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Actualités - Chronologies

Des cinéastes dénoncent - la « hollywoodisation galopante »

De Berlin à Pékin, de Stockholm à Jérusalem, les films américains dominent tous les écrans. En mots et en images, des cinéastes du monde entier ont dénoncé, en marge du Festival de Cannes, cette «hollywoodisation galopante». «La seule liberté que les majors nous accordent, c’est celle de choisir dans quelle salle on va voir le dernier film américain de merde», écrit l’Espagnol Fernando Trueba, l’un des 50 cinéastes interrogés par Les Cahiers du cinéma, dans un dossier de 30 pages passionnantes. À 83 ans, Ingmar Bergman fait le même constat : «Le cinéma américain souligne sa domination en ne prenant même pas la peine de traduire les titres en suédois». Cette «mondialisation-standardisation-américanisation» est devenue un sujet de film, à l’initiative de la Société des réalisateurs de films (SRF). Cannes a découvert en fin de semaine les huit premiers courts métrages reçus des quatre coins du monde, en réponse à la question : «Que vous inspire l’idée selon laquelle la mondialisation met en péril la pluralité de la création cinématographique ?». Le film des poissons de l’Allemande Helma Sanders Brahms est une ode de huit minutes à la grâce des méduses, à l’élégance des hippocampes, à la sensualité des pieuvres... Mais soudain, la lumière s’éteint. Dans l’aquarium de Berlin, on ne voit plus que les requins. Les requins, c’est «l’action», «le frisson»... «Les films requins sont partout. C’est le triomphe absolu du mode de vie requin», conclut la cinéaste. En Allemagne, la part de marché des films américains atteint 85,5 %. De Chine, où 70 % des films du box-office sont américains, Jia Zhangke adresse La condition canine, 5 minutes 30 d’images sans paroles et troublantes : dans un sac de jute, des Chinois laissent s’étouffer des chiots, seul l’un d’entre eux parvient à déchirer le sac. C’est un monologue qu’adresse Amos Gitaï (Kadosh, Kippour) d’Israël, où le cinéma «made in USA» occupe 90% des écrans. Seul devant la caméra, il explique comment le cinéma s’est «homogénéisé», en partant d’une boîte d’ananas : sur l’emballage, on peut lire «Produit aux Philippines, mis en boîte à Hawaii, distribué à San Francisco, étiqueté au Japon»... Enfin, c’est en «se marrant» que l’Égyptien Yousry Nasrallah se présente comme «immondialisable», parce qu’ici «on aime les peaux claires au cinéma».
De Berlin à Pékin, de Stockholm à Jérusalem, les films américains dominent tous les écrans. En mots et en images, des cinéastes du monde entier ont dénoncé, en marge du Festival de Cannes, cette «hollywoodisation galopante». «La seule liberté que les majors nous accordent, c’est celle de choisir dans quelle salle on va voir le dernier film américain de merde», écrit l’Espagnol Fernando Trueba, l’un des 50 cinéastes interrogés par Les Cahiers du cinéma, dans un dossier de 30 pages passionnantes. À 83 ans, Ingmar Bergman fait le même constat : «Le cinéma américain souligne sa domination en ne prenant même pas la peine de traduire les titres en suédois». Cette «mondialisation-standardisation-américanisation» est devenue un sujet de film, à l’initiative de la Société des réalisateurs de films (SRF)....