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Actualités - Chronologies

Un géant économique et instrument d’influence sociale et politique

Gazprom est le premier producteur mondial de gaz et la plus grosse société de Russie, mais son influence va bien au-delà du seul secteur énergétique, s’étendant largement aux domaines social et politique. Si Gazprom va mal, toute l’économie russe ira mal, dit le dicton des analystes financiers. Le groupe, qui détient le monopole de la distribution et des exportations de gaz, emploie quelque 300 000 personnes à travers la Russie. Il gère un réseau tentaculaire de gazoducs, qui s’étend sur près de 150 000 km. Ses réserves (33 400 milliards de mètres cubes, près du quart des réserves mondiales) couvrent la consommation de la Russie pour les 50 ans à venir. Sa production annuelle (523 mds de mètres cubes en 2000) représente un quart de la production mondiale de gaz, et ses exportations satisfont un cinquième des besoins de l’ouest de l’Europe où l’Allemagne est son premier client. Le groupe, dont le chiffre d’affaires s’est établi à 17,7 mds de dollars américains l’an dernier, apporte près d’un quart des recettes fiscales du pays et 8 % du PIB. Mais il est fortement endetté (12 mds USD). Sa production est en déclin depuis plusieurs années et des milliards de dollars d’investissement sont nécessaires pour faire face au vieillissement des structures et exploiter de nouveaux gisements. Le monopole gazier joue en outre un rôle qui dépasse largement son seul statut économique : il fait vivre des régions entières du pays, où il a en outre repris sous sa coupe d’importantes fonctions sociales abandonnées par l’État. Il subventionne les retraites, finance les écoles, les centres de santé, les clubs de sport... Le groupe possède en outre un véritable empire médiatique, qui sert au besoin à soutenir le pouvoir politique et à véhiculer une bonne image de l’entreprise. Outre le puissant groupe de presse Media-Most, désormais sous sa coupe, Gazprom détient les quotidiens Troud et Rabotchaïa Tribouna, l’hebdomadaire Profil, et a surtout des participations dans plus d’une centaine de publications régionales et dans une quinzaine de chaînes de télévision locales. Le géant russe contrôle aussi d’importants actifs bancaires, même s’il a réduit son exposition depuis la crise financière d’août 1998. L’essentiel est concentré dans la Gazprombank, cinquième banque de Russie en termes de capital propre. Le groupe possède enfin divers actifs industriels récupérés auprès de clients endettés. Il est détenu à 38,37 % par l’État russe, son principal actionnaire. Quelque 36 % du capital seraient aux mains de la direction et des employés de Gazprom, selon les analystes. Le solde est détenu par des investisseurs russes ou étrangers.
Gazprom est le premier producteur mondial de gaz et la plus grosse société de Russie, mais son influence va bien au-delà du seul secteur énergétique, s’étendant largement aux domaines social et politique. Si Gazprom va mal, toute l’économie russe ira mal, dit le dicton des analystes financiers. Le groupe, qui détient le monopole de la distribution et des exportations de gaz, emploie quelque 300 000 personnes à travers la Russie. Il gère un réseau tentaculaire de gazoducs, qui s’étend sur près de 150 000 km. Ses réserves (33 400 milliards de mètres cubes, près du quart des réserves mondiales) couvrent la consommation de la Russie pour les 50 ans à venir. Sa production annuelle (523 mds de mètres cubes en 2000) représente un quart de la production mondiale de gaz, et ses exportations satisfont un cinquième des...