Une délégation représentant différents secteurs de l’économie irlandaise, notamment celles des technologies et de l’agriculture, a qualifié hier sa visite de quatre jours au Liban de «fructueuse». La délégation a pu rencontrer lors de son séjour le ministre du Travail, Ali Abdallah, ainsi que le ministre de la Défense, Khalil Hraoui, dans le but de promouvoir les échanges économiques entre l’Irlande et le Liban. Au cours d’une conférence de presse au BayView Hotel, Martin Ferris et Owen Smith, tous deux membres du Sinn Fein irlandais, ont expliqué l’objectif de cette première visite : poser les jalons d’une relation économique longue et durable entre les deux pays. Les nombreuses visites et contacts que la délégation a pu avoir avec différentes personnalités politiques ainsi qu’avec des représentants du secteur privé, sont simplement d’ordre prospectif. Aucun contrat n’a donc encore été signé. A l’issue de ses rencontres, la délégation irlandaise, selon Élie Abboud du National Arab American Business Association (Naaba), qui a joué un rôle d’intermédiaire entre l’Irlande et le Liban, a pu se faire une idée très précise de ce qui peut être accompli avec le Liban en terme d’investissement et d’échanges commerciaux. L’Irlande veut exporter de la viande de bœuf (qui est, selon elle, sans danger pour le consommateur), ses produits pharmaceutiques et son savoir-faire en matière de technologie d’information. En retour, elle serait prête à importer des produits agricoles du Liban, notamment agrumes, fruits, huiles et olives. L’Irlande espère surtout, en s’installant sur le marché libanais, étendre ses relations économiques à toute la région, a expliqué M. Smith. Elle compte sur le développement du secteur bancaire au Liban et la qualité des entrepreneurs libanais pour accroître ses échanges commerciaux avec tout le Proche-Orient. En échange, l’Irlande serait prête à soutenir l’économie libanaise dans son effort de reconversion. En effet, M. Ferris considère que les problèmes économiques auxquels le Liban fait face sont similaires à ceux qu’a connus l’Irlande sept ou dix ans plus tôt. Depuis, l’Irlande, «le tigre celte», connaît un boom économique sans précédent : 9 % de croissance en moyenne depuis 1995, plein emploi pour les moins de 30 ans, 70 milliards de dollars d’exportation, etc. Le tout pour une population légèrement inférieure à celle du Liban. Mais pour cela, l’Irlande a dû passer par une reconversion de son économie : l’agriculture, qui générait près de 40 % du PIB du pays il y a dix ans, ne représente plus que 5 % du PIB, explique M. Smith. Des efforts gigantesques ont été faits pour restructurer l’économie et la diriger vers des secteurs prometteurs. Et ces efforts ont été payants, puisque aujourd’hui le secteur de la technologie en Irlande est un des plus performants du monde : plus de 40 % des softwares vendu en Europe y sont fabriqués. Dans le secteur pharmaceutique, l’Irlande connaît le même succès puisqu’elle exporte plus de 18 milliards de dollars par an de produits pharmaceutiques, soit près de 25 % du total de ses exportations. La délégation sera de retour à Beyrouth dans six ou huit semaines, pour matérialiser certains accords, a-t-elle fait savoir.
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