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Actualités - Communications Et Declarations

Colère des Arabes, désapprobation en Europe

Les raids américano-britanniques sur Bagdad ont suscité la colère dans le monde arabe qui y voit un signe de la détermination de la nouvelle Administration américaine «à poursuivre son agression», tandis qu’en Europe, beaucoup ne cachaient pas leur désapprobation. Le secrétaire général de la Ligue arabe, Esmat Abdel Méguid, a qualifié ces attaques aux portes de la capitale irakienne, les premières depuis deux ans, «d’injustifiées» et ajouté qu’elles avaient «suscité la colère du monde arabe». Dans les territoires palestiniens, des manifestations de soutien au président irakien Saddam Hussein, qui offre de l’argent aux familles des «martyrs» de l’intifada (soulèvement), ont éclaté dès vendredi soir et se sont poursuivies dans la journée de samedi. Les manifestants ont brandi des portraits du président Hussein, mis le feu à des drapeaux américains, britanniques et israéliens, ainsi qu’à des portraits du président américain George W. Bush. Une vingtaine d’Arabes israéliens conduits par le député arabe israélien Ahmed Tibi ont de leur côté exprimé leur solidarité avec l’Irak en manifestant devant le consulat américain à Jérusalem-Est. Ils ont appelé les pays arabes à boycotter la visite du secrétaire d’État américain Colin Powell lors de sa prochaine tournée au Proche-Orient du 24 au 27 février et à fermer les ambassades américaines dans les capitales arabes. Cette tournée vise notamment à plaider pour le maintien de sanctions strictes contre le régime irakien. Dans un commentaire diffusé par Radio-Téhéran, l’Iran, qui malgré ses différends avec Bagdad a toujours dénoncé l’ingérence des États-Unis dans la région, a fustigé ces raids comme «les signes de l’aventurisme» de la nouvelle Administration américaine. La Jordanie, qui dépend de l’Irak en matière de pétrole, a exprimé par la voie du ministre des Affaires étrangères Abdel Ilah Khatib l’opposition de son pays à l’usage de la force, tandis que le Parlement égyptien a qualifié les frappes d’«agression contre le peuple irakien». À Alger, le ministre algérien des Affaires étrangères Abdelaziz Belkhadem a condamné les «bombardements contre nos frères en Irak (...) en violation du droit international». La Turquie, opposée à l’Irak pendant la guerre du Golfe mais qui essaie depuis de tisser des liens notamment économiques, s’est empressée d’assurer que la base d’Incirlik (sud), qui accueille les avions américains et britanniques contrôlant la zone d’exclusion aérienne du nord de l’Irak, n’avait pas été utilisée pour les raids. Le Premier ministre turc Bülent Ecevit a aussi qualifié de «très graves» les attaques sur Bagdad et fait part de la volonté de son pays que de «tels actes ne se reproduisent plus». À Moscou, le président russe Vladimir Poutine a estimé que «de pareilles actions non provoquées ne contribuent pas au règlement de la situation irakienne (qui) peut et doit être politique». Le leader ultranationaliste russe Vladimir Jirinovski a, lui, appelé le président Poutine à lever unilatéralement les sanctions contre l’Irak. Côté européen, le ministre norvégien des Affaires étrangères Thorbjoern Jagland, dont le pays préside le comité de sanctions de l’Onu contre l’Irak, a jugé «regrettable que les États-Unis et la Grande-Bretagne aient trouvé nécessaire d’user de la force». La France a critiqué les frappes, jugeant qu’elles rendaient plus difficile la recherche d’une solution au problème irakien. Dans un communiqué diffusé vendredi soir, le ministère des Affaires étrangères a estimé que «ces opérations entretiennent aujourd’hui une tension dommageable à la mise en œuvre d’une solution concertée au problème irakien» et a rappelé son «incompréhension» et son «malaise vis-à-vis des frappes aériennes répétées effectuées par les aviations américaine et britannique». L’Arabie séoudite et le Koweït n’ont pas réagi aux accusations de Bagdad de «complicité de crimes» pour avoir autorisé les avions américains et britanniques à survoler leur territoire. Seul le ministre koweïtien des Affaires étrangères, cheikh Sabah al-Ahmad al-Sabah, cité par l’agence de presse koweïtienne Kuna, a fait samedi un commentaire pour réaffirmer que les Irakiens sont «les victimes» du régime du président Hussein.
Les raids américano-britanniques sur Bagdad ont suscité la colère dans le monde arabe qui y voit un signe de la détermination de la nouvelle Administration américaine «à poursuivre son agression», tandis qu’en Europe, beaucoup ne cachaient pas leur désapprobation. Le secrétaire général de la Ligue arabe, Esmat Abdel Méguid, a qualifié ces attaques aux portes de la capitale irakienne, les premières depuis deux ans, «d’injustifiées» et ajouté qu’elles avaient «suscité la colère du monde arabe». Dans les territoires palestiniens, des manifestations de soutien au président irakien Saddam Hussein, qui offre de l’argent aux familles des «martyrs» de l’intifada (soulèvement), ont éclaté dès vendredi soir et se sont poursuivies dans la journée de samedi. Les manifestants ont brandi des portraits du...