différence entre les deux équipes se situe au niveau du but. L’Uruguay n’a pas développé un meilleur football que nous. Et puis, mon tir de la 82e était bien entré même si l’arbitre n’a pas accordé le but. Un nul aurait mieux reflété le résultat de ce match», analysait Rivaldo, probablement le moins mauvais des trois attaquants brésiliens, Romario et surtout Elber passant complètement à côté du match. En fait, le match a été décevant sur le plan technique et tactique. Le Brésil a confirmé qu’il avait perdu son football chatoyant, incapable de retrouver une âme, ou tout simplement un fond de jeu et un patron. Roberto Carlos a bien essayé de mettre le feu en partant de derrière, mais il se retrouvait inexplicablement isolé et sans aucun appui. Bien sûr, tout n’est pas perdu pour le Brésil à cinq journées de la fin. Mais l’Uruguay, après un début de tournoi catastrophique, est revenu à sa hauteur, les deux équipes occupant la 4e et dernière place qualificative avec 21 points. Et le Brésil doit encore jouer contre le Paraguay, 2e et redoutable équipe de contres, puis se rendre en Argentine, un leader qui ne lui fera pas le moindre cadeau, avant d’affronter trois mal classés (Chili, Bolivie et Venezuela).
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