Il y a un an, tout le monde s’accordait à croire que les consultants Internet étaient essentiels aux entreprises qui voulaient rester à la page. Aujourd’hui, même les personnes les plus «branchées» se demandent ce qu’ils font vraiment. Ils ont certes dû affronter, comme toutes les autres entreprises liées à l’Internet, des dépenses supérieures aux prévisions et un engouement inférieur à leurs espérances, mais leurs détracteurs avancent des motifs d’inquiétude plus profonds et mettent en doute la valeur ajoutée qu’ils apportent réellement. Le secteur du conseil Internet fut sans doute l’un des plus grands bénéficiaires de la croyance selon laquelle toutes les entreprises devaient inéluctablement basculer sur le Web. Il est rapidement devenu un créneau fort actif, de nombreuses entreprises proposant une gamme de services allant du simple site Web de façade jusqu’à la mise en œuvre de logiciels complexes de commerce électronique. Si certains ont tiré à une époque leur épingle du jeu, comme MarchFirst Inc., Scient Corp., Razorfish Inc. et Viant Corp., nombreux sont ceux qui boivent la tasse depuis la retombée de la vague Internet. Toutes les sociétés précitées, ainsi que plusieurs autres, ont licencié une partie de leur personnel ces derniers mois, certaines ont annoncé des pertes financières pour l’exercice 2000 et des prévisions moroses pour 2001. L’une des têtes de file du secteur, MarchFirst, a ainsi enregistré une perte de 6,8 milliards de dollars au quatrième trimestre 2000 et a prévenu que ses résultats seraient encore pires au premier trimestre 2001. De nombreuses entreprises qui manquaient désespérément de conseils pour leur stratégie sur l’Internet ont depuis appris par elles-mêmes à s’adapter, ou ont tout au moins développé en Intranet l’expertise nécessaire. Entre réel et virtuel Et même si la plupart des sociétés, surtout les plus petites, continuent de faire appel à des conseils externes, les cabinets de consultants spécialistes d’Internet doivent désormais compter avec la concurrence des grands noms traditionnels du conseil. «Nous sommes dans un environnement où les exigences du monde réel doivent reprendre la priorité sur celles du Web», estime Rudy Grahn, analyste chez Jupiter Media Metrix et ancien employé du consultant Internet Agency.com. «Concevoir un site Web et traiter le Web comme un canal distinct du reste de l’activité est une mauvaise attitude». Les entreprises s’aperçoivent désormais que les missions de conseil sont loin d’être aussi indispensables que le croyaient les consultants et leurs clients eux-mêmes. Le portail CNet Networks Inc. se vante ainsi de n’avoir jamais eu recours à des consultants externes et le courtier Wit Soundview a certes admis qu’il y avait fait appel une fois, mais que l’on ne l’y reprendrait plus. Au-delà de la conception Plusieurs consultants tiennent maintenant à prendre leurs distances avec l’image de prestataires somptuaires et inutiles, et préfèrent mettre en avant des services qui vont bien au-delà de la simple conception de sites. «Nous nous décrivons comme une société de stratégies numériques», explique John Sviokla, vice-président de DiamondCluster International Inc., une des rares entreprises rentables du secteur grâce à d’importants clients telle la compagnie d’énergie Enron Corp. «Nous avons une stratégie bien plus profonde que beaucoup de concurrents, notamment grâce à une meilleure connaissance des systèmes et de l’intégration. Nous ne donnons pas seulement des conseils, nous aidons nos clients à extraire des résultats», ajoute-t-il. Les consultants Internet peuvent rester à l’ordre du jour, mais seulement s’ils savent évoluer, estime Bill Seibel, directeur de Zefer Corp., une société qui a licencié 15% de son effectif, et qui compte Siemens AG parmi ses clients. «Il y a un peu plus de deux ans, le métier consistait simplement à savoir comment construire une application sur l’Internet, souligne-t-il. Aujourd’hui, tout le monde sait faire ça».
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Il y a un an, tout le monde s’accordait à croire que les consultants Internet étaient essentiels aux entreprises qui voulaient rester à la page. Aujourd’hui, même les personnes les plus «branchées» se demandent ce qu’ils font vraiment. Ils ont certes dû affronter, comme toutes les autres entreprises liées à l’Internet, des dépenses supérieures aux prévisions et un engouement inférieur à leurs espérances, mais leurs détracteurs avancent des motifs d’inquiétude plus profonds et mettent en doute la valeur ajoutée qu’ils apportent réellement. Le secteur du conseil Internet fut sans doute l’un des plus grands bénéficiaires de la croyance selon laquelle toutes les entreprises devaient inéluctablement basculer sur le Web. Il est rapidement devenu un créneau fort actif, de nombreuses entreprises proposant...