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Actualités - Chronologies

Arafat entre le marteau d’Israël et l’enclume de la rue

Mis en cause par Israël qui le tient pour responsable des attaques palestiniennes et poussé à la fermeté par son peuple, le président Yasser Arafat est confronté au dilemme de relancer le processus de paix sans perdre le soutien de la rue. Israël a imputé dimanche à l’Autorité palestinienne de M. Arafat la responsabilité d’un attentat-suicide qui a fait deux morts près de Tel-Aviv, au lendemain d’une nouvelle rencontre sécuritaire israélo-palestinienne. «Arafat est la première victime de l’effondrement du processus de paix et il restera dans une impasse en l’absence de perspectives pour une reprise de ce processus», a déclaré l’analyste palestinien Ghassan al-Khatib, du Jerusalem Media and Communication Center (JMCC). «La seule issue à cette impasse réside dans une reprise du processus de paix mais les chances sont quasi nulles tant qu’Ariel Sharon (le Premier ministre israélien) est au pouvoir», a-t-il ajouté. M. Sharon, élu en février sur la promesse de rétablir la sécurité, refuse de reprendre les négociations avec les Palestiniens avant que cesse l’intifada. M. Arafat, face aux violentes représailles d’Israël contre les forces et les infrastructures de l’Autorité palestinienne, a certes ordonné à sa police de faire cesser les tirs de mortier contre des cibles israéliennes, mais il s’est clairement prononcé à plusieurs reprises pour une poursuite du soulèvement en Cisjordanie et dans la bande de Gaza. Israël accuse l’Autorité palestinienne de ne rien faire pour empêcher les attentats, voire de les encourager. «L’Autorité palestinienne et ses forces de sécurité assument l’entière responsabilité de ce qui se passe», a déclaré un porte-parole du gouvernement israélien, Raanan Gissin, après l’attentat-suicide de dimanche dans la ville de Kfar Saba. «Ils (les responsables palestiniens) sont censés arrêter les actes terroristes. Non seulement ils ne le font pas, mais ils aident et soutiennent les activités terroristes», a ajouté M. Gissin selon lequel les commanditaires de l’attentat «en payeront le prix». «Sur le terrain, il n’y a aucune indication qu’Arafat a émis des ordres et que des mesures ont été prises pour arrêter ces actions terroristes», a-t-il poursuivi. D’après M. Khatib, «Yasser Arafat ne peut renoncer au processus de paix car il perdrait sur le plan diplomatique et s’aliénerait la communauté internationale, ni prendre ses distances vis-à-vis de l’intifada». «Il tente de jongler avec les deux options, ce qui le place dans une situation très difficile», a-t-il estimé. «Sa position internationale s’est détériorée mais il est aujourd’hui plus populaire chez lui grâce à ses prises de position en faveur de l’intifada», a-t-il ajouté. L’attentat de Kfar Saba s’est produit quelques heures après une rencontre sécuritaire israélo-palestinienne, sous parrainage américain, destinée à faire baisser la violence. «Tout le peuple palestinien rejette les rencontres sécuritaires et toutes les factions palestiniennes exigent qu’elles cessent», a déclaré un dirigeant du mouvement intégriste Hamas à Gaza, Abdelaziz al-Rantissi. Selon M. Khatib, en dirigeant ses représailles vers des cibles de l’Autorité palestinienne, Israël cherche à affaiblir M. Arafat et le mettre sous pression pour qu’il fasse cesser l’intifada. «Pour l’instant, Israël ne cherche pas à provoquer l’effondrement de l’Autorité palestinienne parce qu’il réalise que Yasser Arafat est le seul homme capable d’unifier les Palestiniens et qu’il ne trouvera pas un autre interlocuteur», estime-t-il.
Mis en cause par Israël qui le tient pour responsable des attaques palestiniennes et poussé à la fermeté par son peuple, le président Yasser Arafat est confronté au dilemme de relancer le processus de paix sans perdre le soutien de la rue. Israël a imputé dimanche à l’Autorité palestinienne de M. Arafat la responsabilité d’un attentat-suicide qui a fait deux morts près de Tel-Aviv, au lendemain d’une nouvelle rencontre sécuritaire israélo-palestinienne. «Arafat est la première victime de l’effondrement du processus de paix et il restera dans une impasse en l’absence de perspectives pour une reprise de ce processus», a déclaré l’analyste palestinien Ghassan al-Khatib, du Jerusalem Media and Communication Center (JMCC). «La seule issue à cette impasse réside dans une reprise du processus de paix mais les...