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Actualités - Analyses

Le choix impossible du chef de l’Autorité

Sommé de toutes parts d’accepter un plan américain vague et très en deçà des aspirations palestiniennes, le président Yasser Arafat s’est trouvé devant l’un des choix les plus lourds de conséquences de sa longue carrière. «Il est devant un véritable dilemme», estime un expert palestinien, Zacharia al-Qaq, codirecteur du Centre israélo-palestinien pour la recherche et l’information. S’il accepte les propositions américaines, il sera accusé par les siens, et pas seulement par le courant islamiste, d’avoir bradé la cause palestinienne, tant l’opposition au plan Clinton est générale dans les territoires occupés. Mais s’il les rejette, il apparaîtra sur la scène internationale «comme un obstacle à la paix», ce qui avait déjà été le cas après l’échec du sommet de Camp David de juillet, explique M. al-Qaq. M. Arafat, 71 ans, qui a consacré plus de la moitié de sa vie à la cause de l’indépendance palestinienne, est certes un habitué des décisions déchirantes, la reconnaissance de l’État juif et le choix stratégique de la création d’un État par la négociation sur une partie seulement de la Palestine n’ayant pas été des décisions simples à prendre. Mais ce que M. Clinton, appuyé par les leaders des pays arabes modérés et les Européens, attend actuellement de lui est du même ordre. Ces propositions américaines, censées servir de cadre à un accord de paix final, constituent apparemment la meilleure offre que M. Arafat ait jamais reçue et, selon tous les analystes israéliens, la meilleure qu’il recevra jamais de la part d’Israël. Elles prévoient un État palestinien composé de 95 % de la Cisjordanie et apparemment de la totalité de la bande de Gaza, qui aurait également la souveraineté sur les quartiers arabes de Jérusalem-Est (la partie arabe de la Ville sainte, conquise et annexée par Israël en 1967) et sur l’Esplanade des mosquées, troisième lieu saint de l’islam. Mais en contrepartie, M. Arafat devrait, dans la pratique, renoncer à l’un des credos du nationalisme palestinien, le droit au retour pour quelque 3,7 millions de réfugiés, un thème qui suscite un écho profond au sein de la population palestinienne. «Arafat savait dès le début, lorsqu’il a entamé les négociations, que le moment arriverait où il devrait faire cette douloureuse concession, parce que s’il doit y avoir une solution négociée, il n’y a pas d’autre moyen», explique un autre analyste palestinien, Khalil Shikaki. S’il y a un sujet qui fait l’unanimité en Israël, c’est bien, en effet, le refus absolu d’envisager le retour des réfugiés, assimilé par la plupart des Israéliens à un suicide de l’État juif. M. Arafat «sait qu’il devra accepter des compromis dans la pratique, pourvu que le principe (du droit au retour) ne soit pas nié et que le réfugié n’ait pas l’impression qu’on lui vole ce droit», a poursuivi M. Shikaki. Pour le leader palestinien, la reconnaissance de principe du droit au retour est donc cruciale afin de pouvoir «vendre» cette concession majeure à son opinion publique. De plus, selon le plan Clinton, un accord marquerait la fin officielle du conflit, ce qui signifie que les Palestiniens renonceraient à jamais à tous leurs griefs contre l’État juif. Pour qu’il accepte de faire de telles concessions, M. Arafat doit donc avoir une incitation réelle. Or, les arrangements territoriaux, c’est-à-dire l’État esquissé par le plan Clinton, est loin de satisfaire les Palestiniens. «Ce n’est pas une proposition claire», explique ainsi M. Shikaki. «Il y a beaucoup de formulations vagues». Pour M. al-Qaq, la décision demandée à M. Arafat est la plus difficile de toutes celles qu’il a eu à prendre, «parce que c’est le choix final». «Arafat sera jugé en fonction de cet accord», ajoute-t-il.
Sommé de toutes parts d’accepter un plan américain vague et très en deçà des aspirations palestiniennes, le président Yasser Arafat s’est trouvé devant l’un des choix les plus lourds de conséquences de sa longue carrière. «Il est devant un véritable dilemme», estime un expert palestinien, Zacharia al-Qaq, codirecteur du Centre israélo-palestinien pour la recherche et l’information. S’il accepte les propositions américaines, il sera accusé par les siens, et pas seulement par le courant islamiste, d’avoir bradé la cause palestinienne, tant l’opposition au plan Clinton est générale dans les territoires occupés. Mais s’il les rejette, il apparaîtra sur la scène internationale «comme un obstacle à la paix», ce qui avait déjà été le cas après l’échec du sommet de Camp David de juillet, explique...