La crise monétaire qui frappe la Turquie, deux mois seulement après le programme d’urgence accordé par le FMI, relance le débat sur le bien-fondé de ces interventions. Ankara a décidé de laisser flotter sa monnaie, immédiatement dévaluée de quelque 30 à 50 %, pour faire face à la fuite des capitaux privés. Le taux de change fixe faisait partie d’un programme adopté en collaboration avec le FMI fin 1999 pour lutter contre l’inflation. «Le Fonds espère que les banques privées vont maintenir leurs crédits aux banques commerciales turques comme le prévoit l’accord conclu en décembre dernier», a déclaré jeudi Horst Köhler, directeur général du FMI. «Le maintien de l’engagement des créanciers privés est crucial pour le succès du programme d’ajustement de la Turquie», a-t-il ajouté. Paul O’Neill, le secrétaire américain au Trésor, est également arrivé à la rescousse. Les États-Unis soutiennent «la décision du gouvernement turc de laisser flotter la livre» et «continuent d’encourager l’aide qui lui est accordée par le FMI pour son programme de réforme économique», a-t-il déclaré jeudi, en rappelant que «la Turquie est un allié important et un ami des États-Unis». Le plongeon de la devise turque survient alors qu’Ankara est engagé dans un programme de réformes économiques soutenu par le FMI avec une aide financière de 11,4 milliards de dollars. Déjà mis en cause pour sa gestion de la crise asiatique de 1997 et de la crise russe de 1998, le FMI pourrait encore souffrir de la débâcle turque et de la force de l’impact des flux des capitaux privés qui s’oppose souvent à ses efforts pour aider un pays en difficulté. Le FMI et le Trésor américain «ne comprennent pas comment fonctionnent les marchés (...) Investir ne relève pas de la charité», affirme Walter Molano, chef économiste auprès de la banque d’affaires new-yorkaise BCP Securities. «Les programmes commencent à dépendre vraiment trop des vents géopolitiques qui soufflent à Washington», a-t-il ajouté au cours d’une conférence à Washington. Le FMI et le Club de Paris, qui réunit les créanciers publics bilatéraux, appellent à un «partage du fardeau» entre investisseurs publics et privés en cas de crise, pour que ces derniers ne récupèrent pas leur mise sur le dos de l’aide financière qu’ils apportent.
La crise monétaire qui frappe la Turquie, deux mois seulement après le programme d’urgence accordé par le FMI, relance le débat sur le bien-fondé de ces interventions. Ankara a décidé de laisser flotter sa monnaie, immédiatement dévaluée de quelque 30 à 50 %, pour faire face à la fuite des capitaux privés. Le taux de change fixe faisait partie d’un programme adopté en collaboration avec le FMI fin 1999 pour lutter contre l’inflation. «Le Fonds espère que les banques privées vont maintenir leurs crédits aux banques commerciales turques comme le prévoit l’accord conclu en décembre dernier», a déclaré jeudi Horst Köhler, directeur général du FMI. «Le maintien de l’engagement des créanciers privés est crucial pour le succès du programme d’ajustement de la Turquie», a-t-il ajouté. Paul O’Neill, le...
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