Ksar Akil, un site de référence pour le Moyen-Orient
le 06 février 2001 à 00h00
Il y a plus d’un demi-siècle, le nom du site de Ksar Akil était une référence pour tous les préhistoriens travaillant sur le Moyen-Orient. Les outils découverts modifiaient la chronologie et les datations relatives au paléolithique supérieur de toute cette région. «Située sur la rive est du Wadi Antélias, cette grotte conserve une stratigraphie de 23 m de hauteur, d’ailleurs c’est la plus longue occupation connue depuis la fin du paléolithique moyen à l’épipaléolithique. Et cette superposition de niveaux peut signifier un nombre infini de sols d’occupation qui fournissent beaucoup d’informations sur cette période», souligne la préhistorienne Corine Yazbek. Durant les fouilles de Ksar Akil, les restes d’ossements humains relatifs à deux squelettes ont été déterrés. L’un appartenait à un Homo sapiens sapiens et l’autre à un homme du Néandertal, ils ont été surnommés respectivement Egbert et Etherluda. Toutefois, si les restes des ossements du premier se trouvent encore au Musée national, ceux du second ont été perdus. On dit que le directeur des fouilles les a envoyés aux États-Unis pour étude en utilisant la Poste. Des décennies après leur envoi, les restes n’ont toujours pas atteint leur destinataire ! «Ce qui constitue une perte énorme pour toute recherche scientifique dans ce domaine surtout qu’aucune étude n’a été faite sur ces restes, si rares à trouver», souligne Corine Yazbek. Par ailleurs, des débris d’ossements de faune ont été déterrés et leur étude a permis aux spécialistes de reconstituer l’environnement animal de cette région du Liban au cours de cette période reculée. On sait ainsi que les daims, les chèvres sauvages, les coquilles de mollusques y ont vécu. Le matériel découvert sur ce site est actuellement éparpillé entre les différentes universités qui ont procédé aux fouilles sur les lieux. Ainsi, une partie est à l’université de Fordham aux États-Unis, une autre à Cambridge en Grande-Bretagne, une autre encore en France et une partie au Musée national de Beyrouth. Et le comble, c’est que l’ensemble des recherches effectuées sur tout le matériel extraordinaire de ce site a été publié sous forme d’articles épars sans jamais faire l’objet d’une synthèse. Or, c’est cette dernière qui permet de comprendre l’évolution de l’occupation humaine sur un site dans toute son intégralité. Et comme si tout cela n’était pas suffisant, il a fallu aussi qu’une carrière menace le site. En fait, l’entrée de cet abri sous roche est cachée sous des tonnes de débris de carrières. «On ne peut pas estimer les dégâts qui ont eu lieu sur ce site», déplore Corine Yazbek, qui se veut optimiste en poursuivant qu’il se peut qu’ils y aient encore des niveaux préhistoriques intacts sous les remblais. «Il sera alors possible de procéder à des fouilles», conclut-elle.
Il y a plus d’un demi-siècle, le nom du site de Ksar Akil était une référence pour tous les préhistoriens travaillant sur le Moyen-Orient. Les outils découverts modifiaient la chronologie et les datations relatives au paléolithique supérieur de toute cette région. «Située sur la rive est du Wadi Antélias, cette grotte conserve une stratigraphie de 23 m de hauteur, d’ailleurs c’est la plus longue occupation connue depuis la fin du paléolithique moyen à l’épipaléolithique. Et cette superposition de niveaux peut signifier un nombre infini de sols d’occupation qui fournissent beaucoup d’informations sur cette période», souligne la préhistorienne Corine Yazbek. Durant les fouilles de Ksar Akil, les restes d’ossements humains relatifs à deux squelettes ont été déterrés. L’un appartenait à un Homo...
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