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Actualités - Chronologies

L’Empire ottoman (IV)

Cette collection amusante et peu onéreuse de l’Empire ottoman révèle les noms des villes et des capitales oblitérées sur des timbres de la Turquie. Cette recherche philatélique est d’autant plus intéressante qu’elle nous apprend l’histoire et la géographie de notre région à travers les timbres-poste. Nombreux sont les philatélistes professionnels qui ont consacré plusieurs albums de timbres à cette thématique de l’Empire ottoman. Le quatrième article de cette série se rapporte aux oblitérations des villes à l’extérieur du territoire turc à proprement parler. Les collectionneurs libanais n’en reviennent pas. Des timbres turcs avec des cachets de Beyrouth, de Zahlé, de la Békaa, de Chaaba, etc. Ils restent émerveillés devant ces timbres-poste ottomans de 1865 avec les oblitérations de nos villes libanaises. En examinant bien le sujet, nous pouvons identifier les oblitérations de certaines villes libanaises (voir notre article L’Orient-Le Jour – Empire ottoman III): Békaa – Baabda – Batroun – Tripoli – Zahlé – Baalbeck – Marjayoun – Saïda – Baakline – Beiteddine – Djounié – Rachia– Chaaba... D’autres villes sont aussi mentionnées sur les oblitérations des timbres-poste de l’Empire ottoman. Nous les signalons ci-dessous : Tarsus : Il s’agit de l’ancienne capitale du royaume chrétien de la Petite Arménie, passée ensuite aux Mamelouks puis aux Ottomans. Cavalle : Les collectionneurs des bureaux français à l’étranger connaissent bien cette oblitération. Ravadar : Aujourd’hui en Yougoslavie. R.O. : Une surcharge R.O. existe sur des timbres de l’Empire ottoman datant de 1880. Il s’agit des timbres de la Roumélie orientale. Kalimnos : Actuellement en Grèce. Scutari : C’est le nom italien de Schkobar, en Albanie. En 1913, la principauté de Scutari est possession vénitienne tout comme certains autres comptoirs en Adriatique, en Méditerranée orientale (Chypre et la Crète) et dans le Péloponèse. Aujourd’hui, la ville de Scutari a pris le nom de Uskudar. Thrace : Cette région, située sur la côte nord de la mer Égée, est administrée par les Turcs jusqu’à la première guerre des Balkans. Occupée par la Bulgarie, elle lui est cédée au traité de Londres. Lors de la seconde guerre balkanique, les Grecs l’occupent un temps et prennent les villes de Dedêagatz et Gumultsina , aujourd’hui respectivement Alexandrhoupolis et Komotini. En juillet et août 1913, des timbres bulgares sont utilisés dans la première ville et des timbres turcs dans la seconde, surchargés en grec dans les deux cas. Ces surcharges sont supprimées en septembre au départ des troupes grecques. Occupée à nouveau par la Bulgarie puis restituée à l’Empire ottoman peu après, la Thrace a été au cœur de conflits qui ont agité les Balkans à cette époque. Des entiers postaux et une «série provisoire» sont émis en 1913. Ils sont oblitérés avec un cachet caractéristique «en négatif». En octobre 1913, la Thrace occidentale de prédominance musulmane fait sécession et forme une République autonome qui émet ses propres timbres-poste. Mais au sortir de la Première Guerre mondiale, la région est réunifiée et donnée à la Bulgarie par le traité de Bucarest. Ce sont des timbres bulgares qui sont alors utilisés. Philippoli : Cette mention se lit sur les oblitérations triangulaires des timbres de l’Empire ottoman de 1885 postés en Roumélie orientale, aujourd’hui la Bulgarie. Brousse : Située à 90 km d’Istanbul, sur le flanc du Mont Olympe, la ville de Brousse fut la capitale des Ottomans de 1327 à 1453. Les oblitérations de Brousse sont très nombreuses. Edirne ou Andrinople : Ville de Turquie d’Europe, sur la Maritza, elle fut comme Smyrne, vidée de sa population grecque en 1923. Elle compte aujourd’hui 90 000 habitants, alors qu’elle en comptait 200 000 au début du siècle. Erzeroun : Cette ville commerçante de Turquie, ancienne capitale de l’Arménie turque, est située près de Kara-Sou (Euphrate occidental) à 1 950 mètres d’altitude. Erzeroun dispose d’une citadelle bâtie au début du Ve siècle. La ville a été conquise en février 1916 par les troupes du grand-duc Nicolas de Russie, mais évacuée en 1918 sur l’ordre du gouvernement bolchévique. Les cachets d’oblitérations d’Erzeroun sont aussi nombreux que ceux de Brousse. Plusieurs autres oblitérations de villes se rencontrent parmi cette thématique de l’Empire ottoman, entre autres je cite les plus connues : Hania, Galata, Marsoula, Stamboul, Kilis, Dar Békir, Bousra, Malatia, Gergine, Karaman, Kafarnaoum, Gallipoli, Mersine, Ada-pazari ou Sakarya, Darsaghan, Andoz, Haydar Pacha, Aintab ou Gaziantep, Alexandrie, Monastir, Cavalli, Mardine Boston, Savour, Ismid, Arnaoud-Keiji, Halsab, Mahmoud Bacha, Tireboli. Certaines autres oblitérations n’ont pas été répertoriées, faute d’archives appropriées. C’est le cas de ce mystérieux cachet libellé Mahmoud Bacha ou encore de cette curieuse mention de Mardine Boston. Peut-être que certains lecteurs éclairés pourront enrichir notre documentation de leurs recherches personnelles?
Cette collection amusante et peu onéreuse de l’Empire ottoman révèle les noms des villes et des capitales oblitérées sur des timbres de la Turquie. Cette recherche philatélique est d’autant plus intéressante qu’elle nous apprend l’histoire et la géographie de notre région à travers les timbres-poste. Nombreux sont les philatélistes professionnels qui ont consacré plusieurs albums de timbres à cette thématique de l’Empire ottoman. Le quatrième article de cette série se rapporte aux oblitérations des villes à l’extérieur du territoire turc à proprement parler. Les collectionneurs libanais n’en reviennent pas. Des timbres turcs avec des cachets de Beyrouth, de Zahlé, de la Békaa, de Chaaba, etc. Ils restent émerveillés devant ces timbres-poste ottomans de 1865 avec les oblitérations de nos villes...