Le plan Bush pour l’énergie remet en grâce l’énergie nucléaire en prévoyant la construction de nouveaux réacteurs, le choix d’un site pour le stockage des déchets ainsi que la possibilité de les retraiter, une technologie délaissée par les États-Unis depuis 25 ans. Le nucléaire compte actuellement pour 20 % de la production d’électricité aux États-Unis grâce à 103 réacteurs produisant au total 754 milliards de kilowatts/heure. Mais la dernière tranche est entrée en service à la fin des années 70, au moment de l’accident de la centrale de Three Mile Island (Pennsylvanie) en 1979 qui a jeté l’opprobre sur cette technologie auprès de l’opinion publique américaine. «Il y a plusieurs raisons pour lesquelles le développement de l’énergie nucléaire s’est arrêté dans les années 80. Des changements dans la réglementation décidés après l’accident de Three Mile Island ont allongé le processus d’obtention des licences d’exploitation d’une moyenne de 14 ans, provoquant d’importants surcoûts», souligne le rapport sur l’énergie présenté jeudi par George W. Bush. «Les préoccupations grandissantes de l’opinion publique sur la sûreté des centrales nucléaires après cet accident ont entraîné une opposition à des nouvelles centrales et la dernière dont la construction a été achevée a été commandée en 1973», rappelle-t-il. Le plan souligne que le nucléaire permet de produire de l’énergie sans dégager de gaz contribuant à l’effet de serre. Les réacteurs actuellement en service sont non seulement plus fiables mais tournent à près de 90 % de leurs capacités au lieu de 70 % il y a 25 ans. «Cette amélioration des performances a contribué à abaisser le coût de la génération d’électricité nucléaire qui est maintenant concurrentiel avec celui d’autres sources», affirme le rapport. Selon des chiffres cités par l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA), le coût moyen de l’électricité produite par le nucléaire est tombé en 1999 à 1,83 cent par kw/h pour 2,07 cents pour celle des centrales à charbon, 3,18 cents pour le pétrole et 3,52 cents pour le gaz naturel. Le rapport affirme qu’il serait possible actuellement de produire 2 000 mégawatts de plus par an en portant le taux d’utilisation des capacités des réacteurs existants à 92 % et 12 000 mégawatts supplémentaires avec des améliorations techniques. Les licences d’exploitation pourraient être prolongées de 20 ans pour 90 % des centrales actuellement en service et la loi Price-Anderson, qui limite la responsabilité financière des exploitants de centrales nucléaires en cas d’accident, voir son champ d’application étendu. Le rapport juge que «beaucoup des sites actuels ont été construits pour accueillir de quatre à six réacteurs et n’en abritent actuellement que deux ou trois» ce qui éviterait d’en choisir de nouveaux. Reste la question des déchets. «Pour l’instant, les déchets sont entreposés localement sur les sites. Le département de l’Énergie a dix ans de retard sur le calendrier mais a fait des progrès dans la certification du site de Yucca Mountain (Nevada)», indique le rapport. Il rappelle toutefois que les études d’impact sur la santé et l’environnement ne sont pas terminées. Le plan Bush envisage aussi de relancer le retraitement des déchets comme la France le fait à l’usine de la Hague et le Royaume-Uni à Sellafield. Cette technique a été abandonnée par les États-Unis sous la présidence de Jimmy Carter à la fin des années 70. Il fait également référence au développement de nouvelles techniques, à la fois pour le traitement des déchets, comme leur transmutation, ou pour la production d’électricité nucléaire, tel le réacteur PBMR (pebble bed modular reactor) refroidi à l’hélium et dont l’encombrement est bien moindre qu’un réacteur conventionnel.
Le plan Bush pour l’énergie remet en grâce l’énergie nucléaire en prévoyant la construction de nouveaux réacteurs, le choix d’un site pour le stockage des déchets ainsi que la possibilité de les retraiter, une technologie délaissée par les États-Unis depuis 25 ans. Le nucléaire compte actuellement pour 20 % de la production d’électricité aux États-Unis grâce à 103 réacteurs produisant au total 754 milliards de kilowatts/heure. Mais la dernière tranche est entrée en service à la fin des années 70, au moment de l’accident de la centrale de Three Mile Island (Pennsylvanie) en 1979 qui a jeté l’opprobre sur cette technologie auprès de l’opinion publique américaine. «Il y a plusieurs raisons pour lesquelles le développement de l’énergie nucléaire s’est arrêté dans les années 80. Des...
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