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Actualités - Opinions

La France interdite

Lorsque je lis, dans l’annonce publicitaire d’un film, «français» de surcroît, que le César de la meilleure «actrisse» a été remporté dans ce film; lorsque, chaque fois que dans un film américain un personnage se fait traiter de «salaud» et que le traducteur écrit «salop», je me dis à l’instar de Hamlet «qu’il y a quelque chose de pourri dans le royaume de la francophonie». Car francophonie, il y a. Pas question d’être ou de ne pas être. Francophonie, nous prônons, francophonie, nous défendons. Comme mon ami François Harfouche, qui écrit dans la langue de Molière l’histoire universelle. Et qui se plaint de la médiocrité de l’affiche relative à l’événement que nous vivons cette année. Moi, si j’ai à me plaindre, ce n’est pas de l’affiche – après tout, tous les goûts sont dans la nature – mais du peu d’intérêt qui se manifeste, pour l’occasion, sur nos chaînes télévisées. Certes, l’une consacre, une fois dans la semaine, un magazine qu’éclairent les yeux d’Elsa (où es-tu, Aragon). Certes, il y a la jeune équipe qui ponctue en français les programmes de la chaîne non-stop. Mais à part ceux-là, que font les autres, sinon pitié? Et qu’on ne me dise surtout pas que nous n’avons pas, sur place, les éléments humains capables d’animer des émissions en français: je me permets d’en douter. Si tel était le cas, pourquoi ne pas dès lors s’assurer la diffusion de programmes sélectionnés de certaines chaînes françaises? Et d’avoir la décence de ne pas le faire à une heure à laquelle personne ne regarde plus son petit écran. On aurait ainsi la satisfaction de constater à quel point Arthur Delarue, Dechavanne, Foucault, Ruquier, Michel Field, Chazal, PPDA et les autres copient, singent, imitent sans vergogne nos gloires télévisées locales. P.S.: La France interdite, documentaire de long métrage de Gilles Delannoy (1983).
Lorsque je lis, dans l’annonce publicitaire d’un film, «français» de surcroît, que le César de la meilleure «actrisse» a été remporté dans ce film; lorsque, chaque fois que dans un film américain un personnage se fait traiter de «salaud» et que le traducteur écrit «salop», je me dis à l’instar de Hamlet «qu’il y a quelque chose de pourri dans le royaume de la francophonie». Car francophonie, il y a. Pas question d’être ou de ne pas être. Francophonie, nous prônons, francophonie, nous défendons. Comme mon ami François Harfouche, qui écrit dans la langue de Molière l’histoire universelle. Et qui se plaint de la médiocrité de l’affiche relative à l’événement que nous vivons cette année. Moi, si j’ai à me plaindre, ce n’est pas de l’affiche – après tout, tous les goûts sont dans la...