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Actualités - Reportages

Le plaisir du collectionneur

Comment faire percevoir à ceux qui ne l’ont pas connu le plaisir que l’on ressent à manipuler ces sacrés petits morceaux de papier, à plonger sa pince dans une montagne de timbres fraîchement acquis. À ce plaisir, presque physique, sensuel même, s’ajoute celui de l’esthétique qui s’extasie devant tant d’artistes connus ou inconnus qui ont su maîtriser la difficile gageure d’exprimer tant de choses sur si peu de centimètres carrés. Et que dire du plaisir intellectuel qu’apporte la compétence philatélique à celui qui la possède lorsqu’il découvre l’oblitération rare, l’affranchissement exceptionnel, la variété connue des seuls spécialistes ! Avec, en prime, le plaisir de la bonne affaire, un plaisir renforcé par la certitude de ne pas la devoir qu’à son savoir. Plaisir encore est celui, sentimental et émotif, que nous offre le timbre, ou la lettre, témoin de l’histoire, de la détresse ou de la joie éphémère des hommes, de cette tranche de vie qui nous relie à notre passé. Cette somme de plaisirs, on la rencontre dans la collection de timbres-poste où de petits rectangles de papier, dont les plus laids sont souvent les plus rares, font souvent la joie du collectionneur. Monet en son jardin À la charnière de l’Île-de-France et de la Normandie, au cœur d’un paysage où les colombages et les pommiers sont déjà à leur juste place, Claude Monet a laissé son empreinte. Et même l’empreinte des couleurs qu’il affectionnait dans les allées fleuries du jardin de Giverny. Noyé dans la verdure, le petit village de Monet vit parfois des embouteillages pédestres ! Tout au long de l’année, les amateurs de peinture et les autres viennent admirer l’antre de Claude Monet. Un mois à peine après s’y être installé en avril 1883, il écrivait : «Je suis dans le ravissement, Giverny est un pays splendide pour moi...». C’est en effet ici, dans ce cadre champêtre, qu’il peignit en particulier les immenses toiles des Nymphéas que l’on peut voir à Paris aux musées de l’Orangerie et de Marmottan. La propriété acquise par le peintre, où il vécut jusqu’à sa mort en 1926, domine le cours de l’Epte dont les eaux ont eu une influence marquante sur le travail du maître qui affichait une passion sans borne pour les jardins et les fleurs. D’ailleurs, Georges Clemenceau, parlant de son ami, disait : «Son jardin était son atelier». En effet, jusqu’à la fin de sa vie, seul son jardin, source de tant de toiles, occupait sa pensée. Grâce à d’énormes travaux de restauration, la propriété a retrouvé sa splendeur passée. En pénétrant dans les différentes pièces de la grande maison, on demeure frappé par la variété des coloris. D’ailleurs, la maison avec son crépi rose de briques pilées, ses portes et volets verts n’évoque-t-elle pas immédiatement un tableau impressionniste du siècle dernier ? C’est l’artiste lui-même qui a choisi toutes les couleurs habillant ce qui aurait pu devenir un autre tableau. À l’extérieur, grâce au talent des nouveaux jardiniers, le clos normand, avec les deux ateliers et les serres, prolonge le jardin d’eau avec le fameux bassin aux nymphéas et le pont japonais. Aujourd’hui encore, grâce aux innombrables variétés de fleurs, quelle que soit la couleur du ciel, la beauté éclate au détour de chacune des allées de ce grandiose hymne à la nature. Depuis peu, le nouveau musée américain de Giverny présente des œuvres de jeunes artistes d’outre-Atlantique venus étudier la peinture aux côtés du grand maître. Pour de plus amples renseignements sur l’artiste, vous pouvez écrire au Musée Claude Monet, 84, rue Cl. Monet, 27 260. Effigie Monet La Poste française a illustré l’effigie du peintre Monet sur un timbre-poste émis en 1980 sous le numéro 2 096 du catalogue Yvert et Tellier. Un second timbre français a honoré le centenaire de la naissance de Jean Monet (1888-1979) en illustrant le portrait du Père de l’Europe. Le timbre est catalogué sous le numéro 2 533 dans l’Yvert et Tellier. Tableaux Monet La Poste française a reproduit en 1972 un premier tableau de Claude Monet sur un timbre-poste de grand format illustrant l’œuvre artistique intitulée Femmes au jardin (voir Y et T n° 1 703). Un second tableau de Monet a été reproduit sur un timbre le 31 mai 1999 faisant partie intégrante de la série artistique de la thématique des tableaux des timbres de France ; il s’agit de l’œuvre de Monet intitulée Effet du soir. Sandro Boticelli Grand maître du Quattrocento, redécouvert après plusieurs siècles d’oubli, Sandro Boticelli laisse sur la toile cet indispensable frémissement de la lumière sur les visages de beautés célestes. Violet, vert, gris et pêche : les couleurs du timbre-français émis en février 2000 reflètent la passion et l’humanisme de l’artiste disparu en 1510. Grandeur et décadence d’un Boticelli magnifique dans son siècle et plus tard dans l’histoire de l’art. Artiste choisi par les princes pour fixer le temps et les images d’une époque forte : la Renaissance. Florence et ses fastes, les Médicis et leur pouvoir, le pape et sa magnificence, Sandro Boticelli a peint et dépeint les scènes intemporelles, du profane et du religieux. Boticelli, de son vrai nom Alessandro di Mariano Filipepi, est né à Florence. Il fit son apprentissage chez Lippi, puis il collabora avec le peintre et graveur Pollaiolo. Il travailla surtout dans l’atelier de Verrocchio, où il rencontra le jeune Léonard de Vinci. Sandro Botticelli se démarque par ses œuvres empreintes d’humanisme et de grâce pré-romantique. Botticelli le maniériste, le passionné du détail, donne à voir la lumière dans un flux limpide de couleurs tendres. Platon, les muses, l’amour, la passion ne sont jamais loin. Le Printemps résumera cette sensibilité inquiète de la destinée de l’homme. À la demande du pape Sixte IV, Sandro peint les épisodes de la vie de Moïse et de celle du Christ. De retour à Florence, le peintre réalise La Naissance de Vénus et une série de plaques, des tableaux ronds et des commandes pour les églises florentines. Un timbre-poste français émis en février 2000 illustre le tableau intitulé Vénus et les grâces offrant des présents à une jeune fille. Cette œuvre reflète l’idéal classique des beautés célestes. Extraite d’une fresque peinte vers 1483 provenant de Florence, l’œuvre peut se lire aussi en ce début du siècle comme une offrande à l’éternel féminin. Une autre fresque de Sandro Boticelli apparaît sur un timbre-poste français émis en 1992. À l’occasion du 500e anniversaire de la fondation d’Ajaccio, la Poste française a représenté un détail d’une œuvre de Sandro Boticelli imprimée en héliogravure et cataloguée sous le numéro 2 754 dans l’Yvert et Tellier. L’art américain La Poste des États-Unis a présenté en 1998 un feuillet avec 20 timbres-poste représentant des œuvres d’art créées par des artistes les plus importants de l’histoire américaine. Ce feuillet contenant 20 timbres différents a été mis en circulation le 27 août 1998 pour célébrer l’art américain pendant 4 siècles. Il s’agit des œuvres créées par John Foster, The Freake Limner, Amni Philips, Rembrandt Peale, John James Audubon, Georges Caleb Bingham, Asher B. Durand, Joshua Johnson, William Harnett, Winslow Homer, Georges Catlin, Thomas Moran, Albert Bierstadt, Frederic Edwin Church, Mary Cassat, Edwar Hopper, Grant Wood, Charles Sheeler, Franz Kline et Mark Rothko. Cette belle feuille est la plus récente dans la série des États-Unis Classic Collection où les émissions comprennent un feuillet de 20 timbres différents avec un texte explicatif au verso. Les 20 timbres représentent des styles différents et les œuvres originales se trouvent la plupart dans des musées aux États-Unis.
Comment faire percevoir à ceux qui ne l’ont pas connu le plaisir que l’on ressent à manipuler ces sacrés petits morceaux de papier, à plonger sa pince dans une montagne de timbres fraîchement acquis. À ce plaisir, presque physique, sensuel même, s’ajoute celui de l’esthétique qui s’extasie devant tant d’artistes connus ou inconnus qui ont su maîtriser la difficile gageure d’exprimer tant de choses sur si peu de centimètres carrés. Et que dire du plaisir intellectuel qu’apporte la compétence philatélique à celui qui la possède lorsqu’il découvre l’oblitération rare, l’affranchissement exceptionnel, la variété connue des seuls spécialistes ! Avec, en prime, le plaisir de la bonne affaire, un plaisir renforcé par la certitude de ne pas la devoir qu’à son savoir. Plaisir encore est celui,...