Un musée en Florence est consacré à Salvatore Ferragamo. C’est là, dans cette ville, que le petit cordonnier, créateur au cours de sa vie de dix mille modèles de chaussures, a fini ses jours, laissant à sa veuve et à ses six enfants un somptueux palais médiéval ainsi qu’une entreprise-empire. En guise de gratitude, un musée-hommage «au sublime bottier» donne à voir ses impérissables modèles. Présentées par roulement, ses créations, où se mêlent les matières les plus folles et l’inspiration la plus débridée, perpétuent l’admiration pour ce grand artiste de la chaussure. Rien, en effet, ne bridait l’inspiration de ce bottier inspiré. Pour le soir, il n’hésitait pas de recouvrir les talons de ses sandales d’or 18 carats, ni de choisir comme siège de sa société un des plus beaux vestiges du Moyen Âge florentin. Héros lui-même d’un conte de fées incroyable, il s’appliquait à donner à la vie ce parfum de magie qui entourait la sienne. Enfant pauvre, né au sud de l’Italie, il est parti jeune adolescent, en 1914, en Amérique chercher fortune. Il ouvrira, près des studios de Hollywood, un petit atelier de réparation (surtout) et de fabrication de chaussures sur commande... Quelques années plus tard, tandis que Cecil De Mille fait revivre à l’écran des épopées historiques, le jeune Ferragamo, enhardi par ce qu’il rencontre, se met à créer des accessoires pour les productions historiques, à grand spectacle, de Cecil De Mille. Mille commandes rien que pour Les Dix Commandements du grand cinéaste et une file de célébrités de Hollywood devant sa boutique. Mary Pickford, Rudolph Valentino, étincelantes célébrités de l’époque, se chaussent exclusivement chez lui. Une longue série de producteurs, acteurs, danseuses constituent sa clientèle. Sa réputation n’est nullement surfaite. Ses souliers sont d’un confort incomparable. D’ailleurs, pour mieux étudier l’équilibre du corps, il s’inscrira à l’Université de Californie pour suivre des cours sur l’anatomie... Le mal du pays La crise de 1929 exaspère chez Ferragamo le mal du pays et entraîne la faillite de son entreprise. Obstiné, le jeune italien remonte une affaire à la veille de la Seconde Guerre mondiale. La pénurie de matières, au lieu de le paralyser, stimule son imagination et sa créativité... Faisant feu de tout bois, il substitue du raphia et même de la cellophane. Il invente la semelle compensée et bien d’autres innovations qui parent au manque de matières premières. Il introduit le liège, les talons sculptés, les jeux multiples des brides... Les stars affluent dans ses somptueux locaux. Marilyne Monroe porte ses sandales au-dessus de la bouche d’aération qui soulève sa jupe. Greta Garbo, à la veille d’un de ses déplacements, lui commande à la fois soixante paires de ses dernières créations. Une longue liste de personnages célèbres sont ses clients. Le second envol du créateur sera interrompu par sa disparition. Sa veuve et ses six enfants vont lui succéder aux commandes. Trois fils à la gestion, trois filles à la création et la «maman» omniprésente... Le roi est mort mais le royaume marche. Aussi bien que de son vivant...
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Un musée en Florence est consacré à Salvatore Ferragamo. C’est là, dans cette ville, que le petit cordonnier, créateur au cours de sa vie de dix mille modèles de chaussures, a fini ses jours, laissant à sa veuve et à ses six enfants un somptueux palais médiéval ainsi qu’une entreprise-empire. En guise de gratitude, un musée-hommage «au sublime bottier» donne à voir ses impérissables modèles. Présentées par roulement, ses créations, où se mêlent les matières les plus folles et l’inspiration la plus débridée, perpétuent l’admiration pour ce grand artiste de la chaussure. Rien, en effet, ne bridait l’inspiration de ce bottier inspiré. Pour le soir, il n’hésitait pas de recouvrir les talons de ses sandales d’or 18 carats, ni de choisir comme siège de sa société un des plus beaux vestiges du Moyen...