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Actualités - Chronologies

Japon - Nouvelle déconvenue - pour l’énergie nucléaire nipponne

Les habitants d’une petite ville ont plongé le programme nucléaire japonais dans de nouveaux casse-tête en votant contre l’utilisation du combustible recyclé MOX dans une centrale, au grand dam des compagnies européennes promouvant cette nouvelle technologie. Les autorités nippones n’ont pas caché leur embarras après le référendum local organisé dimanche par la ville de Kariwa, à 300 km au nord de Tokyo, sur l’introduction du MOX dans la centrale voisine de Kashiwazaki-Kariwa, considérée comme la plus puissante au monde. 1 925 des 3 605 électeurs, soit 54 % d’entre eux, ont rejeté cette initiative de la compagnie Tokyo Electric Power Co (Tepco), la première compagnie électrique privée mondiale. «Les habitants se sont prononcés, mais nous allons continuer à tenter de les convaincre de la nécessité» du combustible MOX, qui doit remplacer celui à l’uranium, a déclaré Takashi Kurita, un porte-parole de Tepco. Bien que le référendum municipal, le premier de ce type au Japon, n’ait aucune valeur légale, la compagnie a assuré qu’elle n’imposerait pas le nouveau combustible si la population le rejetait. Le Premier ministre Junichiro Koizumi a également estimé que le scrutin démontrait que les habitants «se préoccupaient de la sécurité et de l’utilité des centrales nucléaires. Les pouvoirs publics et les compagnies d’électricité doivent faire des efforts supplémentaires pour expliquer cette énergie», a-t-il demandé. Ce revers survient à un moment critique pour le programme nucléaire japonais qui, avec 51 réacteurs en activité, fournit environ un tiers de l’électricité de ce pays dépourvu de matières premières. Mais une série d’accidents et d’affaires ont brisé sa marche en avant. Un accident et un scandale L’opinion a ainsi été fortement émue par l’accident d’électricité survenu en septembre 1999 dans une usine de combustible à Tokaimura, provoquant la mort par irradiation de deux employés. Dans les mois suivants, un scandale de falsification de données de sécurité sur une cargaison de MOX importée par la compagnie britannique BNFL enfonçait davantage le nucléaire. Depuis ces affaires, l’opinion, jusqu’alors bienveillante, se déclare en majorité opposée à la construction de nouveaux réacteurs, que Tokyo veut porter à plus de 60 à l’horizon 2010, selon les sondages. Pour Tokyo, le nucléaire n’est pas remplaçable à court terme. Il est «très important dans la politique énergétique du Japon», a réitéré lundi Yasuo Fukuda, le secrétaire général du gouvernement. Le MOX occupe une place de choix dans cette stratégie. Combustible contenant des oxydes d’uranium et de plutonium, il permet d’économiser l’uranium naturel et de brûler le plutonium dont le stockage pose un problème de plus en plus aigu au Japon, où les capacités arrivent à saturation. Il est déjà utilisé dans une trentaine de réacteurs en Europe, dont plus de quinze en France, en complément de l’uranium enrichi. La société française Cogema est actuellement le principal fournisseur de MOX pour l’archipel, aux côtés de BNFL et de Belgonucleaire, et a déjà retraité plus de 3 500 tonnes de combustible pour le compte des électriciens japonais en quinze ans. D’ici à la fin de la décennie, le Japon devrait produire lui-même une partie de son MOX dans l’usine qu’il construit à Rokkasho, dans le nord, avec la collaboration de la Cogema. Mais, pour l’association écologique Greenpeace, l’hostilité de l’opinion n’offre «d’autres options au Japon que d’abandonner cette politique», à cause de laquelle «des tonnes de combustible recyclé ne cessent de s’accumuler sans trouver de débouchés».
Les habitants d’une petite ville ont plongé le programme nucléaire japonais dans de nouveaux casse-tête en votant contre l’utilisation du combustible recyclé MOX dans une centrale, au grand dam des compagnies européennes promouvant cette nouvelle technologie. Les autorités nippones n’ont pas caché leur embarras après le référendum local organisé dimanche par la ville de Kariwa, à 300 km au nord de Tokyo, sur l’introduction du MOX dans la centrale voisine de Kashiwazaki-Kariwa, considérée comme la plus puissante au monde. 1 925 des 3 605 électeurs, soit 54 % d’entre eux, ont rejeté cette initiative de la compagnie Tokyo Electric Power Co (Tepco), la première compagnie électrique privée mondiale. «Les habitants se sont prononcés, mais nous allons continuer à tenter de les convaincre de la nécessité» du...