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Actualités - Communications Et Declarations

Jeanne Moreau en habit vert

Jeanne Moreau est la première femme membre de l’Académie des beaux-arts à rejoindre, sous la coupole de l’Institut de France, les cinéastes Polanski, Schoendoerffer, Oury et Verneuil. Dans son habit vert, dessiné par Pierre Cardin, elle a dérogé à la tradition ne portant pas d’épée sur le côté («Je ne saurais quoi en faire», avait-elle commenté), remplaçant cette arme par une broche symbolisant l’éloquence et la force du bien contre le mal. Au cours d’une interview accordée au Figaro du 10-1-2001, elle fait le point à cette occasion sur sa vie, sa carrière et sur le fait d’être la première femme membre de l’Académie des beaux-arts. «C’est réparer une injustice», relève-t-elle à ce propos. «La créativité féminine est complémentaire de celle des hommes. J’ai été dirigée par une majorité d’hommes et on sent toujours chez eux une sorte d’inquiétude pour essayer de faire coïncider leur imaginaire avec ce que la femme face à eux représente. Avec Bunuel, Orson Welles, Louis Malle et François Truffaut c’était bien sûr différent». L’académicienne Jeanne Moreau est également à l’affiche d’un nouveau film, Lisa, de Pierre Grimblat, sorti le 10 janvier passé à Paris. Une femme d’avant-garde Jeanne Moreau, innovatrice, affranchie, consciente des faits et d’elle-même? «C’est vrai que je ne ressemblais pas à l’image classique de la femme vue à l’écran. Habituellement, ce qui émanait de moi attirait certains réalisateurs à une époque où le cinéma était en mutation. Il y avait un désir de la part de tous ces jeunes critiques, ces futurs cinéastes, de raconter d’une autre manière les histoires de la vie. «Des gens comme Losey, rescapé de la liste noire de Hollywood, ou Richardson, qui faisait partie des jeunes Anglais en colère, m’ont fait tourner parce que je représentais une femme différente. «Que ce soit dans “Les amants”, “La mariée était en noir”, “Jules et Jim”, “La baie des Anges”, les femmes sont toutes rebelles, marginales, solitaires, prêtes d’aller jusqu’au bout. «Au-delà des personnages, ce qu’il y avait de merveilleux dans la nouvelle vague c’était l’abolition de la hiérarchie. Qui a vite repris ses droits...» Aujourd’hui cette actrice de génie, cette académicienne très exceptionnelle qui n’a jamais voulu, de son propre aveu, donner une image de la femme qui ne soit pas noble, devient metteur en scène, pour poursuivre la même démarche. «J’ai senti que le temps était venu d’être autonome. J’avais ce besoin irrésistible, ce devoir de transmettre...»
Jeanne Moreau est la première femme membre de l’Académie des beaux-arts à rejoindre, sous la coupole de l’Institut de France, les cinéastes Polanski, Schoendoerffer, Oury et Verneuil. Dans son habit vert, dessiné par Pierre Cardin, elle a dérogé à la tradition ne portant pas d’épée sur le côté («Je ne saurais quoi en faire», avait-elle commenté), remplaçant cette arme par une broche symbolisant l’éloquence et la force du bien contre le mal. Au cours d’une interview accordée au Figaro du 10-1-2001, elle fait le point à cette occasion sur sa vie, sa carrière et sur le fait d’être la première femme membre de l’Académie des beaux-arts. «C’est réparer une injustice», relève-t-elle à ce propos. «La créativité féminine est complémentaire de celle des hommes. J’ai été dirigée par une...