Les professionnels du porno, réunis mercredi soir à Cannes pour une dixième cérémonie des «Hot d’or» presque bon chic bon genre, ont mis à l’honneur une brunette de 21 ans, l’actrice-réalisatrice Ovidie, aux discours d’«intello» féministe et branchée. Les éditeurs du magazine Hot vidéo ont décerné des trophées d’honneur à deux acteurs du X ayant fait une incursion dans le cinéma traditionnel: l’étalon italien Rocco Siffredi (dirigé par Catherine Breillat dans Romance), absent pour cause de tournage en Hongrie, et la jeune Française Ovidie, au générique du Pornographe de Bertrand Bonello présenté au Festival de Cannes. «Contrairement à ce qu’on pourrait penser, la cérémonie de remise des trophées du X n’est ni vulgaire ni choquante», avaient averti les organisateurs, désormais interdits de séjour au Royal Hôtel de Mandelieu et rejetés par le festival comme par le nouveau maire de Cannes, Bernard Brochand (RPR). Copiée sur celle des Oscars, la soirée se déroulait cette fois dans un hôtel cannois éloigné de la Croisette. Descendues d’une limousine blanche, les héroïnes aux poitrines arrogantes de Froide mais accueillante ou des Douze coups de minuit posèrent de bonne grâce au milieu d’une centaine de fans. Puis les 600 invités en tenue de soirée attendirent sagement leur tour au buffet très garni, «le plus prisé du festival» selon les oiseaux de nuit. Un condom dans chaque verre S’ils n’avaient pas découvert un préservatif dans chaque verre, les invités auraient presque pu s’imaginer au dîner d’un gala de charité, où les smokings croiseraient des robes longues échancrées. Il y eut des souvenirs émus : «Quand j’ai vu pour la première fois mon vagin sur grand écran, j’ai dit “Ouah, c’est moi”. J’en étais très fière», conta l’Américaine Sharon Mitchell, une retraitée du X désormais en lutte contre le sida et les MST. Il y eut des confessions, la présentatrice avouant que «sa robe la moulait tellement qu’elle n’avait rien pu mettre dessous». Et il y eut du militantisme : le fondateur du magazine pornographique Hustler, Larry Flynt, dont la vie inspira un film à Milos Forman, revendiqua une liberté absolue d’expression. Puis «la personnalité du métier la plus médiatisée», Ovidie, se vit décerner le trophée du meilleur scénario, pour un porno «d’esprit gothique» inspiré par «les films d’Ed Wood». Aux journalistes, elle se décrivit volontiers comme «issue de la classe moyenne supérieure», «ancienne punk», «végétalienne», «mariée monogame», soucieuse de faire des films qui respectent la femme... «C’est vrai que je me suis demandée si j’entrais dans la catégorie des “bobos” (bourgeois bohèmes) à la mode, dit-elle, mais je crois que non. Les bobos s’attachent juste à l’image, moi je suis toujours sincère». La cérémonie, elle, resta à peu près décente jusqu’à ce qu’une actrice donne à filmer son entrejambe. Vers 1h, la fête fut transférée dans une boîte survoltée, où les starlettes apparurent nettement moins habillées. À 2h, la plupart des acteurs quittèrent la salle trop comble du Whisky à gogo, juste avant l’arrivée du prince Albert de Monaco, et le strip-tease d’une starlette échauffée.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les professionnels du porno, réunis mercredi soir à Cannes pour une dixième cérémonie des «Hot d’or» presque bon chic bon genre, ont mis à l’honneur une brunette de 21 ans, l’actrice-réalisatrice Ovidie, aux discours d’«intello» féministe et branchée. Les éditeurs du magazine Hot vidéo ont décerné des trophées d’honneur à deux acteurs du X ayant fait une incursion dans le cinéma traditionnel: l’étalon italien Rocco Siffredi (dirigé par Catherine Breillat dans Romance), absent pour cause de tournage en Hongrie, et la jeune Française Ovidie, au générique du Pornographe de Bertrand Bonello présenté au Festival de Cannes. «Contrairement à ce qu’on pourrait penser, la cérémonie de remise des trophées du X n’est ni vulgaire ni choquante», avaient averti les organisateurs, désormais interdits de...