Les semaines se suivent et ne se ressemblent pas (sur nos écrans, bien sûr). Mais alors pas du tout. Cette semaine, les deux «nouveautés» concernent des histoires de grossesse... mais oui, c’est ainsi ! Grossesse difficile : Juliette Lewis, kidnappée au moment (ou presque) d’accoucher, sera «délivrée» dans des circonstances ahurissantes : c’est «The Way of the Gun», de Christopher McQuarrie. Grossesse impossible : les problèmes d’un jeune couple anglais stérile, mis en scène par Ben Elton, dans «Maybe Baby». Dans les deux cas, inutile d’envoyer des fleurs. Prévisions pour la semaine prochaine (22/2). D’abord, un heureux événement (tiens, un de plus !) : la sortie – avancée comme il le fallait – du film d’Ang Lee, «Crouching Tiger, Hidden Dragon», grand favori aux Oscars. Autre nouveau film annoncé : «The Watcher» de Joe Charbonic, avec Keanu Reeves. Voilà ! c’est tout. Accouchement périlleux The Way of the Gun, de Christopher McQuarrie Première remarque : le titre se révèle un peu flou par rapport au contenu du film. Et pourquoi avoir choisi le singulier («gun»), quand cette histoire reste un prétexte à une débauche de fusillades exécutées avec les armes les plus diverses ?! À noter en passant que le problème du ravitaillement en munitions ne se pose à aucun moment pour les personnages, tous empêtrés dans ce film lourdement pétaradant. Ensuite, quelques détails d’ordre «documentaire». Comme on ne peut pas tout savoir – surtout à partir de Beyrouth – je me suis référé à des sources sérieusement documentées. J’ai noté : 1°) que les deux jeunes «héros» (si l’on peut dire) ont repris les noms réels des fameux Butch Cassidy (né Robert Parker) et The Sundance Kid (né Harry Longbaugh), incarnés par Paul Newman et Robert Redford dans le film mémorable de George Roy Hill, Butch Cassidy and the Sundance Kid (69). Ce qui, d’ailleurs, ne nous avance pas à grand-chose. 2°) que le réalisateur du film, Christopher McQuarrie – dont c’est le premier long métrage – a déjà travaillé comme scénariste du film de Bryan Singer, The Usual Suspects (95), une réussite du genre «noir». McQuarrie s’étant donc chargé lui-même du scénario de The Way of the Gun. Disons-le tout de suite, il aurait pu mieux faire ! 3°) on nous assure que le film qui nous occupe ici contient des références/hommages (?) aux deux films de Sam Peckinpak, The Getaway (première version – 72) et Bring Me the Head of Alfredo Garcia (74). Possible – mais on ne s’en aperçoit guère, à part les débordements d’une violence quasi permanente. À la mode du jour. La trame de The Way of the Gun est, en gros, la suivante. Deux jeunes marginaux kidnappent – sans la moindre planification préalable – une femme enceinte (au dernier degré) qui porte, en fait, l’enfant destiné à un couple (stérile) compromis dans de grosses affaires plus que douteuses. Les ravisseurs exigent une rançon de 15 millions de dollars. Une chasse à l’homme – au tandem, plutôt – se déclenche, poursuite chaotique qui va tourner au drame, comme il se doit. On peut vaguement distinguer trois parties dans ce film, au moins différenciées au niveau de la réalisation. Le prologue, déjà passablement agité. Puis une série de scènes, constituée de face-à-face entre les protagonistes de l’intrigue : une amorce d’intérêt qui fait long feu. Enfin, l’action, toujours envahissante, qui va se dénouer de la manière la plus ahurissante. Dans les intervalles – histoire de nous laisser reprendre souffle ? – on suit les pérégrinations de l’infortunée kidnappée, se déplaçant péniblement sur ses jambes écartées, pour cause de délivrance toute proche... En fait, elle aurait dû faire une fausse couche... mais son accouchement se produira en fin de film... dans un bordel mexicain (on n’invente rien) alors qu’on tiraille dans tous les coins. On plaint la malheureuse Juliette Lewis. Quant à Ryan Philippe (Parker) et son acolyte Benicio Del Toro (Longbaugh), ils sont liquidés, en bonne et sanglante forme. Prestation correcte de James Caan, qui fait ce qu’il peut (peu). Pour se remettre, le spectateur a la possibilité d’aller voir... Maybe Baby. ÉLITE, EMPIRE/SODECO/ GALAXY, ESPACE, St.-ÉLIE « Comment les Anglais se reproduisent » Maybe Baby, de Ben Elton Le surtitre, c’est le titre français accolé à cette comédie d’origine anglaise... que nous n’avons pas eu le courage de visionner (pour ne rien vous cacher). «Comment les Anglais se reproduisent»? Comme tout le monde ailleurs sur la planète, penserez-vous sans doute – ingénument. Vous oubliez les complications dues aux problèmes issus de la vache folle: quel rapport, direz-vous, avec le film? Aucun d’accord, mais nous sommes en Angleterre, après tout... Bref, Sam et Lucy s’aiment beaucoup, tout va bien pour leur couple. Sauf qu’ils voudraient à tout prix procréer, et qu’ils n’y arrivent pas. Ils essaient tous les trucs, recettes et positions imaginables, rien à faire, pas de bébé à l’horizon de leur bonheur... D’où quelques complications. Que vous irez découvrir si l’envie vous en prend. On parie que cela finit bien?! J’oubliais : il y a Emma Thompson, mais oui! Jouerait-elle la sage-femme? CONCORDE, FREEWAY, ABRAJ, KASLIK RAPPELS l Un pont entre deux rives: en revoyant La femme d’à-côté, de François Truffaut (au Vidéo-club de l’Iesav), on ne pouvait s’empêcher d’établir un parallèle avec le film de Gérard Depardieu et Fred Auburtin. Dans les deux cas, une histoire d’adultère, mais «ordinaire» dans Un pont entre deux rives, d’un ton très différent dans La femme d’à-côté, film sur la «maladie d’amour», plutôt que simple film d’amour-passion. Depardieu étant en somme une «victime» dans les deux films. Cela dit, Un pont entre deux rives est un bon film. KASLIK et EMPIRE/ SODECO – Salle Six l Dr. T and the Women: le film de Robert Altman ne plaît pas à tout le monde. Normal : le cinéma tel que le conçoit, et le pratique, Altman est souvent assez particulier. Peut-être faut-il parfois se méfier des films qui ne déplaisent à personne. Pour ce qui est de Richard Gere, par contre, toutes les femmes sont «pour». L’opinion des messieurs est ici sans importance. CONCORDE, FREEWAY, ABRAJ, KASLIK, ZOUK l Meet the Parents : succès mérité pour la comédie-jeu de massacre de Jay Roach. Certains ont reproché à Robert De Niro d’en faire «un peu trop»: pour une fois qu’il faisait exactement ce qu’il fallait... Un grand acteur, en tout cas. CONCORDE, FREEWAY, ABRAJ, ZOUK l Vertical Limit: on m’a reproché d’avoir été injuste, et peu objectif, à l’égard du film de Martin Campbell. C’est bien possible. Un lecteur, en particulier, m’a contacté directement pour me faire part de son opinion favorable. Pourquoi pas une missive en bonne et due forme, arguments à l’appui. Je lui en serais reconnaissant: on pourrait ainsi confronter nos points de vue. ÉLITE, EMPIRE/DUNES/ SODECO/SOFIL/GALAXY/ MKALLÈS, ESPACE, St.-ÉLIE
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