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Actualités - Chronologies

Des stars et des timbres (II)

Dans notre précédent article, nous avons passé en revue l’émission d’une série thématique sur les célébrités de la chanson française. Rappelons-le, la Poste française a rendu hommage, le 21 mai 2001, aux stars de la variété telles que Dalida, Michel Berger et Serge Gainsbourg. Aujourd’hui, nous récidivons ce second volet avec trois autres chanteurs de réputation internationale. Claude François (1939-1978) Comme d’habitude est bien l’œuvre de Claude François même si elle a été interprétée par des dizaines de chanteurs et dans plusieurs langues. Né à Ismaïla, en Égypte, en 1939, Claude François est le fils d’un ingénieur de la Compagnie du Canal de Suez. Son horizon c’est le désert. Son terrain de jeu, une grande maison blanche, luxueuse et feutrée où même les employés de la compagnie viennent veiller avec eux. L’avenir du petit Claude semble tracé : il prendra la succession de son père. Malheureusement, la guerre en décide autrement. La maison familiale est détruite et il faut repartir à zéro. Claude François se mêle aux autochtones, entame des virées nocturnes pour assister aux programmes du «Hollywood», le cinéma de plein air, et surtout découvre la musique aux sons des mélopées orientales. Il avouera par la suite qu’il tient son rythme grâce aux sons des mélopées orientales. Plus tard, il apprend le violon, la batterie, les percussions. En 1956, il arrive à Nice, est embauché comme batteur dans plusieurs orchestres. Il faut attendre six ans pour que le «petit blond» d’Égypte explose avec sa chanson Belles, belles, belles. Son premier passage à l’Olympia le place d’emblée au hit-parade des vedettes yé-yé. En 1963, il déclare à Salut les Copains : «Ce que j’aime dans la vie? Le travail bien fait, la perfection et, surtout, le soleil brûlant. Mon rêve c’est la comédie musicale». Véritable bête de scène, Claude François enchaîne les tubes sur un rythme étourdissant qui requiert une forme olympique. Ses chansons lui attirent une popularité indéfectible auprès des jeunes, qui se retrouvent dans les paroles simples qui parlent d’amour et de tendresse, dans son physique blond et lisse – idéal aux yeux des jeunes filles. Mais Claude François est aussi un travailleur acharné et un homme d’affaires accompli. Il mène sa carrière d’une main de maître, produit des disques à la chaîne, met son sens de l’organisation au service de centaines de galas qui mobilisent chaque fois une cinquantaine de personnes, crée un fan club, un journal – Podium –, ne compte pas ses prestations à la télévision. Bref, Claude devient une vedette mythique littéralement adulée par des générations successives d’enfants et d’adolescents(tes) surtout. Lorsque sa mort par électrocution est annoncée le 11 mars 1978, la France entière est frappée de stupeur et d’incrédulité. Le Moulin de Dannemois, son refuge dans l’Essonne, est devenu un lieu de pèlerinage pour des fans jamais consolés. Et, aujourd’hui encore, on reprend ses chansons comme des ritournelles immortelles. Le tube de l’an 2000? Ces soirées-là, adapté de l’une de ses plus grandes chansons cette année-là. La Poste française rend hommage à Claude François en lui dédiant un timbre-poste doté d’une valeur faciale de 3.00 FF ou 0.46 euro. L’impression du timbre est en héliogravure dans les couleurs : rose, jaune, blanc et violet. Barbara (1930-1997) Née le 9 juin à Paris, Barbara connut le noir de la vie. Son père, qui l’abandonna avec sa mère, meurt en 1949; sa mère, issue d’une grande famille du cirque, se débat dans la vie... À l’âge de l’insouciance, Barbara a connu le noir, mais très vite, elle sent sa vocation, qui est le chant. Barbara se retrouva choriste en opérettes sur la scène du théâtre de Mogador. En 1950, elle débute vraiment dans un cabaret bruxellois, puis à L’Écluse à Paris, où elle interprète Brassens, Brel, Ferré… Son triomphe, elle l’obtiendra en 1963 avec son premier album où l’on découvre Dis, quand reviendras-tu ? puis Göttingen, Ma plus belle histoire d’amour. Cette voix qu’elle va chercher au plus profond d’elle-même, ses thèmes de prédilection oscillant entre amour et mort lui valent l’admiration, l’affection indéfectible de son public. Entre deux albums, deux tournées, elle se réfugie dans sa maison de Précy-sur-Oise où elle mène une véritable existence de recluse entre les chats et les tricots. Elle vit la nuit, dort le jour. Ce qui ne l’empêche pas, en toute discrétion mais avec force, de s’engager dans les causes qui lui sont insoutenables: la maladie, le sida, les prisonniers. Barbara devient au fil des années une star dont chacune des apparitions déclenche une sorte de ferveur qui va toujours croissant. Et puis, un jour de novembre 97, elle succombe en moins de 24 heures à une septicémie foudroyante. «Je n’ai pas vu passer la vie, disait-elle, j’ai chanté». Barbara a enregistré vingt-cinq albums de légende. La Poste française lui rend hommage par l’émission d’un timbre-poste à son effigie. Valeur faciale 3.00 FF ou 0.46 euro. Couleurs: jaune, violet, rose, bleu et blanc. Léo Ferré (1916-1993) Léo Ferré est né à Monaco le 24 août 1916. Il fait des études de droit à Paris. Pendant la guerre, il rentre à Monaco et devient animateur à la radio. La musique et la poésie sont sa passion. Revenu dans la capitale, il rencontre Catherine Sauvage qui lance sa carrière, Jean-René Caussimon et Henri Salvador qui lui font enregistrer son premier 78 tours. Il produit alors beaucoup de disques et se fait remarquer par une forme de cynisme et une ironie acerbe, prémisses d’un tempérament de provocateur. Ainsi, Léo Ferré met en musique douze poèmes des Fleurs du mal de Baudelaire. En 1960, il remporte un grand succès avec Paname et Jolie Même. Dans les années suivantes, sa musique et ses chansons évoluent vers des rythmes plus jazz et plus rock. Il y mélange poésie, tendresse et anarchisme. En 1963 et 1965, il met en musique Verlaine et Rimbaud. En 1969, il connaît un immense succès avec la chanson C’est extra. Léo Ferré aura marqué son temps au point que beaucoup le considèrent comme un écrivain majeur de son époque. André Breton voyait en lui l’un des plus grands poètes du siècle; Aragon jugeait qu’il faudrait écrire l’histoire littéraire un peu différemment à cause de lui; les éditions Seghers lui ont consacré deux ouvrages; son œuvre fait l’objet de travaux universitaires multiples, de doctorats, de mémoires. Il aura touché à tous les styles musicaux: variétés, rock, opéras, musique symphonique, et à tous les styles d’écriture. Léo Ferré en aura agacé certains, mais séduit beaucoup d’autres. Agitateur ou poète, il aura eu ce talent certain d’être l’un et l’autre. Sa mort en 1983 n’a pas mis de terme au débat. La thématique des stars L’idée d’une thématique sur les chanteurs populaires est très récente en France. Elle remonte à la série émise en 1990 placée sous le thème: «Les grands noms de la chanson française». Jacques Brel figure sur le timbre-poste numéroté dans l’Yvert et Tellier nr 2653. Ce timbre fera plus tard l’objet d’un cachet sur lequel on peut lire les premières notes de la chanson Vesoul. Dans cette même série, Georges Brassens y figure fumant sa pipe (Y et T nr 2654). Les années 80-90 ont été prolifiques pour la France en hommage à ces grands artistes comme Maurice Chevalier (Y et T nr 2650) que l’on trouve stylisé sur un timbre-poste avec son canotier. Tino Rossi est timbrifié également pour la première fois le 16 juin 1990 dans cette même série. En 1994, une seconde série intitulée De la scène à l’écran regroupe des chanteurs et artistes de variétés (voir Yvert et Tellier nr 2897 à 2902). Le coup d’envoi sur cette thématique est ainsi donné. Cette série placée sous le thème des «Artistes de la chanson française» vient une fois de plus accroître cette thématique très prisée par les philatélistes.
Dans notre précédent article, nous avons passé en revue l’émission d’une série thématique sur les célébrités de la chanson française. Rappelons-le, la Poste française a rendu hommage, le 21 mai 2001, aux stars de la variété telles que Dalida, Michel Berger et Serge Gainsbourg. Aujourd’hui, nous récidivons ce second volet avec trois autres chanteurs de réputation internationale. Claude François (1939-1978) Comme d’habitude est bien l’œuvre de Claude François même si elle a été interprétée par des dizaines de chanteurs et dans plusieurs langues. Né à Ismaïla, en Égypte, en 1939, Claude François est le fils d’un ingénieur de la Compagnie du Canal de Suez. Son horizon c’est le désert. Son terrain de jeu, une grande maison blanche, luxueuse et feutrée où même les employés de la compagnie...