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Actualités - Opinion

TRIBUNE Liberté , égalité , fraternité

Le 14 juillet est célébré par les Français avec un sentiment de joie, de fierté et de liberté. Les bals populaires couvrent toute la France et les réceptions vont de la pelouse de l’Élysée à celle de la Résidence des Pins. Les Libanais ne sont pas indifférents à cet événement. Il symbolise, pour eux, les aspirations auxquelles ils devraient avoir droit après tant d’années de souffrance. Les liens historiques entre Libanais et Français se nourrissent des mêmes valeurs de liberté, d’égalité, de justice et de démocratie. Ces liens ont, parfois, connu des moments de tension ou d’incompréhension réciproques. Mais très vite, les nuages qui les assombrissaient se sont dissipés. Certains médias malveillants, des mauvaises langues malintentionnées, ont récemment tenté de troubler l’amitié retrouvée entre le Liban et la France scellée par le président Chirac et l’ancien président du Conseil Rafic Hariri. Ayant eu le privilège d’être associé de près à cette action, j’ai pensé utile d’en rappeler les principales étapes : En 1992, les relations politiques entre les deux pays étaient en délicatesse, du fait du soutien apporté par la France à certains mouvements politiques qui s’étaient progressivement mis au ban de la légalité. Il fallait renouer le dialogue et rétablir la confiance. Convaincu du rôle constructif de la France dans le règlement du conflit du Proche-Orient, Rafic Hariri s’est employé à bâtir de nouvelles relations et à obtenir son appui à la juste cause du Liban. Membre permanent du Conseil de sécurité, la France a appuyé l’application de la résolution 425 sans conditions, soutenu l’indissociabilité des volets libanais et syrien, et s’est prononcée, sans ambiguïté, pour une paix juste et globale. Lors de l’agression israélienne de 1996, – les Raisins de la colère –, elle a déployé tous ses efforts pour ramener la paix et a proposé la création d’un comité de surveillance, chargé de veiller au respect du cessez-le-feu et de dénoncer publiquement les violations au droit international. La France revenait, ainsi, sur la scène moyen-orientale, après une éclipse qui ne pouvait servir que les ennemis d’une paix juste et globale prônée par le Liban et la Syrie. Au plan économique, la situation en 1992 n’était pas plus brillante. Les relations franco-libanaises étaient gelées. L’État libanais, exsangue après de longues années de guerre, n’honorait plus ses dettes, et la France ne garantissait plus les crédits pour le Liban. Rafic Hariri et son gouvernement ont rétabli la confiance perdue. La dette a été rééchelonnée et réglée intégralement. La France, de son côté, a octroyé des prêts à des taux bonifiés qui ont permis au Liban de financer la reconstruction de certains secteurs de son infrastructure. Simultanément, les échanges commerciaux se sont intensifiés et les sociétés françaises ont retrouvé, au Liban, une place de choix. Au plan culturel, des lycées, notamment à Nabatieh, ont été créés. L’École supérieure des affaires (Esa), ainsi qu’un Institut universitaire de technologie ont vu le jour. De multiples centres culturels se sont développés dans les différentes régions libanaises. De même, le Liban a pu montrer au public français un autre visage que celui de la guerre. L’exposition “Liban, l’autre rive” à l’Institut du monde arabe à Paris a reçu plus d’un demi-million de visiteurs. Ces relations franco-libanaises retrouvées sont la résultante d’intérêts nationaux bien compris et de deux volontés fortes, celles du président Chirac et de Rafic Hariri. Aujourd’hui, d’aucuns pensent que Rafic Hariri dresse des obstacles à la poursuite de cette coopération. Ceux-ci oublient que Hariri a toujours été fidèle à ses convictions politiques. N’a-t-il pas préféré renoncer délibérément au pouvoir plutôt que de composer avec certains principes ? Rafic Hariri et son équipe ne croient pas à un État de droit où la justice serait sélective, où la présomption de culpabilité se substitue à la présomption d’innocence, où les geôles se remplissent régulièrement, d’innocents alors que des criminels de tous genres et d’autres voleurs courent encore. Je pense aux Itani et autres Saba, qui se sont portés volontaires pour servir l’État et participer à sa reconstruction, plutôt que de poursuivre leur carrière dans le privé. L’ingérence dans les affaires judiciaires est une atteinte aux droits fondamentaux. Remettre en cause l’immunité des magistrats, en sélectionner d’autres sans concours d’admission, comme le prévoit le dernier projet de loi, porte préjudice au bon fonctionnement de la justice et à son indépendance. Rafic Hariri et son équipe sont attachés à la construction d’une société de progrès et de mieux-être pour tous les citoyens. Ils souhaitent l’avènement d’une société plus égalitaire, plus sociale, créatrice de richesse. Ils ne veulent pas d’une économie inspirée par un dogmatisme suranné, où la dépression le dispute à la récession. Encourager l’initiative privée, créer de nouveaux emplois, permettre aux jeunes Libanais de forger leur avenir au Liban, mettre un terme à l’émigration des forces vives et ramener au pays les Libanais les plus talentueux sont des objectifs prioritaires. Dans une économie de plus en plus mondialisée et concurrentielle, attirer les capitaux, en particulier ceux des Libanais de l’étranger, et sécuriser les investisseurs est une tâche fondamentale. Béchara Nammour a-t-il eu le fort de rentrer au pays et de créer des emplois ? Le Liban de demain a besoin d’un citoyen libre et épanoui, qui puisse s’exprimer sans crainte et exercer la plénitude de ses droits dans un système réellement démocratique. La transparence en est l’un de ses aspects. Elle est synonyme de courage et de modernité. Le gouvernement des officines est révolu. Un jour viendra, où ces convictions et cette ambition seront plus largement partagées. Nous pourrons, tous ensemble, bâtir, comme nos amis français, un espace de liberté, d’égalité et de fraternité, sous la haute autorité du chef de l’État, gardien de la Constitution et garant de nos libertés.
Le 14 juillet est célébré par les Français avec un sentiment de joie, de fierté et de liberté. Les bals populaires couvrent toute la France et les réceptions vont de la pelouse de l’Élysée à celle de la Résidence des Pins. Les Libanais ne sont pas indifférents à cet événement. Il symbolise, pour eux, les aspirations auxquelles ils devraient avoir droit après tant d’années de souffrance. Les liens historiques entre Libanais et Français se nourrissent des mêmes valeurs de liberté, d’égalité, de justice et de démocratie. Ces liens ont, parfois, connu des moments de tension ou d’incompréhension réciproques. Mais très vite, les nuages qui les assombrissaient se sont dissipés. Certains médias malveillants, des mauvaises langues malintentionnées, ont récemment tenté de troubler l’amitié retrouvée entre...