Le cross-country est une tradition française et un révélateur pour le demi-fond qui mérite une plus grande attention, estimait José Marajo, le responsable fédéral, au lendemain des Mondiaux d’Ostende d’où la France ramenait deux médailles par équipes. «On devrait s’intéresser plus au cross car c’est notre seul moyen de détecter les jeunes, expliquait le coordinateur national du demi-fond avant de quitter les plages de la mer du Nord. C’est toujours très populaire en France, pour preuve les milliers de gens qui répondent à l’appel des grands cross nationaux. Le cross ne demande qu’à se développer. Et cela aiderait les entraîneurs». José Marajo lance même un appel aux media, particulièrement la télévision : «Nous sommes prêts à les aider pour en assurer une bonne couverture, à dire où placer les caméras... Et s’ils veulent de belles images, le cross peut leur en donner». Sur le plan sportif, la performance collective, particulièrement des garçons (2e du cross long), doit selon lui servir de leçon pour l’athlétisme français : «Nos athlètes ont du talent et ils ont montré que si tous veulent bien se donner la main, même les filles (3e par équipes, cross long), ils peuvent faire de belles choses». Il envisage notamment une belle saison en plein air pour Driss El Himer, le leader incontesté du cross français qu’il a mené au titre européen par équipes (3e individuel) en décembre puis à cette place de vice-champion du monde (6e individuel) derrière le Kenya. «Sur la piste, Driss peut faire le 5 000 m en moins de 13 min 5 sec en terminant très vite», assure Marajo qui regrette que, pour des raisons professionnelles, Mickaël Thomas ne puisse exprimer tout son talent sur 10 000. «Quant aux filles, on connaît leur potentiel. Yamna (Belkacem, 7e du cross long) doit confirmer sa saison 2000 et effacer sa médiocre prestation des Jeux». Globalement, le Kenya est resté la nation phare du cross en empochant la moitié des titres en jeu (6) et un tiers des médailles (13). Il n’empêche que les coureurs des hauts-plateaux ont laissé échapper pour la deuxième fois de suite le titre du cross long et même la médaille d’argent. Ce qui n’a pas particulièrement surpris Marajo. «Il y a quelques années, Paul Ereng (ancien champion kényan) m’a dit que les Kényans auraient un jour des problèmes, car ils sont bons de plus en plus tôt et on n’aura bientôt plus le temps de les former». De plus, le reste du monde ne vient plus aux Mondiaux de cross avec ce sentiment d’infériorité. À l’image du Belge Mohammed Mourhit, patron de la spécialité depuis 2000, des Américains, surprenants 3e par équipes, et de Driss el-Himer, qui a longtemps taquiné le podium individuel.
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