Le ministre israélien des Affaires étrangères Shimon Peres a exprimé hier son regret pour le meurtre par l’armée de cinq policiers palestiniens en Cisjordanie. «Je regrette beaucoup le meurtre des cinq policiers palestiniens», a indiqué M. Peres à des journalistes, ajoutant : «Si c’est une erreur, je suis sûr que cela n’a pas été fait intentionnellement. La guerre a son prix et ses erreurs». La mort de cinq policiers palestiniens tués par l’armée israélienne près de Ramallah (Cisjordanie) dans la nuit de dimanche à lundi était une «erreur» due à de «mauvais renseignements», a par ailleurs indiqué un haut responsable israélien. «Les soldats pensaient qu’ils attaquaient une position occupée par des membres de la Force 17 (la garde présidentielle palestinienne) ou d’un autre service de sécurité qui, depuis deux semaines, tiraient quotidiennement vers un camp militaire israélien et une route stratégique située à proximité», a poursuivi ce responsable. «Les militaires ne savaient pas que les membres de la Force 17 avaient été remplacés par des policiers qui, eux, ne se livraient pas à des activités terroristes», a-t-il ajouté. «Depuis deux semaines, nous avons changé de tactique et prévenu que nous allions attaquer sans préavis dans les secteurs à partir desquels les Palestiniens tirent sur nos soldats ou sur des civils (colons)», a ajouté ce responsable. Pour sa part, le chef d’état-major israélien, le général Shaul Mofaz, a proposé de constituer une commission d’enquête sur cet incident lors d’une comparution à huis clos mardi devant la commission de la Défense et des Affaires étrangères du Parlement, en laissant lui aussi clairement entendre qu’une erreur avait été commise. «Il faut enquêter sur cet incident et si en fin de compte il s’avère qu’une erreur a été commise nous n’aurons pas honte de l’admettre», a affirmé le général Mofaz, cité par la radio militaire. Le ministre de la Défense Binyamin Ben Eliezer a pour sa part affirmé à la radio militaire qu’il ne «faut pas oublier que des Palestiniens ont tiré des dizaines de fois vers un camp militaire à partir du secteur où les policiers ont été tués». La radio a précisé que M. Ben Eliezer avait donné son feu vert à l’opération. Le meurtre des cinq policiers a été qualifié d’«assassinat» par le président palestinien Yasser Arafat. Les cinq hommes ont apparemment été surpris dans leur abri de tôle de Beitunia, à l’entrée de la zone autonome de Ramallah, après leur repas. Parmi eux, deux ont été tués dans leur sommeil et deux autres alors qu’ils tentaient de prendre la fuite, selon des témoins palestiniens. Dans un premier temps, des responsables militaires ont prétendu que les soldats avaient ouvert le feu vers des «silhouettes suspectes» dans un secteur où des Palestiniens avaient tiré à multiples reprises vers des soldats. Les médias israéliens ont ouvertement mis en cause le bien-fondé et l’opportunité de l’opération. Le député arabe israélien Ahmad Tibi a traité mardi au Parlement le général Mofaz de «fasciste» et d’«assassin d’enfants». «Cet homme est responsable de l’assassinat, de sang-froid, de cinq policiers palestiniens, c’est un fasciste», a-t-il affirmé provoquant un tollé à la Knesset.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le ministre israélien des Affaires étrangères Shimon Peres a exprimé hier son regret pour le meurtre par l’armée de cinq policiers palestiniens en Cisjordanie. «Je regrette beaucoup le meurtre des cinq policiers palestiniens», a indiqué M. Peres à des journalistes, ajoutant : «Si c’est une erreur, je suis sûr que cela n’a pas été fait intentionnellement. La guerre a son prix et ses erreurs». La mort de cinq policiers palestiniens tués par l’armée israélienne près de Ramallah (Cisjordanie) dans la nuit de dimanche à lundi était une «erreur» due à de «mauvais renseignements», a par ailleurs indiqué un haut responsable israélien. «Les soldats pensaient qu’ils attaquaient une position occupée par des membres de la Force 17 (la garde présidentielle palestinienne) ou d’un autre service de sécurité...