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Actualités - Reportages

L’Empire ottoman (II)

Mais d’où provient le nom Ottoman ? C’est la question qui m’a été posée il y a quelques jours par un jeune collectionneur. La réponse est toute simple : il s’agit de Othman 1er ou Osman (1259-1326), chef d’une tribu turque qui envahissait villes et villages. Il occupa toute l’Asie Mineure et s’établit à Konieh en 1299. Il donna son nom à l’empire turc qu’il avait conquis. Il fut donc le premier souverain de la nouvelle dynastie des Osmanlis. Son homonyme Othman II régna de 1618 à 1622, date à laquelle il fut assassiné par les janissaires. Quant à Osman III, il naquit à Constantinople en 1696 et fut sultan de 1754 à 1757. Les premiers cachets connus datent de 1840. La Grande-Bretagne, l’Italie (Venise et Gênes) et la France géraient les Postes de l’Empire ottoman avant 1840. En 1863, année de l’émission du premier timbre-poste de l’empire, l’Administration postale ottomane étendait sa juridiction sur la presque totalité de la péninsule des Balkans, excepté le Sud de la Grèce et sur un territoire compris entre le Danube et le Proche-Orient. Jusqu’en 1914, la plus grande partie du courrier qui quittait l’empire était gérée par son intermédiaire. Le 9 septembre 1914, l’abolition des capitulations entraîna le déclin de l’Empire ottoman et, en 1919, la Turquie fut ramenée à ses frontières actuelles. Dans notre précédent article, nous avons passé en revue les différentes villes turques hébergeant des bureaux postaux. Le courrier à destination de l’étranger transitait par une de ces villes principales. Des préposés aux Postes chargés des oblitérations furent nommés à Batoun, Galata, Giresu, Trébizonde, Rize, des Dardanelles, Mytilène, Smyrne, Mersin, Alexandrette, Beyrouth, Jaffa, Jérusalem, Alexandrie, Salonique et le Mont-Athos. En règle générale, des cachets rectangulaires seront utilisés dans les bureaux de la Turquie d’Asie et des cachets circulaires pour les bureaux de la Turquie d’Europe. Des oblitérations triangulaires, propres à la Roumélie Orientale (aujourd’hui en Bulgarie) sont aussi répertoriées. La Roumélie n’ayant existé en tant que province autonome que pendant cinq ans, de telles oblitérations sont rares (et sous-cotées : parfois quelques dollars). La collection des oblitérations de l’Empire ottoman est très intéressante. On y découvre des noms de villes familiers ou mystérieux. Leur cote officielle n’est pas représentative de leur disponibilité sur le marché. Certaines oblitérations sont carrément introuvables. Parmi les centaines d’oblitérations connues, je signale ci-après quelques-unes qui ont retenu mon attention : Sainte-Sophie : c’est l’ancienne basilique de Constantinople, devenue l’une des plus belles mosquées de la ville. Chef-d’œuvre de l’art byzantin, elle était aussi connue à l’époque sous le nom de «La Grande Église». Il s’agit d’une basilique à coupole dont le plan presque carré (75 mètres x 70 mètres) et la position centrale de la coupole caractérisent l’art byzantin. Sainte-Sophie a le double avantage de marquer l’avènement d’un style nouveau et d’atteindre des proportions telles qu’elles n’ont jamais été dépassées en Orient. Saint-Jean d’Acre : c’est une presqu’île du nord d’Israël peuplée aujourd’hui de plus de 50000 habitants. Phénicienne sous le nom de «Akko», puis grecque sous le nom de «Ptolémaïs», elle fut prise par les Arabes en 636, par les Croisés en 1104, par Saladin en 1187, par Philippe Auguste et Richard Cœur-de-Lion en 1191. Saint-Jean D’Acre devint alors la capitale des possessions chrétiennes en Terre Sainte. Reprise et détruite en 1291 par les Arabes, restaurée au XVIIIe siècle sous les Ottomans, assiégée (en vain) par Bonaparte en 1799, bombardée en 1840 par la flotte anglaise, Saint-Jean d’Acre a connu des fortunes diverses au cours de l’histoire. C’est une région stratégique par son port de cabotage et de pêche ; Soliman Pacha avait fait construire la mosquée de Djessar, en partie avec les pierres récupérées à Tyr et à Césarée. Les hammams de Djessar sont paraît-il une vraie splendeur. Plusieurs caravansérails ont été construits dans la ville dont le Khan Frandji, décrit par d’Arvieux. La fortification des Croisés a été reconstruite récemment et porte le nom de la Tour des Mouches. Smyrne : la ville de Smyrne (Izmir) fut dans l’Antiquité une colonie ionienne importante. On disait qu’Homère y était né (plus récemment, bien sûr, Onasis y est né également). La province de Smyrne a une superficie de 12019 km2 et se situe sur la mer Égée. Sa population était en grande majorité grecque avant 1914, mais au cours des nombreux conflits régionaux du début du siècle, les Grecs en furent chassés. La ville fut incendiée en septembre 1922. Je rends hommage par le biais de cet article à ma grand-mère maternelle Noëlle Caloménie, épouse Gabriel Bey Nahas, née à Izmir, qui me racontait le sauvetage mouvementé par la flotte franco-italienne des habitants de Smyrne, assiégés par les Turcs. Notons au passage qu’une seule et unique série de timbres-poste, émise en 1919, rappelle la présence grecque à Smyrne. La série se compose de sept valeurs postales et deux autres valeurs fiscales. Il s’agit de timbres grecs datant de 1917 surchargés «E.T. Smyrne» (Poste grecque – Smyrne). Il est conseillé de conserver les timbres-poste de l’Empire ottoman avec l’oblitération «Smyrne». Antakia : il s’agit du nom actuel d’Antioche, que nous connaissons pour son évêché qui étend sa juridiction jusqu’à nos rivages libanais. La ville d’Antioche fut un temps la plus belle et la plus importante ville de l’Orient ; avec plus de 500000 habitants, elle fut le siège de la première Église fondée hors de la Palestine, de l’un des cinq patriarcats et de dix conciles. Elle fut occupée par les Arabes en 635, puis par les Croisés en 1098 et par le sultan d’Égypte, Bibars, en 1268. Malheureusement, cette ville fut détruite à maintes reprises par de nombreux tremblements de terre. Rodosto: anciennement dénommée Tekirdagh, c’est une ville sur la mer de Marmara de 6218 km2 avec une population de 300000. La prospérité de la ville est assurée par le commerce du coton, des céréales, de soie et de la laine. Pera (Beyoglou) : c’est une ville dans les faubourgs d’Istanbul, côté Europe, située entre le Bosphore et la Corne d’or, au nord de la capitale. Des cachets mentionnant Péra ont été utilisés en 1830. Trebizonde : après la conquête de Constantinople par les Croisés en 1204, un petit-fils d’Andronic 1er, Alexis Commène, se réfugia à Trébizonde et se fit proclamer empereur de Trébizonde sous le nom de «Grand Commène». Sous son règne (1204-1222), l’activité commerciale de Trébizonde acquit une grande prospérité qui ne fit que croître avec ses successeurs, jusqu’en 1461, date à laquelle la ville fut prise et le petit État de Trébizonde annexé par Mehmet II. Samsoun : c’est un petit port de la Turquie d’Asie, sur la mer Noire. La ville compte plus de 800000 habitants pour une superficie de 9589 km2.
Mais d’où provient le nom Ottoman ? C’est la question qui m’a été posée il y a quelques jours par un jeune collectionneur. La réponse est toute simple : il s’agit de Othman 1er ou Osman (1259-1326), chef d’une tribu turque qui envahissait villes et villages. Il occupa toute l’Asie Mineure et s’établit à Konieh en 1299. Il donna son nom à l’empire turc qu’il avait conquis. Il fut donc le premier souverain de la nouvelle dynastie des Osmanlis. Son homonyme Othman II régna de 1618 à 1622, date à laquelle il fut assassiné par les janissaires. Quant à Osman III, il naquit à Constantinople en 1696 et fut sultan de 1754 à 1757. Les premiers cachets connus datent de 1840. La Grande-Bretagne, l’Italie (Venise et Gênes) et la France géraient les Postes de l’Empire ottoman avant 1840. En 1863, année de...