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Actualités - Chronologies

Philatélie - Le roi du cœur

Février 2001, c’est le mois des amoureux. Comme chaque année, les Postes du monde entier mettent en valeur une idée originale à l’occasion de la fête de la Saint-Valentin. Cette année, la Poste française a décidé d’habiller les enveloppes en Christian Lacroix ! Elles voyageront à travers le monde entier, porteront les messages d’amour, égayeront les sacs des postiers, feront battre le cœur des destinataires. Ses belles lettres d’amour, mannequins inattendus, ont été choisies pour porter le dernier modèle du créateur le plus éclectique de son temps : le timbre en forme de cœur signé par Christian Lacroix. Toute l’œuvre de Christian Lacroix est nourrie, pétrie d’une richesse culturelle aux références multiples : familiale, géographique, théâtrale, cinématographique, littéraire, picturale… toutes ses créations prennent leur source dans une conviction acquise en 1981, lorsqu’il travaillait chez Patou : mêler histoire et évolution, historique et modernité, passé et futur. Christian Lacroix naît à Arles le 16 mai 1951. De sa famille paternelle, il apprend ce qu’est la mode : une élégance qu’on remarque. De sa famille maternelle, il retiendra les larges plissés soleil et imprimés provençaux, réponses chatoyantes aux lumières de l’été. Arles, sa ville natale, représente pour lui la découverte de la musique, de la corrida, des fêtes, des défilés hauts en couleurs. Durant ses études de lettres à Montpellier, il se nourrit de cinéma «choc de sa vie», de littérature, tirant de certains auteurs ce goût pour l’équilibre subtil à inventer entre images excessives et rudesse, qu’il appliquera ensuite à ses propres créations de couture. L’été 68 est marqué par les folies vestimentaires de la Côte d’Azur. Provocante, subversive, la mode s’inspire d’Inde, d’Afghanistan, se prête aux mélanges insensés qui, dit-il, laisseront une empreinte indélébile dans son travail. 1971, Lacroix quitte son Sud pour Paris. Il y rédige un mémoire sur le «costume à travers la peinture au XVIIIe siècle», rencontre des stylistes comme Guy Paulin ou le studio Hermès, se laisse porter par «une vague d’euphorie, d’inventions, d’improvisations plus ou moins loufoques». Patou l’accueille en 1981. 1987 – sa première collection À l’ouverture de sa propre maison en 1987, il présente sa première collection de couture sur le thème de la Camargue, d’Arles, de ses paysages naturels. Son symbole : la croix des gardiens de la Camargue. Son fil rouge : l’équilibre entre la pureté des structures et l’ivresse des ornements. Comme il a horreur du vide, il l’emplit de fleurs, de peinture, mélange parure et allure. Son credo est l’invention du rare et du beau. «La couture, c’est fou, contradictoire, imprévisible et surtout c’est plus fort que moi». Sa première collection de prêt à porter date de 1988. Puisque les femmes seront plus nombreuses à porter sa griffe, il s’attache à puiser son inspiration dans le métissage des cultures, tire profit de ses voyages pour imprimer à ses créations des influences du monde entier. Cela donne une collection adaptée à chaque instant et surtout à chaque femme. «Il faut voir toujours plus loin, vers la génération suivante qui aura forcément une autre approche du vêtement, de la consommation, du luxe. Mais il faut être soi-même, rester sincère, redire sans cesse ses fidélités, ses convictions, toujours aller plus loin dans la création, se frotter aux matières nouvelles, mais évoluer avec son temps et le social». Fidélité et diversité L’illustration de cette volonté d’aller plus loin, la diversité entreprise en 1989, date de lancement d’une gamme d’accessoires, aussi importants pour lui que les vêtements. Il imagine des bijoux, suivant ses inspirations fantaisistes illustrées par la présence de pierres, de strass, de fleurs… Les chaussures suivent, comme les sacs virevoltants et les foulards aux couleurs tranchées. En 1994, il crée «Bazar», une ligne plus proche des jeunes ou plutôt du style de vie des jeunes. Occasion pour lui de zapper plus que jamais avec les folklores et les époques. En 1996, il s’approprie la toile denim dans sa collection «jeans» et la détourne pour en faire un objet d’art de la rue avec broderie, peinture, teinture, dentelle… Dans le prolongement logique de son amour pour l’art, la mode et les modes de vie, il lance une ligne de linge de maison, de draps, d’éponges, et là encore fait entrer en collusion motifs et couleurs avec un raffinement puisé dans l’esprit délicat des XVIIIe, XIXe et XXe siècles. Logiquement, la vaisselle et les objets pour la table suivent... Tous les matériaux, porcelaine, cristal, tissus, etc. sont prétextes à des créations qui ne ressemblent qu’à lui. Il se lance ensuite dans l’édition. Sort un livre Pêle-mêle qui raconte ses influences, puis rassemble avec Patrick Mauriès dans Le journal d’une collection l’ensemble des sources et des esquisses utilisées pour la collection haute couture printemps-été 1994. Il ne faudrait pas oublier la création des robes de mariées, oscillant entre princesse des mille et une nuits et bergère de conte de fées. En juillet 2000, il crée encore la surprise en «habillant» les huit voitures d’un TGV. Il conjugue, dit-il, jusqu’à l’abstraction les textiles, les costumes et broderies issues de toutes les ethnies, folklores, culturels trouvant leurs racines dans le grand Sud. Cela donne les voitures Zodiaque, Traje de Luz, Mauve, Cyclamen, Fuchsia, Pamplemousse, Mandarine, Orange, Citron Soleil… parées de mémoire et propulsées vers l’avenir à très grande vitesse. Ainsi, du plus grand au plus petit qu’est le timbre, la chaîne de Christian Lacroix est complète. Saint-Valentin 2001 Le timbre émis à l’occasion de la fête de la Saint-Valentin, signé Christian Lacroix, est doté d’une valeur faciale de 3,00 FF ou 0,46 euro. Il a été imprimé en héliogravure dans les couleurs bleu turquoise, vert, orange, rose, bleu et violet. Le format du timbre représente un cœur inséré dans un carré de 38 x 38. Il a été mis en vente à partir du 29 janvier 2001. Un mini-feuillet Saint-Valentin 2001 signé Christian Lacroix a également été mis en vente le même jour pour honorer la fête des amoureux. Imprimé dans les couleurs beige, bleu, jaune, vert, violet, rose et noir, ce mini-feuillet de dimension 135 x 143 comprend 5 timbres en forme de cœur. La valeur faciale de ce feuillet est de 15,00 FF ou 2,29 euros. Sur le feuillet imprimé en héliogravure, une phrase prescrite par l’artiste précise : «Le cœur est le timbre du corps». Une maxi-carte Saint-Valentin 2001 signée Christian Lacroix a été mise en vente le premier jour de l’émission du timbre, soit le 29 janvier 2001. La maxi-carte reprend au recto l’illustration du timbre cœur agrémentée d’un nœud vert, que complète la signature du créateur Lacroix, avec le timbre collé et oblitéré. L’impression est en offset dans les couleurs identiques à celles du timbre. Le format est de 148 x 103mm et son prix de vente au public est de 10,00 FF ou 1,52 euro.
Février 2001, c’est le mois des amoureux. Comme chaque année, les Postes du monde entier mettent en valeur une idée originale à l’occasion de la fête de la Saint-Valentin. Cette année, la Poste française a décidé d’habiller les enveloppes en Christian Lacroix ! Elles voyageront à travers le monde entier, porteront les messages d’amour, égayeront les sacs des postiers, feront battre le cœur des destinataires. Ses belles lettres d’amour, mannequins inattendus, ont été choisies pour porter le dernier modèle du créateur le plus éclectique de son temps : le timbre en forme de cœur signé par Christian Lacroix. Toute l’œuvre de Christian Lacroix est nourrie, pétrie d’une richesse culturelle aux références multiples : familiale, géographique, théâtrale, cinématographique, littéraire, picturale… toutes...