Je te sens auprès de moi, tu ne m’as pas quittée, tu ne nous as pas quittés: tu est là à ta manière, toujours discrète. Ton départ, malgré ta lassitude, est un choc : tu étais si solide, si fort, si jeune, quoique vieilli, si courageux et si digne. Fonctionnaire dans l’administration des douanes dès l’âge de 18 ans, tu poursuivais simultanément des études de droit à l’USJ, et étais également rédacteur à L’Orient, du temps de G. Naccache. Grâce uniquement à ta compétence, ton savoir, ton exigence envers toi-même et surtout ton indépendance, tu es devenu à 43 ans directeur général des douanes, administration que tu connaissais et chérissais comme ton propre enfant et à laquelle tu t’es donné corps et âme ! Mon père, quelques-uns de ta trempe et l’État d’aujourd’hui n’aurait pas à plancher sur la réforme administrative et la corruption. Même poignardé dans le dos par cette République que tu as toujours servie scrupuleusement pendant quarante-cinq ans consécutifs, ton courage ne t’a jamais fait défaut. Ton éternelle jeunesse, ton ardent désir de vivre auprès des tiens dans ton pays t’ont donné la force de subir de multiples pontages, mais le dernier en date a été fatal : la veine n’était pas au rendez-vous ! Tu demeureras en moi à jamais, ainsi que dans le cœur de tant d’autres. Ton souvenir est celui d’un homme exceptionnel par son érudition, son art de la plume et du verbe dans les langues arabe, française et même latine, sa science de l’État et de l’administration, sa dévotion pour la chose publique, sons sens aigu du devoir, sa probité notoire, son indépendance totale, son perfectionnisme, sa générosité, sa discrétion, sa rigueur envers lui-même, sa grande tolérance envers les autres, son grand cœur, son immense amour pour les siens, son infinie courtoisie, son bel esprit et son si beau sourire... C’est cela le souvenir de mon père, un être à qui je dois tout, même mes échecs, car j’aurais placé trop haut la barre. «... De l’autre côté des tombeaux les yeux qu’on ferme voient encore...».
Je te sens auprès de moi, tu ne m’as pas quittée, tu ne nous as pas quittés: tu est là à ta manière, toujours discrète. Ton départ, malgré ta lassitude, est un choc : tu étais si solide, si fort, si jeune, quoique vieilli, si courageux et si digne. Fonctionnaire dans l’administration des douanes dès l’âge de 18 ans, tu poursuivais simultanément des études de droit à l’USJ, et étais également rédacteur à L’Orient, du temps de G. Naccache. Grâce uniquement à ta compétence, ton savoir, ton exigence envers toi-même et surtout ton indépendance, tu es devenu à 43 ans directeur général des douanes, administration que tu connaissais et chérissais comme ton propre enfant et à laquelle tu t’es donné corps et âme ! Mon père, quelques-uns de ta trempe et l’État d’aujourd’hui n’aurait pas à...
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