Un nouvel accident ferroviaire, une campagne dévastée par la fièvre aphteuse et un temps encore plus détestable qu’à l’ordinaire : les Britanniques commencent à se demander s’ils n’ont pas la poisse. La reine Élisabeth II la première a souligné l’extraordinaire suite de coups durs qui frappe son royaume depuis plusieurs mois. «C’est une tragédie particulièrement choquante après tant d’angoisse et tant de pertes causées par l’épidémie de fièvre aphteuse et, avant cela, les récentes inondations», a souligné la souveraine dans son message de condoléances après la collision de deux trains mercredi dans le nord de l’Angleterre, qui a provoqué la mort d’au moins 13 personnes. La série noire a en fait précisément commencé en octobre dernier avec l’accident de train de Hatfield, au nord de Londres. Bilan : 4 morts et un hiver de cauchemar pour les usagers des transports ferroviaires. L’accident était dû à un rail défectueux. Railtrack, l’organisme qui gère les infrastructures ferroviaires, avait alors imposé des restrictions de vitesse sur des centaines de kilomètres de voies et des réparations urgentes, entraînant retards et annulations des trains. Ensuite sont arrivées les pluies, pas vraiment une surprise à cette saison en Angleterre. Mais l’ampleur des précipitations a pris de court les Britanniques. Les inondations se sont multipliées, provoquant l’évacuation de milliers de personnes, notamment dans le sud-est du pays. Puis, alors que la perspective du printemps proche rendait le sourire aux Britanniques, la fièvre aphteuse a frappé. Adieu matches de rugby, chasse et balades dans la campagne, autant de traditions chères au cœur des Britanniques. La campagne est en quarantaine, enfumée par les bûchers sur lesquels brûlent des milliers de têtes de bétail, et les éleveurs, déjà fortement déprimés par la crise de la vache folle, envisagent de quitter la profession. Et puis mercredi, la collision des deux trains, provoquée par un incroyable concours de circonstances : la chute sur les voies depuis un pont de l’autoroute d’une voiture, percutée par un train à grande vitesse, qui percute lui-même ensuite un train de marchandises. Tous les journaux s’accordaient hier pour souligner «le mauvais sort» qui a permis cet accident. À la une du Times, un dessin humoristique résumait hier l’état d’esprit des Britanniques : un homme est assis dans un fauteuil, devant la télévision, l’air effondré, une cigarette aux doigts, un carafon de whisky dans l’autre main et une boîte de Prozac à ses côtés. Sa femme est debout à ses côtés, la télécommande à la main. «Vas-y, je suis prêt, tu peux allumer les informations», lui dit son mari... «Y a-t-il une seule raison pour que nous soyons gais ?», s’interroge un journaliste du Daily Mail qui, en assurant «avoir cherché avec acharnement», en recense 20, dont les bonnes performances des clubs de football anglais dans les compétitions européennes et les jonquilles dans les jardins. «La terre devient une ennemie. Les Quatre Cavaliers de l’Apocalyse piétinent même le vert et plaisant gazon anglais», note l’éditorialiste du Times. Hier matin, une météorite s’est écrasée dans un champ du nord de l’Angleterre...
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