La Syrie ne se sent concernée par le scrutin en Israël que dans la mesure où il pourrait conduire à un changement au niveau du processus de paix, le changement de personnes ne l’intéressant pas. «Ce qui compte pour la Syrie, ce n’est pas le changement des personnes, mais le changement de politique», a indiqué le directeur général de l’agence officielle syrienne de presse Sana, Ali Abdel-Karim Ali. «Jusqu’à présent, ni (le Premier ministre démissionnaire Ehud) Barak ni (le candidat de la droite Ariel) Sharon ne se sont engagés à respecter le processus de paix et les résolutions internationales», a-t-il ajouté. «Au niveau des personnalités, il y a des différences, mais ce qui compte pour la Syrie, c’est l’engagement de n’importe quelle personnalité, abstraction faite de son affiliation politique, à réaliser une paix juste et globale», a-t-il dit. «Les crimes de Sharon font de lui un symbole clair d’inimitié envers l’humanité toute entière et non seulement les Arabes. On ne peut effacer de notre mémoire (les massacres de) Sabra et Chatila», a affirmé ce responsable qui traduit le point de vue officiel. Quand à M. Barak, donné pour perdant dans les sondages pour l’élection du 6 février, «il était arrivé au pouvoir (en 1999) au nom de la paix, mais il a adopté en pratique un comportement contraire», a-t-il souligné. Le Premier ministre sortant «a poursuivi la colonisation» juive des territoires occupés et «refusé un retrait total du Golan» syrien. Barak a également refusé «un retrait des fermes de Chebaa», revendiquées par le Liban, et le «retour des réfugiés palestiniens». «Il veut conserver des territoires palestiniens dont Jérusalem ou des parties» de cette ville, a-t-il dit. Interrogé sur les chances de paix en cas de victoire de M. Sharon, M. Abdel-Karim Ali a répondu : «Je pense qu’on ne pourra pas parvenir à une paix juste et globale sans un rôle américain et européen fort et efficace qui obligerait Israël à respecter la légalité internationale». «L’agression israélienne ne s’est pas arrêtée, elle prend la forme de meurtres, de destruction de maisons dans les territoires palestiniens, de violations sur la frontière libanaise et de menaces contre les pays arabes et d’autres pays de la région», a-t-il répondu à une question sur le danger qu’une victoire de M. Sharon pourrait constituer pour le Proche-Orient. «Le danger existe donc avant Sharon et il existera après Sharon, le plus important est que l’Onu, les États-Unis et les autres membres permanents du Conseil de sécurité jouent un rôle plus équitable et ferme (...) pour garantir le droit arabe», a-t-il ajouté. «Quelles que soient la force d’Israël et ses alliances, (l’État hébreu) ne pourra pas imposer des accords ne garantissant pas le droit arabe, que ce soit sous Barak ou sous Sharon», a-t-il conclu. Il a réitéré la position de Damas qui réclame un «retrait (israélien) de tous les territoires occupés en 1967 en contrepartie de la paix, une paix qui sera dans l’intérêt de tout le monde et qui garantira de manière égale et équilibrée la sécurité de tous». Le directeur général de Sana a minimisé les chances d’une relance de processus de paix en cas de victoire surprise du travailliste Barak. «Au cours de sa présidence du gouvernement, Barak a raté les occasions de faire la paix en évitant de satisfaire aux conditions nécessaires à la paix. Je ne sais pas comment il serait possible d’être à nouveau optimiste à son égard», a-t-il affirmé. Un porte-parole de M. Sharon avait affirmé le 18 janvier que celui-ci refuserait s’il est élu de négocier dans l’immédiat avec la Syrie sur un retrait israélien du plateau du Golan. Les négociations syro-israéliennes sont bloquées depuis janvier 2000.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La Syrie ne se sent concernée par le scrutin en Israël que dans la mesure où il pourrait conduire à un changement au niveau du processus de paix, le changement de personnes ne l’intéressant pas. «Ce qui compte pour la Syrie, ce n’est pas le changement des personnes, mais le changement de politique», a indiqué le directeur général de l’agence officielle syrienne de presse Sana, Ali Abdel-Karim Ali. «Jusqu’à présent, ni (le Premier ministre démissionnaire Ehud) Barak ni (le candidat de la droite Ariel) Sharon ne se sont engagés à respecter le processus de paix et les résolutions internationales», a-t-il ajouté. «Au niveau des personnalités, il y a des différences, mais ce qui compte pour la Syrie, c’est l’engagement de n’importe quelle personnalité, abstraction faite de son affiliation politique, à...