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Actualités - Chronologies

Une nouvelle plaie mondiale ? - ESB, ou maladie de la vache folle

L’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), une maladie quasi ignorée par le grand public, vient d’être instaurée sujet d’actualité brûlante dans une grande partie du monde. L’épidémie de «la vache folle», appellation moins scientifique de cette maladie transmise à l’homme par la viande bovine, gagne les continents. Le danger consiste dans le fait que le test existant ne concerne que les animaux atteints. C’est-à-dire en élevage, ou alors déjà malades. Fait aggravant, en Suisse, où un très rigoureux programme a été appliqué dès l’annonce de l’existence de cette maladie, étendant aux animaux sains aussi le dépistage, on a découvert dans les abattoirs des cas d’ESB chez des vaches qui ne présentaient aucun symptôme suspect. Que penser donc des pays bien moins pourvus de moyens de contrôle et de mesures préventives moins rigoureuses. Même en France, un haut responsable syndicaliste avouait récemment : «Le contrôle clinique obligatoirement affecté sur les bovins abattus d’urgence ne peut être réalisé faute de moyens» (v. Le Point n° 1467 du 27/10/2000). Dans un contexte aussi sombre, que faut-il savoir sur cette nouvelle plaie pour assurer, pour le moins, une protection individuelle ? Profil du fléau La maladie est une variante de Creutzfeldt-Jacob classique. Cette affection, cause de démence, provoque à ses débuts des manifestations psychiatriques (anxiété, dépression, psychose) suivies de troubles sensitifs. Des mouvements anormaux apparaissent au bout de six mois en moyenne. Progressivement, les patients ont du mal à marcher et même à se tenir debout. La maladie évolue durant 8 à 15 mois en moyenne, sans qu’un traitement puisse, à l’heure actuelle, interrompre ou arrêter sa progression. Le prion responsable de cet état n’est ni un virus ni une bactérie. C’est une simple protéine (prion) normalement présente à la surface des cellules du cerveau. Lorsque cette protéine se replie sur elle-même, elle entraîne la dégénérescence cérébrale qui marque la «tremblante» (chez le mouton) et l’encéphalopathie spongieuse bovine (ESB), ou maladie de Creutzfeldt-Jacob, dont «la maladie de la vache folle» actuelle est une nouvelle variante. Selon des études récentes, la protéine en question (le prion) sert normalement de relais à la communication entre neurones. Mais il reste à comprendre comment et pourquoi le prion transforme le plus précieux des organes en éponge. De surcroît, contrairement à la forme classique de la maladie où le prion responsable reste cantonné dans le système nerveux central, l’agent responsable de l’actuelle encéphalopathie bovine spongieuse se répand dans l’organisme. Notamment aux amygdales, aux ganglions, l’appendice et les autres organes lymphoïdes en relation étroite avec le système sanguin. Douze cas de personnes contaminées en Grande-Bretagne, provenant du sang de donneurs atteints de la maladie de Creutzfeldt-Jacob, ont été mis sous surveillance. Jusqu’à présent, en effet, il n’existe pas d’examen de sang en mesure de dépister le prion de l’ESB. Ce qui empêche d’identifier les éventuels porteurs. Populations à risques Il a été remarqué, au cours des travaux de recherche, que toutes les personnes atteintes par cette maladie ont une même marque génétique. Cette caractéristique qui accroît la vulnérabilité au prion bovin a été retrouvée dans 40 % de la population britannique. Mais il faut préciser qu’au stade actuel des connaissances on ne peut savoir si ce fait protège les porteurs de cette maladie ou bien retarde son évolution...
L’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), une maladie quasi ignorée par le grand public, vient d’être instaurée sujet d’actualité brûlante dans une grande partie du monde. L’épidémie de «la vache folle», appellation moins scientifique de cette maladie transmise à l’homme par la viande bovine, gagne les continents. Le danger consiste dans le fait que le test existant ne concerne que les animaux atteints. C’est-à-dire en élevage, ou alors déjà malades. Fait aggravant, en Suisse, où un très rigoureux programme a été appliqué dès l’annonce de l’existence de cette maladie, étendant aux animaux sains aussi le dépistage, on a découvert dans les abattoirs des cas d’ESB chez des vaches qui ne présentaient aucun symptôme suspect. Que penser donc des pays bien moins pourvus de moyens de contrôle et de...