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Actualités - Chronologies

L’Europe pas certaine de pouvoir respecter Kyoto

Les pays européens, qui critiquent la décision de Washington de renoncer au protocole de Kyoto sur les émissions de gaz à effet de serre, ne sont pas eux-mêmes certains de respecter les objectifs fixés par ce texte. Le principal argument de George Bush pour rejeter l’accord – qui prévoit une réduction de sept pour cent des émissions de gaz à effet de serre par rapport aux niveaux de 1990 – est que cela va nuire à l’économie américaine. La croissance exceptionnelle des années 1990 a fait grimper de 11,2 % le niveau d’émissions aux États-Unis de ces gaz jugés responsables du réchauffement de la Terre. Durant cette même période, l’Europe a réduit ses émissions – de 2,5 % en 1998 et même de 4,0 % en 1999 –, laissant espérer qu’elle serait en mesure de tenir sa promesse de réduction de 8 % d’ici à 2010. Mais ces résultats ne sont pas, loin s’en faut, le seul fait des efforts déployés par le Vieux Continent pour préserver l’avenir de la planète. Ils s’expliquent d’abord par une activité économique moins forte que de l’autre côté de l’Atlantique, et surtout par deux heureuses coïncidences. La réunification de l’Allemagne a en effet conduit à la fermeture de nombreuses industries désuètes et très polluantes de l’Est, faisant chuter les émissions du pays de 16 % en 1998. De son côté, la Grande-Bretagne s’est lancée dans une politique de remplacement du charbon par le gaz naturel, moins polluant, conduisant à une baisse de 9,5 % de ses rejets de gaz à effet à de serre. Comme le rappelle Giulio Volpi, du World Wild Fund for Nature (WWF), de tels événements n’ont aucune chance de se reproduire durant cette décennie. Conséquence : la réduction des émissions de gaz en Europe pourrait se limiter à 1,4 % en 2010 ou même se contenter de stagner par rapport à 1990, loin des objectifs de Kyoto, prévient la Commission européenne dans un rapport publié en novembre. Tout en reconnaissant l’efficacité de certaines mesures – développement des énergies renouvelables, rationalisation des activités industrielles, campagnes «voitures propres» –, la Commission rappelle aussi que, en l’absence de nouvelles mesures, l’Allemagne et la Grande-Bretagne mises à part, les pays de l’UE ont toutes les chances de ne pas respecter les promesses faites à Kyoto. Selon des projections de la Commission, la France, qui doit stabiliser son niveau d’émissions de 1990, est actuellement sur les bases d’une croissance de 11 %. La Belgique et l’Irlande, contraintes de les faire baisser de 7,5 % et 13 % respectivement, pourraient finalement les voir augmenter de 13,5 et 29 %. Richard Baron, expert de l’Agence internationale de l’énergie, basée à Paris, ajoute à cela une incertitude : l’actuelle libéralisation du marché de l’électricité, principalement destinée à faire baisser les prix, et dont les conséquences pour l’environnement restent inconnues.
Les pays européens, qui critiquent la décision de Washington de renoncer au protocole de Kyoto sur les émissions de gaz à effet de serre, ne sont pas eux-mêmes certains de respecter les objectifs fixés par ce texte. Le principal argument de George Bush pour rejeter l’accord – qui prévoit une réduction de sept pour cent des émissions de gaz à effet de serre par rapport aux niveaux de 1990 – est que cela va nuire à l’économie américaine. La croissance exceptionnelle des années 1990 a fait grimper de 11,2 % le niveau d’émissions aux États-Unis de ces gaz jugés responsables du réchauffement de la Terre. Durant cette même période, l’Europe a réduit ses émissions – de 2,5 % en 1998 et même de 4,0 % en 1999 –, laissant espérer qu’elle serait en mesure de tenir sa promesse de réduction de 8 % d’ici à...